PSG – Strasbourg : « On aime cette philosophie »... Luis Enrique continue de façonner son anti-stars système
football•L’absence de certains cadres et le crédit accordé aux jeunes lors de la victoire parisienne samedi soir renforcent l’entraîneur espagnol dans son idée que le PSG ne dépend plus d’individualitésNicolas Camus
L'essentiel
- Le PSG a battu Strasbourg (4-2) samedi soir lors de la 8e journée de Ligue 1.
- Pour cette rencontre, Luis Enrique a décidé de laisser plusieurs cadres au repos et de faire confiance à une équipe très jeune.
- Portés par un grand Bradley Barcola et un Senny Mayulu bluffant, les Parisiens ont livré une bonne prestation d’ensemble, qui correspond aux ambitions de l’entraîneur espagnol de « développer l’équipe » à travers un vrai collectif.
Au Parc des Princes,
Le projet il a changé. Après deux mois de compétition, ce n’est plus une nouveauté quand on parle du PSG, mais il y a des matchs comme ça qui appuient la doctrine plus que les autres. Pour battre Strasbourg samedi soir (4-2), Luis Enrique a fait sans Marquinhos, Hakimi et Dembélé, ses trois joueurs les plus expérimentés avec Donnarumma. La moyenne d’âge de son équipe n’atteignait même pas les 23 ans, avec notamment la première titularisation du Titi Senna Mayulu, 18 ans. Alors, ce n’est pas que les jeunes n’avaient jamais leur chance avant, mais le coach parisien a ouvert les vannes. Car c’est encore le meilleur moyen d’accomplir son dessein.
Il le résumait ainsi, lors de la conférence de presse après la rencontre : « Mon objectif est de développer l’équipe. Avant, elle dépendait d’individualités et ce n’est plus le cas dorénavant. Il y a beaucoup de joueurs qui peuvent marquer, mais je me fiche de qui a marqué ou fait des passes décisives. Ce qui m’intéresse c’est que tout le monde participe à l’attaque et à la défense. »
Suivez son regard… Le virage, entamé l’an dernier lors de la première saison du coach espagnol à Paris, s’est évidemment accentué avec le départ de Kylian Mbappé. Dans la série-documentaire qui lui est consacrée en ce moment sur la plateforme Movistar +, Luis Enrique ne s’en cache pas. « Il était la pierre angulaire du projet. On va défendre de telle manière pour que Kylian ne laisse pas trop de forces, on va attaquer de telle manière pour que Kylian ait de la liberté… Maintenant, le projet c’est l’équipe », dit-il face caméra.
L’exemple Mayulu
Dans son esprit, il faut intégrer tout le monde, quitte à changer systématiquement quatre ou cinq joueurs d’un match sur l’autre, même ceux qui sont en pleine bourre. Un match comme celui de samedi, au retour d’une trêve internationale qui a beaucoup fatigué les organismes de certains, était donc l’occasion d’en relancer d’autres, comme Skriniar, Beraldo ou Doué, et d’apporter une touche de fraîcheur avec Mayulu au milieu de terrain. Ce dernier a répondu présent, avec un but magnifique pour lancer son équipe mais aussi une activité débordante et une assurance bluffante (6 tirs tentés).
Présent dans le groupe depuis le début de l’année 2024, le jeune milieu aurait pu partir l’été dernier. Sollicité, il a finalement signé son premier contrat pro au PSG, en partie grâce aux mots de son entraîneur. « Je lui ai parlé, je lui ai dit que j’aimais la manière dont il joue et que j’aimerais qu’il reste. Il l’a fait et j’en suis très satisfait, a raconté Luis Enrique. Il a énormément de qualités physiques et il a la capacité à marquer des buts. Il en a marqué un mais il aurait pu en marquer trois. Il a les deux pieds, c’est un joueur de grand avenir et on aura beaucoup de joie avec lui. »
L’attaquant Ibrahim Mbaye, encore plus jeune avec ses 16 ans, peut aussi témoigner d’une certaine confiance. Entré en fin de match samedi, il en est déjà à sa cinquième apparition depuis le début de saison. « Le coach les met beaucoup en confiance, aux entraînements et par les entrées qu’ils peuvent faire, relève Bradley Barcola, de passage en zone mixte après le match. C’est bien, moi aussi je suis passé par là et je trouve que c’est bien ce que fait le coach. Aux entraînements, il les encourage à répéter des efforts, à avoir confiance en ce qu’ils font. »
Barcola, encore auteur d’une grosse prestation avec un but et une passe dé, qui du haut de ses 22 ans passe déjà pour un cadre au milieu de tous ces gamins. « Moi j’aime bien, a-t-il poursuivi. C’est un beau rôle, et en étant derrière eux, en les poussant, on se pousse nous-mêmes. » On a vu le dragster parisien encourager dès qu’il le pouvait Désiré Doué, notamment, que l’on ne sent encore pas tout à fait libéré. Arrivé cet été lesté d’un énorme transfert (50 millions d’euros) après seulement une saison et demie au plus haut niveau, l’ancien Rennais a beaucoup tenté sur son aile droite, sans trop de réussite mais avec les félicitions du coach à la sortie.
Des accrocs, mais le projet fait son chemin
« Il peut jouer à plusieurs postes, les trois de devant et aussi au milieu, car il a énormément de polyvalence et je suis très satisfait de son match, a jugé Luis Enrique. Il est bien physiquement, au point techniquement et il a la mentalité adéquate. Il a joué 90 minutes à un très bon niveau et je suis confiant pour son futur proche. »
L’Espagnol ne démord pas de sa ligne directrice, faire grandir tous ses joueurs tous ensemble, et les rendre compatibles avec ses idées de jeu bien arrêtées. Ça n’est pas sans poser quelques problèmes, tout de même, car la performance d’ensemble de samedi a confirmé la porosité chronique de cette saison, avec seulement deux matchs sur dix terminés sans encaisser de but. Mais le projet fait son chemin.
NOTRE DOSSIER PSG« On avait aussi face à nous une des équipes les plus jeunes de la L1 et on aime cette philosophie, assène ce dernier. Pour que les jeunes joueurs puissent se développer, il leur faut des vrais matchs comme celui-ci, avec de la tension. C’est ça qui favorisera leur progression exponentielle. L’objectif c’est de gagner des titres et de jouer de la meilleure manière possible. » Une pensée qui séduit en haut lieu, puisque les dirigeants viennent de prolonger l’entraîneur jusqu’en 2027.


















