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France - Maroc : Attention, les Lions de l’Atlas ont changé de statut depuis la demi-finale de 2022
attention, Tanger•Les Lions de l’Atlas reviennent défier la France, près de quatre ans après leur défaite en demi-finale de la Coupe du monde 2022. Les Marocains sont encore plus forts et sûrs de leurs qualitésWilliam Pereira
L'essentiel
- Le Maroc retrouve l’équipe de France pour une revanche de la demi-finale du Mondial 2022 en quarts de finale de la Coupe du monde 2026
- Le Maroc a confirmé son changement de statut à gagner la Coupe du monde, comme n’hésite pas à le revendiquer Mohamed Ouahbi.
- Sous la direction d’Ouahbi, le Maroc a adopté un jeu plus ambitieux axé sur construction offensive, capable de rivaliser avec les meilleures équipes tout en conservant sa capacité à défendre et jouer en contre-attaque héritée de l’ère Regragui.
C’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens, mais on ne prend guère de risque à dire que le Maroc aura réussi à confirmer, à l’issue de ce Mondial 2026, le changement de statut amorcé quatre ans plus tôt au Qatar. « On n’est plus une surprise aujourd’hui et c’est une grande fierté, se réjouissait Mohamed Ouahbi après la victoire contre le Canada en 8es de finale. Je pense que ce n’est que le début et j’espère qu’on continuera de longues années à faire de tels parcours. » Un constat que ne saurait ébranler une élimination contre la France, sauf déculottée mémorable, mais qu’une seconde qualification de rang en demi-finale renforcerait inéluctablement.
Le scénario d’une qualification marocaine pour le tour suivant et, allons même plus loin, en finale, n’a rien de fantaisiste. Même si la France sera favorite au coup d’envoi, jeudi, gare à ne pas prendre le Maroc pour la petite équipe qu’elle n’est plus. « On le voit à travers le classement Fifa (7) et avec tout ce qu’elle est en train de réaliser que c’est une équipe avec laquelle il faut compter au plus haut niveau », prévient Nasser Larguet, ancien directeur de l’Académie Mohamed VI, l’équivalent marocain de Clairefontaine.
Le Maroc veut croire en « sa capacité à gagner la Coupe du monde »
Mohamed Ouahbi s’évertue à cultiver cette idée, et à délester sa sélection de ses complexes vis-à-vis de grandes nations dont elle n’a de toute évidence plus grand-chose à envier. « Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde », déclarait-il déjà après la victoire dans la douleur contre Haïti (4-2). Il faut avoir l’audace de le faire.
Un travail commencé par son prédécesseur Walid Regragui la veille de la défaite 2-0 contre les Bleus : « on a envie de gagner la Coupe du monde, ce ne sont pas des paroles en l’air. » Sans doute l’idée avait-elle besoin de plus de temps pour infuser, car ce soir-là, les Marocains, passés à côté de leur entame, n’avaient pas résisté plus de cinq minutes avant l’ouverture du score de Lucas Hernandez, et leur timide révolte s’était heurtée au pragmatisme glacial des Bleus de Deschamps.
Quatre ans plus tard les Lions de l’Atlas ont mûri « malgré leur jeune âge », souligne Nasser Larguet, qui aime toutefois rappeler, à propos de la demi-finale perdue à Doha, que la malchance avait été plus handicapante que le déficit d’expérience. « Il y avait eu une hécatombe de blessures. Nayef Aguerd était blessé, l’entraîneur avait dû modifier son positionnement avec cinq défenseurs, dans lequel Romain Saïss s’est blessé au tout début du match, au bout de 20-25 minutes. Aujourd’hui, l’équipe est complète et elle a toutes ses forces vives. »
Ambition et conservation
Et quelles forces vives. Hakimi à son apogée pour balayer son couloir droit jusqu’au moindre recoin, Brahim Diaz pour l’épauler, le tandem Bouaddi-El Aynaoui en métronome et Yacine Bounou, toujours aussi coriace en gardien de la maison. Il manque encore une pointure à l’avant, mais avec dix buts marqués, le Maroc semble pour le moment s’en accommoder.
« « Mohamed Ouabi a donné de l’ambition à cette équipe dans la construction, sur le fait d’aller plus haut, de chercher à construire chez l’adversaire, analyse Larguet. C’est ce qui nous a permis d’aller arracher le nul contre les Pays-Bas avec la tête de Diop, parce que le fait d’être très haut dans les 30 derniers mètres a permis à Diop de se retrouver dans la surface de réparation et d’échapper à la vigilance défensive des Néerlandais pour pouvoir marquer de la tête. » »
« On verra quelle équipe aura le plus le ballon, se demandait quant à lui Didier Deschamps, mercredi. C’est un rapport de force. Le sélectionneur marocain prend ses dispositions et moi aussi. »
Capable de confisquer le ballon aux Oranje (70 % de possession) et de disputer la possession de balle au Brésil (46 %), le Maroc a tourné le dos à sa version Regragui 2022 qui prenait du plaisir à faire déjouer les champions de la possession. « Vous, les journalistes, vous rêvez possession de balle, les 60 ou 70 %, ça vous plaît », ironisait-il après avoir sorti l’Espagne et le Portugal en garant le bus. Une vieille arme que les champions d’Afrique portent toujours sur eux, au cas où. Contre le Canada, ils s’en sont servis pour résister au temps fort des Rouges pour mieux les cueillir en contre. Reste à savoir quel mode activeront les Marocains contre l’équipe de France à Boston.


















