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FOOTBALLTriomphe romain pour Fabio Grosso après OL-Metz, malgré un bilan désastreux

OL-FC Metz : Triomphe romain pour Fabio Grosso auprès des supporteurs lyonnais, malgré un bilan désastreux

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Malgré le nouveau match nul (1-1) concédé par l’Olympique Lyonnais, ce dimanche contre un concurrent direct, le virage nord a acclamé son entraîneur, une semaine après l’agression qu’il a subie à Marseille
Ligue 1: Le débrief d'OL-FC Metz (1-1)
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Lanterne rouge de la Ligue 1, l’Olympique Lyonnais n’a pas obtenu mieux qu’un match nul (1-1) contre le FC Metz, ce dimanche, lors d’une 11e journée de championnat cruciale.
  • Malgré cette nouvelle contre-performance, Fabio Grosso (2 points pris sur 15 depuis son arrivée) a été chaleureusement ovationné par le virage nord après la rencontre, une semaine après l'agression qu’il a subie aux abords du stade Vélodrome.
  • Les choix de l’entraîneur italien contre Metz se sont pourtant révélés très contestables, à l’image du dispositif en 3-5-2 et de la titularisation de Mama Baldé.

Au Parc OL,

Ni les douze points de suture provoqués par l’agression subie il y a une semaine à Marseille, ni son alarmant bilan de deux points pris sur 15 à la tête de l’OL n’ont atteint le sens de l’humour de Fabio Grosso. Interrogé ce dimanche par son ancien partenaire Cris sur Prime Video, au sujet de son image d'exemple pouvant inspirer ses joueurs, l’entraîneur lyonnais a glissé en souriant : « Pour l’instant, l’équipe prend malheureusement l’image de mon œil ». Ainsi est l’ancien latéral gauche du club (de 2007 à 2009), traversant avec calme et classe une crise sans précédent dans l’histoire de l’Olympique Lyonnais au XXIe siècle.

Le nul du jour (1-1) concédé contre le FC Metz (16e) noircit encore un peu plus le tableau : après onze journées (et dix matchs disputés), Lyon est lanterne rouge de Ligue 1 avec sept points de retard sur le premier non relégable (Lorient) et est désormais le seul club des cinq grands championnats européens à n’avoir pas remporté la moindre rencontre officielle cette saison. On pourrait donc imaginer voir les virages de supporteurs déjà réclamer la tête du successeur de Laurent Blanc, incapable d’instaurer la moindre dynamique comptable, ni même dans le jeu, depuis son arrivée il y a près de deux mois.

« Je vous promets qu’on donnera tout »

C’est pourtant tout l’inverse qui s’est produit, une dizaine de minutes après le coup de sifflet final contre Metz. Si les joueurs ont été conspués en se présentant face au virage nord, Fabio Grosso a dans la foulée reçu un véritable triomphe romain. Son nom a ainsi été chaleureusement scandé et le capo des Bad Gones, très ému, lui a manifesté son soutien avant de lui laisser le micro. « Merci pour tout les gars, vous êtes vraiment spéciaux. Je vous promets qu’on donnera tout, et j’espère que ça sera suffisant », a sobrement glissé le champion en titre de Serie B avec Frosinone.

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Le surréaliste caillassage de car dont il a été la principale victime, aux abords du stade Vélodrome, est un élément majeur pour expliquer ce soutien inconditionnel dont a bénéficié ce dimanche Fabio Grosso. De même que ses qualités humaines reconnues, la sincérité de son discours et son attachement au club. Pour autant, les criantes limites affichées par cet OL englué au fond de la zone rouge, avec huit buts inscrits en dix matchs, sont aussi les siennes. Pas moins de 20 titulaires différents utilisés en cinq rencontres, et désormais un 3-5-2 testé, après « l’habituel » 4-3-3 et le mystérieux 3-6-1 lancé à Reims (2-0). Certes, c’est bien dans un 3-5-2, ou plutôt 5-3-2, que Lyon se serait présenté à Marseille si ce match avait eu lieu.

Mama Baldé à nouveau malheureux face au but

Mais maintenir ce dispositif à trois défenseurs centraux (Mata, Diomande et O’Brien) à domicile contre le FC Metz, 16e attaque de Ligue 1 (huit buts inscrits en dix journées), avait tout de l’idée cata quand la priorité absolue est d’enfin se montrer dangereux offensivement. Surtout si c’est pour se passer au coup d’envoi des rares profils créatifs (Cherki, Nuamah et Jeffinho), mais plutôt de miser sur un trio de relayeurs (Caqueret, Diawara et Alvero), en soutien de l’incontournable Alexandre Lacazette et d’un Mama Baldé au fond du trou depuis son arrivée à l’OL…

