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« Pas de sacralisation »… Les Bleus doivent-ils jouer les 13 novembre ?

France - Ukraine : « Pas de demande de sacraliser la date »… Les Bleus doivent-ils encore jouer les 13 novembre ?

hommage aux victimesDix ans après les attentats de Paris et de Saint-Denis, l’équipe de France affronte l’Ukraine ce jeudi soir
Equipe de France: Mbappé et les Bleus ont « une pensée » pour les victimes du 13 novembre 2015
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • L’équipe de France joue ce jeudi face à l’Ukraine au Parc des Princes, dix ans jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés.
  • « Jouer dix ans après, c’est spécial, mais malheureusement pas dans le bon sens, on va essayer de rendre hommage à toutes ces personnes », a expliqué Kylian Mbappé en conférence de presse.
  • Aucune demande de report n’a été effectuée par la FFF auprès de l’UEFA pour éviter cette date, et selon l’entourage de l’équipe de France « il y a même des associations de victimes qui ont dit qu’il fallait jouer, donc il faut respecter ce qu’ils disent ».

Il y a des jours, comme ça, où le football peut paraître bien secondaire. Dix ans après les terribles attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés, l’équipe de France va pourtant bien jouer une rencontre qualificative pour la Coupe du monde 2026, jeudi face à l’Ukraine au Parc des Princes. Avant le match, un cérémonial devrait être mis en place pour saluer la mémoire des victimes de ce funeste 13 novembre 2015.

« On va essayer de rendre hommage à toutes ces personnes, a assuré Kylian Mbappé mercredi en conférence de presse. Que ce soit durant la journée ou pendant le match, en essayant de mettre des sourires sur le visage des personnes qui vont venir au stade. Même si on sait que ce n’est pas une journée joyeuse. C’était un moment terrible, et je pense que tout le monde se sent concerné par ce genre d’événements. Jouer dix ans après, c’est spécial, mais malheureusement pas dans le bon sens. »

« Des associations ont dit qu’il fallait jouer »

Au moment d’annoncer la liste des joueurs qui allaient disputer ces deux rencontres face à l’Ukraine et l’Azerbaïdjan, Didier Deschamps a lui aussi indiqué qu’il aurait préféré « éviter de jouer à cette date ». « Je ne sais pas si c’était possible, ça ne dépend pas de moi », a assuré le sélectionneur des Bleus, l’un des membres de la délégation française à avoir été présent lors du France-Allemage au Stade de France où avait commencé la folie meurtrière du commando terroriste en 2015.

Ce France-Ukraine ne sera pas le premier match à se disputer un 13 novembre depuis les attentats (France-Kazakhstan, en 2021 à Nice), mais ce sera le premier organisé dans la capitale. Alors, les Bleus pouvaient-ils éviter de jouer à cette date-là ? Un membre de l’entourage de l’équipe de France a expliqué à 20 Minutes que la FFF n’avait effectué auprès de l’UEFA aucune demande de report pour cette rencontre. Et qu’aucune réclamation de la part des associations de victimes n’avait eu lieu.


« Il n’y a pas de demande de sacralisation de la date, nous assure-t-on. Il y a même des associations de victimes qui ont dit qu’il fallait jouer, donc il faut respecter ce qu’ils disent. »

L’UEFA organisatrice du calendrier

Si certains organismes venaient à évoquer la possibilité de sacraliser le 13-Novembre, il faudrait alors se tourner vers l’UEFA, organisatrice des matchs éliminatoires de la Coupe du monde et de l’Euro, pour tenter d’obtenir gain de cause. Des sources au sein de l’instance européenne, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, estimaient sur RMC, qu’il aurait « été très difficile de placer ce match à une autre date, les équipes du même groupe doivent jouer le même soir pour des raisons d’équité », avec en plus le long déplacement à gérer en Azerbaïdjan dans la foulée.

Une simple demande pour sacraliser cette date auprès de l’UEFA pourrait-elle aboutir ? « On ne sait pas puisqu’on n’a eu aucune demande qui va dans ce sens-là, assure-t-on chez les Bleus. Par exemple, pour le 5-Mai, là, c’est une demande des victimes corses. » Le 5 mai 1992, une tribune du stade de Furiani, à Bastia, s’était effondrée. Bilan : 19 morts et 2.357 blessés, soit la pire catastrophe du sport français.

En hommage aux victimes, les associations corses se sont démenées pendant de longues années pour obtenir qu’aucun match de football professionnel ne se joue le 5-Mai, après qu’une finale de Coupe de France avait été programmée à cette date en 2012. Chose obtenue en 2021 avec une loi portée par le député Michel Castellani (Liberté & Territoire).

Sacraliser le 5-Mai, « un très long combat »

« Ça a été un très long combat, nous explique Josepha Guidicelli, présidente du collectif des victimes du 5 mai 1992. Au départ, on a essayé de contacter les instances du football, de passer par le sportif. Mais on était face à un mur. On s’est rapidement rendu compte qu’il fallait immiscer le politique dans le sportif pour avoir gain de cause. Je pense que ça serait la même chose pour sacraliser le 13-Novembre. »

Josepha Guidicelli, qui a perdu son père lors de la catastrophe de Furiani, estime que ça serait une bonne idée de sacraliser la date du 13-Novembre en hommage aux victimes des attentats : « Ça a été une journée terrible. Ce jeudi, pendant qu’il y en a qui se souviennent et qui commémorent de leur côté, d’autres, et c’est normal, vont faire la fête autour d’un match. C’est vrai que ce serait bien que cette journée-là, toute la France se souvienne de la même chose. »

Tout notre dossier sur le 13-Novembre

A travers la parole de Kylian Mbappé, les joueurs de l’équipe assurent qu’ils vont « faire de leur mieux pour faire passer la journée de la manière la moins difficile possible à ces personnes qui ont vraiment, vraiment, été touchées. Après, malheureusement, on va devoir reprendre notre boulot le soir et essayer de donner la meilleure version de nous-mêmes. »