Ligue des champions : Après le triomphe d’un Real « sans gros ego », Mbappé va devoir arriver sur la pointe des pieds
football•Le Français, qui sera officiellement un joueur du Real Madrid en début de semaine prochaine, va débarquer dans un club qui a tout gagné et où règne une parfaite harmonie dans le vestiaireNicolas Camus
L'essentiel
- Le Real Madrid a remporté la 15e Ligue des champions de son histoire en battant le Borussia Dortmund en finale, samedi soir (2-0).
- La fête s’annonce belle à Madrid, d’autant que le club devrait enfin officialiser l’arrivée de Kylian Mbappé dans la foulée, en tout début de semaine prochaine.
- La manière dont le Français va s’intégrer dans l’effectif sera observée de près, alors que les Madrilènes sortent d’un magnifique doublé, obtenu grâce « humble » et « sans gros ego », comme l’a souligné le coach Carlo Ancelotti.
Ça n’a pas été faute d’essayer depuis trois semaines, et l’élimination du PSG en demi-finale. A chaque fois que Kylian Mbappé s’est présenté devant la presse, il lui a été demandé s’il soutiendrait le Real Madrid en finale de la Ligue des champions face au Borussia (smiley clin d’œil tout ça). Une question qui amenait toujours la même non-réponse. Avec les sous-titres : NON JE VOUS DIRAI PAS QUE C’EST MON PROCHAIN CLUB.
On imagine quand même que le Kyks a jeté un œil intéressé à la rencontre de samedi soir, dont l’issue n’aura fait que conforter ce qu’il savait déjà : il va rejoindre un club qui a la gagne intégrée dans le moindre gène de son ADN. Un état de fait réconfortant, mais également un peu intimidant. Son arrivée, dont l’officialisation est attendue en tout début de semaine prochaine pour continuer la fête de cette 15e victoire en C1, constitue un vrai événement. Et la manière dont le capitaine des Bleus, dont le comportement ne laissera pas que des grands souvenirs à Paris, va s’incorporer dans cette machine à titres va être scrutée de très, très près.
Des joueurs « sans gros ego, vraiment humbles »
Certains, après cette finale et le titre de champion remporté avec 10 points d’avance sur le Barça, iront peut-être jusqu’à dire que le Real n’a pas besoin de lui. Ceux qui ont un peu de jugeote ne cracheront pas dessus, évidemment, surtout quand on voit le manque d’options en attaque derrière le duo Vinicius-Rodrygo, mais il ne faudrait pas que des mauvais échos sortent trop rapidement du vestiaire et que ça passe moyennement bien sur le terrain, sinon ça n’hésitera pas à tirer sans sommation. Les médias et supporteurs madrilènes ne sont pas vraiment connus pour leur patience et leur délicatesse.
Personne n’a envie de voir bousculé le vestiaire du Real, où l’harmonie règne comme jamais cette saison. Carlo Ancelotti l’a encore dit samedi soir, quand il lui a été demandé si c’était là une des clés de ce nouveau trophée. « Il y a bien sûr la qualité des joueurs, le club est comme une famille. Nous avons un environnement formidable, nous travaillons tous ensemble sans problème, a confirmé le coach italien. L’atmosphère dans le vestiaire est vraiment bonne. Je dois remercier les joueurs, sans gros ego, vraiment humbles. Ce n’était pas difficile de diriger cette équipe cette saison. »
Mbappé va débarquer avec le plus gros salaire de l’histoire du club, autour de 35 millions d’euros brut par saison, avec une prime à la signature de plus de 100 millions d’euros et une répartition inédite de ses droits à l’image. Le Real, d’ordinaire très sourcilleux sur cet aspect, a accepté de faire une exception pour lui, les médias espagnols évoquant une répartition de 80 %-20 % en faveur du Français. Signe que le président Florentino Perez est prêt à lui dérouler le tapis rouge.
Alors oui, la présentation du joueur, sans doute après l’Euro, sera sûrement digne d’une rock star. Mais après ça, il faudra se fondre dans le moule. Restons mesurés. On n’imagine pas non plus Mbappé débarquer sur un palanquin sans dire bonjour à personne, et depuis le temps, on commence quand même à cerner sa capacité à s’adapter à son environnement. Les stars du vestiaire, elles, ont déjà déblayé le terrain. « Qui ne voudrait pas jouer avec quelqu’un d’aussi bon que lui ? », a ainsi lancé Jude Bellingham en début de semaine, avant d’assurer samedi que le Français allait les « amener encore à un autre niveau ». Y’a plus qu’à.



















