FC Nantes : « Vous avez vu un vieux connard ? », Vahid Halilhodzic se marre sur son âge et fait le show en conf de presse
« TU ME PARLES PAS D’AGE »•Pour sa toute première conférence de presse depuis son retour sur le banc du FC Nantes, Vahid Halilhodzic s’est montré aussi incisif, drôle et cash que dans nos souvenirs20 Minutes avec AFP
Du haut de ses 73 ans, Vahid Halilhodzic n’a rien perdu de sa gouaille et de son franc-parler légendaire. A l’occasion d’une conférence de presse de présentation haute en couleurs du côté du FC Nantes, le Bosnien a fait le show à sa manière. Volubile, maniant plaisanteries et un ou deux jurons, parlant parfois de lui à la troisième personne avec son accent reconnaissable parmi mille, « coach Vahid » est apparu quasiment inchangé, sept ans après un premier passage sur le banc nantais.
Grand attaquant des Jaune et Vert au début des années 1980, à la retraite depuis trois ans et demi et la fin de son contrat comme sélectionneur du Maroc, il a rempilé par devoir mais non sans réticences. « Pourquoi je suis venu ? Beaucoup de gens se posent la même question. Même moi ! Au départ, quand Nantes m’a contacté, c’était 'niet' tout de suite », a-t-il lancé sans détour.
L’embrouille avec Kita n’est pas oubliée
Mais trois jours de relances insistantes de la part de la famille Kita, propriétaire du club depuis 2007, ont eu raison de lui. Et ce malgré la brouille avec le président Waldemar Kita, à l’origine de son départ en 2019 sur fond de désaccord lié au mercato, qui l’avait amené à dénoncer « de l’improvisation et de l’incompétence à tous les niveaux » dans un entretien à L’Equipe.
« Je ne travaille pas pour lui, je travaille pour le Football Club de Nantes […] Lui, c’est le propriétaire, mais le Football Club de Nantes appartient à beaucoup de monde et un petit peu à moi aussi », a-t-il balancé sans dans le plus grand des calmes, lui, l’insoumis qui ne prend jamais de pincettes.
Entraîneur le plus âgé de l’histoire de la Ligue 1, il a également ironisé sur son âge : « J’ai 150 ans, paraît-il. Vous avez assisté à l’entraînement aujourd’hui ? Vous avez vu un vieux connard avec une béquille, comme ça ? J’ai crié, ils m’ont entendu jusque là-bas, à Paris », a-t-il rétorqué avant de carrément proposer aux journalistes de faire des pompes devant eux. « Je fais du vélo, je fais de l’elliptique, je fais du tapis de course, des abdos, des pompes… Je peux faire encore plus de pompes que n’importe quel joueur. Trente, quarante, facile, si vous voulez, je peux vous montrer ! »
Un management plus souple que par le passé ?
Cette énergie, il en aura bien besoin pour sauver Nantes, 17e de Ligue 1 avec 17 points en 25 journées, deux de moins qu’Auxerre, 16e et barragiste virtuel et sept de moins que Nice, 15e et premier non-relégable. « Est-ce que je vais réussir ? Ça, c’est très difficile à dire… Mais je suis courageux, je n’ai peur de rien, a-t-il plaidé. L’objectif, c’est de reprendre la place de barragiste. C’est le premier objectif. Et le deuxième, c’est si possible (de faire) plus. »
« J’ai vu beaucoup de choses qui ne me plaisaient pas et que je dois faire évoluer, améliorer, changer », a-t-il assuré, expliquant vouloir « bousculer » et « piquer » les joueurs, mais surtout sans les enfoncer davantage. Halilhodzic a huit jours pour préparer la réception de Strasbourg, le 22 mars, suivie de deux déplacements cruciaux à Metz (18e) et Auxerre (16e). « Sur ces trois matchs, tu peux gagner l’espoir pour avoir la possibilité d’un exploit », a-t-il annoncé. Le compte à rebours est lancé.


















