PSG – Rennes : « On approche de la meilleure version d’Ousmane »… Dembélé en numéro 10, idée de génie ou immense gâchis ?
DEBAT•Replacé dans l’axe par Luis Enrique depuis plusieurs semaines, Ousmane Dembélé serait, selon son coach, à un poste qui correspond mieux à ses qualitésAymeric Le Gall
L'essentiel
- Comme depuis le début de saison, Ousmane Dembélé est le dynamiteur en chef du PSG, mais pêche toujours dans la finition.
- Placé dans le cœur du jeu par Luis Enrique, celui-ci serait, à en croire son coach, pas loin de montrer la meilleure version de lui-même.
- Pourtant, avec ses qualités de vitesse, on peut aussi regretter son absence côté droit, où il fait beaucoup de mal à ses adversaires depuis son arrivée au PSG.
Au Parc des Princes,
Avant de foncer tête baissée dans le débat du moment le concernant, commençons par une banalité au sujet d’Ousmane Dembélé : cet homme est une œuvre d’art inachevée.
Encore une fois omniprésent contre Rennes, mercredi, en demi-finale de Coupe de France, l’ancien Barcelonais est malgré tout capable de gâcher l’or qu’il a dans les pieds au moment de conclure ses actions, à l’image de ce festival de dribbles dans la surface rennaise achevé par une saucisse expédiée sur le périph parisien. Il nous fait parfois penser à un violoniste de génie qui ne pourrait s’empêcher de terminer son récital en sortant son Vuvuzela pour tout saccager.
Interrogé en conférence de presse d’après-match sur les lacunes de son ancien joueur à la finition, Julien Stéphan fait ce que tous les entraîneurs de Dembouz ont toujours fait, il préfère retenir le positif : « Quand on parle d’Ousmane on parle toujours de ses défauts. Moi je réponds toujours sur ses qualités. Parce que je trouve que c’est un joueur hors norme. Dans le déséquilibre, dans le dribble, dans la faculté à créer des espaces, c’est un joueur exceptionnel. S’il avait une qualité de finition supérieure, il serait peut-être Ballon d’or aujourd’hui. »
Dembouz dans l’axe, un pari risqué
Ses immenses qualités sont connues de tous et le coach breton les a parfaitement résumées. Déstabilisant au possible, Dembélé est un dribbleur hors pair capable de mettre n’importe quel défenseur sur les fesses, quand il ne les a pas déposés au préalable sur la bande d’arrêt d’urgence côté droit, où sa vitesse enrhume les latéraux adverses. Mais alors, puisque celui-ci fait des merveilles sur son aile depuis le début de la saison, quelle mouche a-t-elle piqué Luis Enrique pour que celui-ci décide de le changer de poste pour lui donner les clés du jeu dans l’axe de l’attaque parisienne, derrière les deux attaquants (Mbappé et un autre, au choix) ?
Ce fut le cas une première fois du côté d’Anoeta, face à la Real Sociedad, mais aussi dimanche dernier au Vélodrome contre l’OM. Avec, à chaque fois, du bon et du moins bon à l’heure de dresser le bilan de compétences. Si ce positionnement permet au PSG d’avoir une plus grande densité dans l’axe du terrain et offre au joueur une plus grande liberté de mouvement, il l’expose aussi à des pertes de balles qui peuvent se révéler fatales dans cette partie du terrain.
Cela ne s’est pas vu mercredi tant les Rennais semblaient incapables de proposer quoi que ce soit à la récupération du ballon, mais en sera-t-il de même face à un Barça autrement plus joueur que les Bretons ? Surtout, se priver de l’une de ses plus grandes forces, sa vitesse, sur le côté droit, peut sembler dommageable pour l’équipe.
Une idée mûrie de longue date par Luis Enrique
Pourtant, dans l’esprit de Luis Enrique, le débat est clos avant même d’avoir commencé. « Ousmane Dembélé est un joueur techniquement supérieur, quasi injouable avec les deux pieds. On ne sait pas s’il est droitier ou gaucher, a-t-il expliqué. Je crois qu’avec sa position intérieure, nous approchons de la meilleure version d’Ousmane. Je ne me préoccupe pas de sa dernière touche avant d’atteindre le but. Ça m’importe peu. Il va s’améliorer. Il s’améliore et marque beaucoup de buts à l’entraînement. Donc, ce n’est pas un problème. Ce qu’il génère, toutes ces occasions, c’est très positif pour l’équipe parce qu’il est presque inarrêtable pour ses adversaires. »
Selon nos confrères de L’Equipe, ce repositionnement dans l’axe, dans un rôle de faux numéro 9, n’est pas une lubie que le coach espagnol a pondue subitement un beau matin en se réveillant. Il l’avait en tête avant même que Dembélé ne rejoigne le PSG et s’en était épanché auprès du joueur pour le convaincre de signer dans la capitale, connaissant la préférence du joueur pour ce poste.
Lors de ce qui reste encore à l’heure actuelle comme la meilleure saison de sa carrière, à Dortmund, en 2016-2017, c’est dans ce rôle de numéro 10 derrière deux attaquants que l’ancien Rennais évoluait avec Thomas Tuchel. Et à l’époque, le garçon affichait des stats autrement plus aguichantes qu’actuellement (10 buts et 21 passes dé' contre 1 but et 10 passes dé cette saison). Si, pour l’heure, on ne peut pas encore dire que cette décision de Luis Enrique a totalement convaincu les suiveurs parisiens, on ne demande qu’à voir cette meilleure version de lui-même, 100 % violon et sans vuvuzela.


















