OM : Le corps en miettes après sa carrière, Di Meco confie être « à la limite du handicap moteur »
FOOTBALL•L’ancien joueur de l’OM a notamment disputé la finale de la C1 en 1991 contre l’Etoile Rouge de Belgrade avec « les croisés pétés », ce qui ne fut pas sans conséquences pour la suite de sa carrière et de sa vieA.L.G.
Des anciens footballeurs en pièces détachées, telle est la réalité qu’a décidé de nous montrer la chaîne L’Equipe, dans un documentaire intitulé « À corps perdu » à paraître ce mardi soir. Quelques semaines après les déclarations chocs de Sébastien Chabal, victime de pertes de mémoires après des années de rugby à enchaîner les parpaings contre les adversaires, on découvre que le problème n’est pas la chasse gardée de l’ovalie. Le témoignage d’Eric Di Meco, qui a disputé la finale de la Ligue des champions de 1991 avec « les croisés pétés », est l’un des plus marquants de cette enquête.
« Au début, on ne me dit pas que j’ai les croisés pétés, et du coup, on commence à regarder toutes les possibilités pour pouvoir jouer, raconte l’ancien international français. On me faisait des bandages pour que je puisse courir tout droit, j’ai vu des rebouteux, des médiums, avec les pendules sur la tête. On devient complètement fou quand on se retrouve dans ces positions-là. »
Le genou « gros comme un ballon de hand »
« Avant le match, mon plâtre est tellement serré que je ne peux même pas me mettre accroupi sur la photo. Et je joue avec les croisés pétés. Ça paraît dingue. Je crois que je ne sentais plus mon mollet au bout d’une demi-heure. Je courais bien tout droit et c’est tout », poursuit-il. Après le match, ça m’a fait peur. Quand j’ai vu ma jambe violette et ce genou qui devenait gros comme un ballon de hand, c’était quand même impressionnant. Ce que l’on n’arrive pas à appréhender quand on est dans le feu de l’action, ce sont les conséquences. »
Si le consultant RMC Sport assure ne pas vivre avec trop de regrets, les douleurs qui l’accompagnent au quotidien ne manquent pas de lui rappeler que le football, ses exigences et ses intérêts financiers peuvent pousser les joueurs et leur club à prendre des risques inconsidérés. Malgré tout, les alertes régulières de certains joueurs sur les calendriers surchargés ne semblent pas être franchement entendues par ceux qui tiennent les cordons de la bourse, en témoigne cette Coupe du monde des clubs de la FIFA, qui se tiendra pour la première fois du du 15 juin au 13 juillet prochains.
Pour en revenir à Di Meco, celui-ci conclut son témoignage en admettant être « à la limite du handicap moteur ». « Cela implique toute ma vie, en réalité, détaille-t-il. J’ai un petit-fils, il est tout petit, mais il va commencer à vouloir jouer au foot ou à courir. S’il court trop vite vers la route ou vers la piscine, je me demande si je serai capable de le rattraper et ça, ça me rend malheureux. Là, je me dis : ''putain, tu es devenu un handicapé.'' »



















