Coupe du monde 2026 : « On mange bien à Boston »… Au pays de la malbouffe, comment les Bleus arrivent à bien se nourrir
Venez comme vous êtes•L’équipe de France affronte le Paraguay, dimanche à Philadelphie, en huitième de finale de la Coupe du mondeAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- L’équipe de France, installée au Four Seasons de Boston pendant la Coupe du monde, bénéficie des services du chef français Patrice Martineau et du chef cuisinier des Bleus Xavier Rousseau.
- Contrairement au Qatar où ils avaient voyagé « les valises pleines de denrées », les Bleus se sont contentés de « condiments », car il y a pratiquement tout sur place.
- Les Bleus sont donc loin de succomber aux « coutumes américaines », avec des fast-foods qui pullulent un peu partout dans la capitale du Massachusetts.
De notre envoyé spécial à Boston,
Avec une bonne petite dose de volonté, on a tenu six jours. Six jours entre nos premiers pas sur le sol américain et le premier burger dévoré dans un fast-food dans le centre de Boston (Shake Schack, si vous voulez tout savoir). Un passage presque obligé tant il est difficile d’échapper aux nombreuses enseignes de restauration rapide dans le coin, où même chaque station-service sur l’Interstate (l’autoroute) proche de la capitale du Massachusetts possède son McDonald’s.
Dans cet environnement où les calories grimpent plus vite que le nombre de buts de Kylian Mbappé en Coupe du monde, il est plus facile (et moins cher) de manger des burgers, des gros tacos ou des nuggets qu’une bonne salade bien saine. Et on avait un peu peur que les joueurs de l’équipe de France, dont la majorité sont des fous de la culture américaine, y succombent aussi, eux qui sont installés en plein centre-ville de Boston.
Certains y ont succombé. On a ainsi pu voir, grâce aux réseaux sociaux, Malo Gusto, Désiré Doué et Bradley Barcola dans un des restaurants Shake Schack de Boston lors de la première soirée de libre accordée par Didier Deschamps en début de tournoi. On a aussi vu Kylian Mbappé avec de grandes boîtes de donuts de Krispy Kreme dans le car. Mais c’est à peu près tout.
Un chef français au Four Seasons
En étant logés dans le luxueux hôtel Four Seasons, qui lui est entièrement privatisé dans le centre de Boston pendant toute la durée de la Coupe du monde, les Bleus se sont assurés de ne pas être trop dépaysés niveau nourriture. Car celui qui dirige les cuisines de l’établissement n’est autre que le chef français Patrice Martineau, qui s’est formé dans les cuisines réputées de L’Abbaye de Saint-Michel (2 étoiles Michelin) et de La Côte Saint-Jacques (3 étoiles Michelin) en Bourgogne, avant de s’envoler pour les Etats-Unis et le Japon.
Contacté, l’établissement a refusé de répondre à nos questions, mais dans son communiqué de presse, le Four Seasons indique que les menus de Patrice Martineau « se caractérisent par une cuisine typiquement Nouvelle-Angleterre empreinte de raffinement européen, et ses relations privilégiées avec les fournisseurs locaux garantissent une mise en valeur constante des meilleurs produits de la mer de l’Atlantique ».
Mais Martineau n’est pas le seul décideur, il est supervisé par le grand manitou tricolore, Xavier Rousseau, chef cuisinier des Bleus depuis août 2017, qui organise les repas sous forme de buffet. Dans une vidéo publiée par la Fédération française de football, on le voit ainsi détailler un peu tout ce qui est présenté aux joueurs. Un buffet froid avec des légumes (betteraves, tomates cerises, concombres, cœurs de palmier, asperges…), des compositions (tomates mozza, salade de crevette), charcuterie.
Il y a aussi un buffet chaud (pâtes, riz, brocolis, viande, poisson, plats cuisinés…) et puis la partie dessert avec des fruits (frais et sec), mais aussi des laitages et des gâteaux. « Franchement, ils mangent bien, nous glisse l’entourage de l’équipe de France. Les produits sont très bons, on a tout sur place. »
La France est venue les poches vides
Contrairement à la Coupe du monde au Qatar, où ils avaient voyagé les valises pleines de denrées, les Bleus sont cette fois partis sans rien ou presque. « On n’a quasiment rien ramené de France, on a juste pris des condiments », nous dit-on. Pas comme la Norvège, qui est venue aux Etats-Unis avec ses produits pour nourrir ce buffle de Erling Haaland : 300 kg de poissons, 116 kg de fromage brun et 6.000 oranges, expliquait le chef norvégien Aron Espeland au média national VG. Une décision qui a laissé circonspect l’encadrement tricolore :
« Même si la majeure partie des fruits et légumes sont importés de Californie, il n’y a que du frais ici. Et puis, on est à côté de l’océan Atlantique, donc on a vraiment plein de produits de la mer. »
« Ici, il y a quasiment tout qui vient de Californie ou du Mexique, confirme Flo, manager depuis quatre ans du Café Sauvage, établissement français dans Boston. La qualité est bonne, après le problème c’est qu’ils rajoutent tout le temps des produits, comme des pesticides. Le bio, ici, c’est difficile d’en trouver. Mais, avec un bon chef, s’il connaît les bons produits, il n’y a pas de problème, mais il faut faire attention. T’as l’impression de manger un truc sain, et en fait il y a plein de sucres et de gras. »
Le lobster roll, pas franchement l’idée du siècle
Présent depuis plusieurs années à Boston, Flo nous a assuré que, même si les Bleus voulaient sortir un peu de leur hôtel, ils pouvaient très bien trouver de bonnes adresses et ne pas se contenter de junk food. « On mange bien à Boston, il faut juste regarder où on va, estime le jeune homme. Il y a beaucoup de restaurants américains où la nourriture, pour nous français, on va se dire que c’est vraiment moyen, mais ça reste quand même bon. Comme Boston est très européen, on peut bien manger pour pas trop cher. C’est une ville pas mal pour les restaurants. »
Toute l'actu de la Coupe du monde 2026Par contre, on déconseille à Kylian Mbappé et ses partenaires de tester la spécialité locale : le lobster roll. De notre expérience, ce pain brioché avec du homard et de la mayonnaise n’est pas vraiment hyper appétissant, et devient même rapidement très écœurant, en plus de ne pas être très sain pour le corps. « Ce n’est quand même pas incroyable », confirme Flo, le sourire aux lèvres. Allez, on va repartir prendre un burger nous. Les valeurs sûres, ça ne déçoit jamais.


















