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Proche de la Ligue 1, l’ASSE refuse toute « euphorie dans le vestiaire »

ASSE-FC Metz : « Il n’y a pas d’euphorie dans le vestiaire »… Proches de la Ligue 1, les Verts la jouent « mesurés »

FOOTBALLL’AS Saint-Etienne s’est offert jeudi soir le barrage aller d’accession à la Ligue 1 contre le FC Metz (2-1). Le groupe d’Olivier Dall’Oglio entrevoit plus que jamais un retour dans l’élite
Barrage Ligue 1-Ligue 2: Le débrief d'ASSE-FC Metz (2-1)
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’AS Saint-Etienne s’est défait du FC Metz (2-1), jeudi soir lors du barrage aller d’accession à la Ligue 1.
  • S’ils ne s’inclinent pas dimanche (17 heures) en Lorraine pour le match retour, les Verts retrouveront donc l’élite, deux ans après leur relégation en L2.
  • Cette excitante perspective, qui a poussé le Chaudron à afficher complet pour la septième fois consécutive (un record), ne fait a priori pas (encore) tourner la tête d’Olivier Dall’Oglio et de ses joueurs.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Olivier Dall’Oglio a découvert un cadeau tombé du ciel lorsqu’il s’est présenté dans la salle d’interview du stade Geoffroy-Guichard jeudi soir. Logiquement battu (2-1) quelques minutes plus tôt lors du barrage aller d’accession à la Ligue 1, son homologue messin Laszlo Bölöni y avait en effet oublié son carnet de notes. Beau joueur, l’entraîneur stéphanois n’a pas eu la curiosité de l’ouvrir. En même temps, quel secret tactique aurait-il pu y découvrir de la part de l’ancien coach de Cristiano Ronaldo au Sporting Portugal ?

En trollant un brin (pas le genre de la maison), on songerait bien au même schéma sans cesse griffonné en 4-5-1, avec le brillant mais abandonné Georges Mikautadze en pointe. « J’ai essayé de faire avec ce que j’avais », résume celui qui va agiter le mercato estival de notre Ligue 1, après avoir régné sur la phase retour du championnat (11 buts sur ses 12 derniers matchs).

Les joueurs stéphanois ont savouré l'incroyable ferveur du Chaudron jeudi soir, à l'occasion de leur barrage aller remporté contre le FC Metz (2-1).
Les joueurs stéphanois ont savouré l'incroyable ferveur du Chaudron jeudi soir, à l'occasion de leur barrage aller remporté contre le FC Metz (2-1).  - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

« On est à la mi-temps de ce qu’on veut faire »

Mais s’il s’est débrouillé comme un grand pour expédier une frappe soudaine sur le montant de Gautier Larsonneur (0-0,15e), le natif de Lyon doit se languir de quitter ce FC Metz d’un autre temps version Bölöni (71 ans). En face, les intentions stéphanoises étaient tout autres afin de provoquer la cinquième défaite d’affilée des Grenats, record du club depuis sept ans.

« On a fait un match à la hauteur des barrages », savourait légitimement Irvin Cardona, ultime buteur de la soirée (2-1, 81e). Entre « jeu, discipline et intensité » (dixit Olivier Dall’Oglio), l’ASSE a été dans le ton de ce rendez-vous crucial. Désormais à 95 minutes d’un retour dans l’élite, après deux saisons éprouvantes en Ligue 2, le club stéphanois a-t-il déjà fait le plus dur ?

« Il faut rester très mesuré. D'ailleurs, il n'y a pas d'euphorie dans le vestiaire. Il n'y a pas de risque de se voir trop beau. On sait qu'on est à la mi-temps de ce qu'on veut faire. Ça peut se jouer à la dernière minute du dernier match. »

Olivier Dall'Oglio

« Ce club mérite la Ligue 1, tout le monde le sait »

Irvin Cardona confirme : « On a juste fait un petit tour pour remercier les supporteurs mais on n’a rien fêté car rien n’est fait. On a fait que la moitié du chemin et il ne faudra pas subir dimanche ». Contre un FC Metz très en dedans jeudi (45,5 % de possession de balle, 5 tirs tentés à 15), la hiérarchie supposée entre le 16e de Ligue 1 et le 3e de Ligue 2 ne saute vraiment pas aux yeux.

« On a pris le match à notre compte, poursuit Olivier Dall’Oglio. On se transcende dans la difficulté. » Et pour se transcender, rien de mieux que de se laisser guider par les 35.536 spectateurs d’un Chaudron à guichets fermés pour la septième fois de suite (un record), et d’emblée en ébullition. « Les supporteurs sont juste exceptionnels, savoure Irvin Cardona, chouchou de Sainté avec ses 10 buts en 21 matchs depuis le début de son prêt cet hiver (par Augsburg). Ça me booste : même fatigué, je courais jusqu’à ce que je n’en puisse plus ce soir. » Le latéral gauche des Verts Léo Pétrot va plus loin : « On sait que ce club mérite d’être en Ligue 1, tout le monde le sait. On n’a qu’une envie et on l’a démontré ce soir, c’est de ramener l’ASSE en Ligue 1. On a envie de le faire pour tout ce peuple vert ».

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Un Chaudron rempli d'« yeux rêveurs d’enfant »

Ce peuple vert qui s’était fait à l’idée d’une deuxième saison destinée à se conclure dans le ventre mou de la Ligue 2 (10e après 18 journées). Mais ça, c’était avant l’arrivée du duo de sauveurs Dall’Oglio-Cardona, en attendant que l’ambitieux groupe canadien Kilmer Sports Ventures ne rachète le club dans les prochaines semaines. Quand Laszlo Bölöni pointe « une saison extrêmement lourde, surtout psychologiquement » côté messin, l’actuelle dynamique stéphanoise est bluffante. Elle est aussi symbolisée par ce deuxième but d’Irvin Cardona dans le money-time face à Metz et son gardien Alexandre Oukidja (fautif).

« Quand j'ai vu Matthieu (Cafaro) sur le côté gauche avec le ballon, prêt à rentrer à l'intérieur, je savais qu'il fallait que je me mette vite devant le but. Il y a cette connexion entre nous et il me met un ballon parfait. »

Irvin Cardona

Cette osmose entre les joueurs saute aux yeux, alors que l’ASSE entre dans un programme limpide en vue du barrage retour (dimanche à 17 heures à Saint-Symphorien), moins de trois jours après l’aller : « d’abord récup, en 2 récup, et en 3 récup » (dixit Olivier Dall’Oglio). D’ici dimanche aprem, le milieu de terrain stéphanois Dylan Chambost n’a pas fini de faire remonter certains souvenirs. Car ce joueur formé à l’ASSE avait assisté en mai 2004, à l’âge de 6 ans, à la précédente remontée dans l’élite des Verts à Geoffroy Guichard. « Avec des yeux rêveurs d’enfant », précise-t-il. Vingt ans plus tard, il y en avait d’autres un peu partout dans le Chaudron, jeudi à 22h13, lorsque Irvin Cardona s’est envolé bien plus haut qu’Alexandre Oukidja.