Après le match nul contre Metz (1-1), Fabio Grosso a pris le micro face au virage nord du Parc OL, et a reçu une énorme ovation de la part des Bad Gones.
Après le match nul contre Metz (1-1), Fabio Grosso a pris le micro face au virage nord du Parc OL, et a reçu une énorme ovation de la part des Bad Gones. - JEFF PACHOUD / AFP

A l’image de son immense occasion manquée, en tête à tête face à Oukidja, dès la première minute de jeu, l’ancien Troyen n’a vraiment pas justifié ce dimanche ce statut de titulaire, qui était déjà le sien lors du (non) match au Vélodrome. S’il y a bien un instant où Fabio Grosso a quitté son profil d’homme souriant répondant volontiers à chaque journaliste, c’est au sujet de cet étrange 3-5-2 mis en place contre Metz : « Je coupe tout de suite cette question et j’espère qu’il n’y en aura pas d’autres là-dessus : ce n’est pas une question de système. Ce n’est pas important si on est à trois, quatre, cinq ou six derrière. Ce qui est important, c’est de bien occuper le terrain et c'est l'attitude : il faut tous être concernés ».

« A nous de créer plus de mouvements »

Le champion du monde 2006 reconnaissait simplement : « Ça se voit que l’équipe est contractée, qu’elle n’arrive pas à faire des choses qu’elle sait faire. On a essayé de tout donner, mais pour le moment on n’y arrive pas ». Avant lui, Maxence Caqueret était venu en zone mixte, comme chaque semaine ou presque, nous répéter que le groupe ressentait « énormément de frustration et un manque de confiance ». Avant de se pencher plus précisément sur les galères lyonnaises dans le jeu.

« Il y avait la place pour gagner aujourd’hui. On a eu le ballon la plupart du temps [67 %], mais il nous a manqué des occasions [quatre tirs cadrés contre cinq pour Metz]. On n’a pas su frapper dans de bonnes conditions. Le souci, ça a été le manque de mouvements. On n’a pas su créer les bons décalages aux bons moments. Sur le peu de fois où on a réussi, les Messins étaient en danger. A nous de créer plus de mouvements et d’avoir plus de dynamisme. » »

Dur de ne pas voir un lien entre ce constat lucide et les tâtonnements tactiques du coach Grosso, couplés à son utilisation quasi random de joueurs. Ajoutez à cela « un arrêt incroyable » de Guillaume Dietsch (22 ans, premier match en Ligue 1) sur Alexandre Lacazette (0-0, 51e), et vous tenez le cocktail d’une équipe à qui rien ne sourit jusque-là. Et encore, l’inattendu Skelly Alvero (21 ans, 2,02 m) a évité le pire aux Lyonnais, en égalisant tardivement (1-1, 84e), sept minutes après le coup de canon d’Ablie Jallow. « C’est la réalité aujourd’hui : on est derniers et on joue le maintien pour le moment, insiste ainsi Maxence Caqueret. C’est sûr que le club n’aspire pas à jouer le maintien, je m’attendais à ne jamais connaître ça ici. Mais je ne pense pas que porter ce maillot est une pression supplémentaire. »

En manque de réussite, Alexandre Lacazette n'est pas parvenu à tromper un surprenant Guillaume Dietsch, ce dimanche au Parc OL.
En manque de réussite, Alexandre Lacazette n'est pas parvenu à tromper un surprenant Guillaume Dietsch, ce dimanche au Parc OL.  - Laurent Cipriani/AP/SIPA

« Non, je ne me sens pas seul », assure Fabio Grosso

C’est pourtant l’impression qui se dégage au fil des contre-performances face à des concurrents directs depuis un mois (deux points pris sur neuf au Parc OL contre Lorient, Clermont et Metz). De même que l’absence de John Textor à Décines ce dimanche était un gros sujet de discussion. Sans direction forte ancrée au quotidien à Lyon (John Textor est souvent aux Etats-Unis et au Brésil, Santiago Cucci déjà en bout de course, et Vincent Ponsot placé à la tête de l’OL féminin), Fabio Grosso est-il d'ailleurs un entraîneur abandonné, que ce soit après les incidents de Marseille ou lorsqu’il s'est donc retrouvé à échanger avec un virage nord en plein désarroi face à la déchéance du septuple champion de France ?

NOTRE DOSSIER SUR L'OL

« Non, je ne me sens pas seul, assure l’intéressé. Je me sens avec une grande responsabilité car il y avait aujourd’hui une atmosphère extraordinaire, des supporteurs magnifiques pendant quatre-vingt-dix minutes, surtout dans notre situation. » Avant de conclure, alors que la question de son sort se reposera forcément vite au vu de son bilan alarmant : « Il nous manque toujours quelque chose. Pour le moment, on n’arrive pas à trouver la solution pour gagner un match. Mais les choses peuvent changer, même quand tu ne le sais pas, dans la vie comme dans le foot ». Pas certain que ce discours rassure des supporteurs plus que jamais lancés dans une angoissante course contre la relégation en Ligue 2.

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