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Euro 2025 : Pourquoi Laurent Bonadei va se passer de Wendie Renard et d’Eugénie Le Sommer
changement de cap•Le successeur d’Hervé Renard à la tête de l’équipe de France féminine de football a surpris tout le monde jeudi en annonçant qu’il n’emmènerait pas à l’Euro 2025 en Suisse les deux cadres de l’OLJérémy Laugier
L'essentiel
- Pour la première fois en vingt ans, l’équipe de France féminine de football se présentera sur un grand tournoi sans Eugénie Le Sommer et/ou Wendie Renard, deux joueuses à l’expérience colossale avec les Bleues (368 sélections à elles deux).
- Successeur d’Hervé Renard sur le banc, le sélectionneur Laurent Bonadei justifie ce virage délicat en vue de l’Euro 2025 en Suisse : « Ce sont des choix forts pour l’avenir de l’équipe de France ».
- La liste de 24 joueuses dévoilée jeudi par Laurent Bonadei ne compte plus que quatre trentenaires, avec une projection d’ores et déjà faite sur la Coupe du monde 2027 au Brésil.
Jamais, depuis vingt ans, l’équipe de France féminine de football ne s’était présentée sur un grand tournoi sans compter dans sa liste Eugénie Le Sommer et/ou Wendie Renard. Cette stat en dit long sur la folle régularité des deux cadres lyonnaises, qui cumulent 368 sélections à elles deux. Mais aussi sur le coup de tonnerre qui accompagne depuis jeudi le choix du sélectionneur des Bleues Laurent Bonadei, à savoir se passer d’elles en vue de l’Euro 2025 en Suisse (du 2 au 27 juillet).
Plus encore que pour l’expérimentée milieu de terrain Kenza Dali (33 ans, 76 sélections), l’ancien adjoint d’Hervé Renard a en effet surpris tout le monde en n’incluant pas ces deux légendes du football français parmi la liste des 24 joueuses qui affronteront la Suisse (30 mai) et l’Islande (3 juin) en Ligue des nations. Et si elles ne sont pas retenues là, le message est clair : Eugénie Le Sommer et Wendie Renard ne feront pas partie du voyage helvète, qui aurait pu être leur dernière chance d’enfin brandir un titre majeur avec la sélection.
« C’est très difficile à accepter pour elles »
Wendie Renard reste à 34 ans la capitaine indiscutable d’un OL (OL Lyonnes, pardon) toujours sur le toit du football français (et demi-finaliste en Ligue des champions), tandis qu’Eugénie Le Sommer (36 ans) a encore inscrit 11 buts en 28 matchs cette saison, le plus souvent dans un rôle de joker. Pourquoi, donc, un tel choix malgré cette nouvelle année solide de la part des deux Lyonnaises ?
« Ce sont des choix difficiles à faire et à annoncer aux personnes concernées, reconnaît Laurent Bonadei. C’est très difficile à accepter pour elles, ce que je comprends parce qu’elles restent des joueuses très importantes de l’équipe de France. Ce sont des choix forts pour l’avenir de l’équipe de France, pas contre ces joueuses mais pour d’autres joueuses. »
Plus que quatre trentenaires dans la sélection
Sous contrat jusqu’au 31 août 2027, le sélectionneur de 55 ans précise avoir « mené une réflexion tout au long de l’année ». Avec un déclic lors des quatre victoires de son groupe en Ligue des nations en février et avril. « Cette qualification précoce, avec une utilisation assez restreinte de ces joueuses-là, m’a fait comprendre que cette équipe commençait à s’émanciper de ces joueuses et était en capacité de continuer à progresser et à évoluer », se justifie-t-il. C’est pourquoi le successeur d’Hervé Renard a « anticipé une décision » qu’il n’avait « pas prévue aussi tôt ».
Il lui a fallu « mettre tous les sentiments et toutes les émotions de côté » afin d’envisager la suite sans deux des plus grands palmarès (de club) du football tricolore. Le rajeunissement de l’effectif des Bleues est désormais clair en vue de préparer au mieux la Coupe du monde 2027 au Brésil.
Notre dossier sur les BleuesIl ne reste ainsi plus que quatre trentenaires sur 24 joueuses sélectionnées (une par poste) : la gardienne Pauline Peyraud-Magnin (33 ans), la défenseuse Griedge Mbock (30 ans), la milieu Amel Majri (32 ans) et l’attaquante Kadidiatou Diani (30 ans). Ni Wendie Renard, ni Eugénie Le Sommer (non prolongée cet été par OL Lyonnes) ne se sont publiquement exprimées depuis jeudi. La désormais probable ex-numéro 9 des Bleues s’est simplement fendue d’un post sur Instagram avec un cœur brisé. Dire qu’il y a trois mois, elle était portée en triomphe par toutes ses coéquipières contre l’Islande (3-2), après avoir battu le record de sélections (elle a désormais 200 capes) sous le maillot bleu…



















