Ligue 1 : Sidney Govou dénonce le racisme de « microgroupes qui font régner une espèce de terreur » au Parc OL
Coup de gueule•L’ancien septuple champion de France avec l’Olympique Lyonnais s’inquiète dans « Le Progrès » des dérives racistes notamment présentes au sein des tribunes du Parc OLJ.Lau.
L'essentiel
- Septuple champion de France avec l’OL de 2002 à 2008, Sidney Govou confie dans Le Progrès qu’il ne permet pas à son fils de 17 ans d’assister aux matchs de l’OL au stade. « Ce n’est pas normal que je refuse qu’il aille en tribunes parce que j’ai peur des actes racistes à son encontre, juste parce qu’il est métis », indique-t-il.
- L'emblématique attaquant lyonnais dénonce « des microgroupes de personnes qui font régner une espèce de terreur » au Parc OL.
- L’actuel consultant pour Canal+ considère que ce véritable fléau des tribunes, notamment à Lyon, relève de la responsabilité de l’État plutôt que de celle du club.
Voici une sortie médiatique qui ne passera pas inaperçue dans l’actuel contexte électrique du monde des tribunes lyonnaises. Alors que de violents incidents ont entouré le match OL-Le Havre (1-1) du 29 août, sans que les enquêtes ne confirment jusque-là une dimension raciste lors de ces affrontements entre supporteurs, Sidney Govou a donné son sentiment sur le sujet, ce vendredi dans Le Progrès.
Le septuple champion de France avec l’OL, de 2002 à 2008, confie d’emblée avoir vu « des actes discriminatoires » lorsqu’il évoluait sous le maillot lyonnais. Désormais père de famille, Sidney Govou (47 ans) explique ne pas laisser son fils de 17 ans, fan de l’OL, se rendre aux matchs à Décines, en raison des risques de violence et de racisme.
« Je refuse que mon fils aille en tribunes »
« Mon fils m’a demandé plusieurs fois d’aller suivre un match en tribunes, raconte l’actuel consultant pour Canal +. Et je lui ai dit non, naturellement. Ce n’est pas normal que je refuse qu’il aille en tribunes parce que j’ai peur des actes racistes à son encontre, juste parce qu’il est métis. »
Sidney Govou tient tout de même à ne pas faire d’amalgame au sujet des virages lyonnais : « Je n’incrimine pas les groupes de supporters mais des microgroupes de personnes qui font régner une espèce de terreur ». Cette « terreur », l’ex-attaquant des Bleus ne la ressent pas dans tous les stades en France.
« Le racisme est un délit puni par la loi, ce n’est pas juste une pensée politique. Depuis trop longtemps, on a laissé faire. Je parle de l’OL parce que c’est ce que je connais le mieux, mais je peux parler de pas mal d’autres clubs. Les seuls où je n’ai pas ressenti ça, ce sont Marseille et Paris. Il n’y a pas ce côté malsain où les mecs te regardent avec un côté haineux qui va au-delà du foot. À Lyon, je trouve que c’est trop présent. »
Régulièrement aux matchs de son club formateur/de cœur à Décines, il estime que ce véritable fléau n’est « pas de la responsabilité du club mais de celle de l’Etat ». Ancien conseiller municipal de Saint-Didier-au-Mont-d’Or (Rhône), Sidney Govou dénonce pour finir une dérive symbolique de la présence d’idées d’ultra-droite au Parc OL : « On chante la Marseillaise dans la tribune, j’en suis heureux car je suis français et patriote. Mais la Marseillaise ne se finit pas par "bleu blanc rouge" avec un bras tendu, comme on peut parfois le voir. Il ne faut pas confondre patriotisme et nationalisme ».



















