France - Islande : En mission Coupe du monde, Mbappé sauve les Bleus d’un gadin un peu gênant
MERCI CAPI•Auteur d’un but et d’une passe décisive contre l’Islande, mardi soir au Parc des Princes, Mbappé a été la seule petite étincelle de cette triste soirée de l’équipe de FranceAymeric Le Gall
L'essentiel
- Les Bleus ont eu toutes les peines du monde à venir à bout de l’Islande, toute heureuse de voir Michael Olise lui offrir l’ouverture du score en début de rencontre.
- Il aura finalement fallu s’en remettre à Kylian Mbappé, auteur de l’égalisation sur penalty juste avant la pause et d’une belle passe décisive pour Barcola au retour des vestiaires.
- Moins fringante que contre l’Ukraine cinq jours plus tôt, la bande à Kyky a assuré l’essentiel en faisant le plein de points pour cette première phase de qualifications au Mondial 2026.
Au Parc des Princes,
Le kif à Wroclaw, l’ennui à Paris. Cinq jours après nous avoir agréablement surpris - en première période du moins - lors du match contre l’Ukraine en Pologne, les Bleus ont retrouvé leur standard moyen-bof mardi face à l’Islande au Parc des Princes. Dans la foulée de la grosse embrouille entre le PSG et le staff de l’équipe de France au sujet du « Dembouz Gate », l’antre des Parisiens avait décidé que, non, définitivement non, ce ne serait pas chez eux que la bande à DD produirait du beau jeu et repartirait avec des étoiles plein les yeux. Il y a une justice en ce bas monde, doit penser Nasser Al-Khelaïfi en sirotant son jus de goyave entre deux mails incendiaires à la FFF.
Privé de ses dynamiteurs de côté (Ousmane Dembélé et Désiré Doué), Didier Deschamps et l’équipe de France ont souffert de la comparaison en choisissant de titulariser Marcus Thuram à gauche. On ne peut pas dire que l’Intériste déméritait forcément, à l’image de ses deux grosses occasions (16e et 32e) en première période, mais le garçon est loin du niveau de deux grands absents du soir et ce n’est pas sur lui qu’il faut compter pour initier les mouvements offensifs. Le fiston de Lilian est un attaquant pur et dur de surface et ce n’était pas un cadeau de le bloquer côté gauche mardi soir.
Heureusement, il y a Kylian
Mais on ne s’acharnera pas (que) sur lui, non. On regrettera en revanche que Deschamps ne lui ait pas préféré un profil plus vif et technique - au pif, Hugo Ekitike ou Maghnes Akliouche –, d’autant que l’homme aux deux petits buts en 31 sélections ne fut pas le seul à tirer la tronche mardi soir. On pense notamment à Michael Olise, bluffant de justesse et de créativité en Ukraine, qui s’est retrouvé on ne sait comment à offrir le premier but aux Islandais d’une passe décisive assez improbable, et qui ne fut pas non plus brillant dans le jeu, à part sur cet enroulé du gauche qui s’écrasera sur la barre en deuxième période.
Dans ces cas-là, quand rien ne va ou pas grand-chose, on s’en remet comme souvent au capitaine Mbappé, certainement le joueur le plus en jambes côté tricolore et qui, pour son grand retour au Parc depuis son départ au Real, a eu le plaisir d’égaliser sur péno juste avant la pause. A noter que le public de la Porte d’Auteuil n’a pas jugé bon de le siffler, à l’inverse de Didier Deschamps et Adrien Rabiot, chaudement conspué au moment de la présentation des équipes. Tout va très vite dans le football…
Désormais seul deuxième meilleur buteur de l’histoire des Bleus après ce 52e pion en sélection, laissant Titi Henry dans le rétro pour fondre sur Olivier Giroud et ses 57 réalisations, Mbappé a choisi d’offrir le second but à Barcola, après une ouverture en chocolat d’un Tchouaméni en mode quarterback depuis sa moitié de terrain. Lancé en profondeur par son pote madrilène, Kyky de Bondy a attendu la sortie du gardien islandais avant de servir son ancien coéquipier du PSG, qui n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond.
A 2-1, même si on n’a jamais senti cette équipe de France en capacité de nous régaler les babines, on n’imaginait pas non plus les Bleus se retrouver à devoir serrer les miches pour sauver les trois points contre l’Islande. C’est pourtant ce qu’il s’est passé après l’exclusion on ne peut plus logique de Tchouaméni - moins maestro que boucher, sur ce coup - après un tacle immonde sur le tibia du pauvre Thorsteinsson. Malgré ça, les Bleus ont tenu bon, même s’ils pourront au passage remercier la VAR pour l’annulation de l’égalisation islandaise à deux minutes du coup de sifflet final.
Les Bleus en tête du groupe avant la fournée d’octobre
A l’image de la timide Marseillaise de fin de match entonnée par les 45.000 supporters français, ce match ne restera pas dans les annales mais au moins le travail est fait. Et on sait qu’en qualifs, qu’importe l’ivresse pourvu qu’il y ait les trois points. S’il fallait retirer du positif de cette soirée maussade, il est à trouver comme on le disait du côté du numéro 10 de l’équipe de France. Quand on sait qu’il y a un an tout juste, le gonze peinait à marcher droit et préférait carrément zapper le rendez-vous d’octobre avec les Bleus pour aller se refaire le citron dans les boîtes de nuit suédoises, on ne peut que se féliciter qu’il ait retrouvé goût à la vie.
Apparu dans la forme de ses 20 ans depuis la reprise avec le Real Madrid, le garçon sait que cette saison va compter fort pour la suite de sa carrière et la vitalité de son palmarès. Mbappé n’est jamais aussi fort que les années pré-Coupe du monde et visiblement, cette cuvée ne fera pas exception à la règle. Manu Koné, l’un des rares tricolores à avoir pointé le bout de son museau en zone mixte, semble apprécier l’idée d’évoluer avec l’ancien Parisien dans cette équipe de France.
« Kylian est un très grand joueur mais aussi un très grand leader pour cette équipe. Je suis content pour son record de buts mais quand on voit l’âge qu’il a, on sait qu’il va encore aller très loin comme ça. J’espère être à ses côtés en sélection pour voir jusqu’ou il peut aller », a déclaré avec un grand sourire le milieu de terrain de la Roma, autre grande satisfaction de ce premier rassemblement de la saison. Il est désormais temps pour tout ce beau monde de retrouver la vie en club avant de revenir, le mois prochain, pour une nouvelle fournée de deux matchs. Avec l’objectif de poursuivre sur cette lancée pour arracher le plus vite possible le ticket pour le Mondial américain, ce qui ne devrait pas être bien compliqué vu l' adversité toute relative de ce groupe D.


















