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On a trouvé le meilleur bar de Paderborn pour l’équipe de France

Euro 2024 : On a trouvé le meilleur bar de Paderborn où les Bleus pourraient fêter leurs victoires

A LA VOTREDans une ville de Paderborn définitivement pas la plus funky d’Allemagne, on a quand même réussi à dénicher un bistrot qui pourrait servir de QG aux Bleus
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • En 2006, lors du Mondial en Allemagne, les joueurs avaient pris pour habitude de se retrouver dans une auberge pour y passer des moments de convivialité.
  • Dix-huit ans plus tard, revoilà les Bleus chez nos voisins allemands pour y disputer l’Euro 2024.
  • Si jamais il leur vient à l’idée d’imiter leurs aînés, 20 Minutes leur a dégoté l’endroit idéal. Parce qu’il est sympa, mais aussi, et surtout, parce qu’il n’y en a pas vraiment d’autres à Paderborn.

De notre envoyé spécial à Paderborn,

Et si le secret de la victoire tenait entre quatre murs, ceux d’une petite auberge allemande perdue dans la campagne de Basse-Saxe ? C’est en tout cas ce qui s’est dessiné pour l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2006, comme l’ont raconté nos confrères de L’Equipe. A cette époque-là, en effet, les Bleus avaient l’habitude de quitter le camp de base dans des voitures aux vitres teintées pour se retrouver tous ensemble dans le plus grand secret, sans le coach et le staff, pour partager un moment de convivialité les lendemains de victoire, dans une auberge dégotée on ne sait trop comment.

Au menu, barbecues, clopes, bières et rigolade. Si cela ne suffit évidemment pas à expliquer le bon parcours des Bleus au Mondial, seulement battus par l’Italie en finale aux tirs au but, cette parenthèse de liberté a grandement contribué à souder le groupe et lui donner des ailes. « C’était exceptionnel. On faisait venir des merguez de Berlin parce que c’étaient les meilleures. Des moments magnifiques, pendant quatre heures à table, une ambiance fabuleuse. C’était dans une petite auberge perdue, à quelques kilomètres de notre hôtel », racontera Zinédine Zidane en 2022 à L’Equipe.

Alors, puisque les Bleus de 2024 ont choisi de poser leurs valises non loin de là, à Bad Lippspringe, dans la banlieue nord de Paderborn, pourquoi ne prendraient-ils pas exemple sur leurs joyeux aînés en trouvant refuge dans un QG sympa pour y passer un peu de bon temps ? On a posé la question à Olivier Giroud, jeudi, en conférence de presse mais, sans surprise, le doyen de l’équipe de France n’a pas franchement validé notre idée.

« C’est sûr qu’à part le camp de base, on n’a pas vu grand-chose ici. On est au vert, au calme, tranquille dans notre petit village. On va travailler dans le calme et la sérénité. Mais on ne pense pas à festoyer avant l’heure, il faut d’abord faire le boulot sur le terrain. Donc on n’a pas fait de repérage ou quoi que ce soit », a-t-il assuré.

« Paderboring » porte bien son (sur) nom

Qu’à cela ne tienne ! Au cas où la bande à Deschamps changerait d’avis, le service des sports de 20 Minutes s’est mobilisé et est parti en quête du troquet idéal pour vider quelques verres et faire griller des saucisses. Dis comme ça, la mission ne semble pas franchement impossible.

Mais détrompez-vous, ce fut plus compliqué qu’il n’y paraît. Il ne nous aura pas fallu plus de deux heures à sillonner les rues de Paderborn pour comprendre d’où lui venait son surnom de « Paderboring ». Si l’on met de côté les petits cafés sans âme et les deux trois restos du même acabit, difficile de trouver quelque chose qui ressemble de près ou de loin à un bistrot chaleureux.

The Auld Triangle est ce qui ressemble de près ou de loin au meilleur endroit de Paderborn pour faire un peu la fête.
The Auld Triangle est ce qui ressemble de près ou de loin au meilleur endroit de Paderborn pour faire un peu la fête.  - AYMERIC LE GALL

A deux doigts de jeter l’éponge et de rentrer au bercail, on a tout de même fini par trouver notre bonheur. Au fond d’une petite venelle en apparence toute banale, c’est là que se dresse un pub irlandais à la façade vert et jaune : The Auld Triangle. Il est 18 heures et Alan, le barman, vient à peine d’ouvrir les portes. Nous serons ses premiers clients. Arrivé en Allemagne il y a six ans dans l’idée de se faire une petite expérience à l’étranger, cet Ecossais fan du Celtic Glasgow n’est jamais reparti. Il aime à la fois la quiétude de la ville et l’ambiance un peu plus débridée du « seul bar qui bouge vraiment par ici », dixit l’intéressé.

Mbappé y a désormais son cocktail

« C’est vrai que Paderborn c’est plutôt calme, rigole-t-il. Sauf ici, le week-end, où tout le monde se retrouve. Le pub est plein tous les vendredis et samedis soir. En plus avec le match, ce soir, ça risque d’être pareil (vendredi l’Allemagne affrontait l’Ecosse en match d’ouverture de l’Euro). On fait aussi des karaokés, des quiz et des concerts. Si j’étais l’équipe de France et que je devais trouver un endroit sympa pas trop loin de l’hôtel, c’est ici que je viendrai. » Deuxième client à pointer le bout de son nez, Christian, 56 ans, acquiesce.

« Ce que j’aime, c’est que c’est multiculturel et qu’on ne s’ennuie jamais. Il y a une phrase qui défile parfois sur les écrans et qui dit 'Il n’y a pas d’étrangers ici, seulement des amis que tu ne connais pas encore'. Je trouve que ça résume bien l’idée de cet endroit. »  »

Un constat que ne reniera pas Hope-Vivien, 29 ans, venue en solo pour regarder le premier match de la bande à Toni Kroos. « La plupart de mes amis ne sont pas à Paderborn en ce moment et celui qui reste ne voulait pas sortir. Mais je suis venu quand même car il y a une super ambiance », raconte-t-elle. Elle finira même pas prendre le micro pour pousser la chansonnette lors du karaoké organisé après la victoire allemande.

Christian (le jumeau caché de Jérôme Rothen) dans son QG favori.
Christian (le jumeau caché de Jérôme Rothen) dans son QG favori.  - AYMERIC LE GALL

« Si les joueurs de l’équipe de France doivent sortir, c’est forcément ici qu’ils viendront. A Bad lippspringe, c’est vraiment tout petit et il n’y a pas grand-chose à y faire », concède Christian. Encore faudrait-il que le patron accepte de privatiser les lieux. « On peut lui demander, dit Alan, mais vu le monde qu’il y a ici le week-end, il faudrait faire ça en semaine. A moins que l’équipe lâche un gros billet (rires) ! » Au fil des minutes, alors que le match de la Nationalmannschaft ne débute que dans trois heures, le pub se remplit à vue d’œil et notre barman n’a bientôt plus le temps de répondre à nos questions.

Ce qui ne l’empêche pas de cogiter et de revenir vers nous avec une idée de cocktail qui, assure-t-il, siérait à merveille à Kylian Mbappé. Son nom, le « purple rain ». Pourquoi ? Parce que, comme son nom ne l’indique absolument pas, celui-ci vire au bleu avec le Curaçao mélangé à la vodka. « Et il y a aussi de la liqueur de pêche », poursuit-il. Pêche qui, en anglais, se dit « peach ». « Et comme Mbappé est un ‘peachy player’ (un super joueur), je trouve que ça colle bien ! », se marre notre mixologue en chef. Promis, on lui passera le message à l’occasion.