Equipe de France : « Si tu fais un an comme ça… » Deschamps alerte les joueurs sur la dangereuse accumulation des matchs
fatigue intense•Dans un entretien à « L’Equipe », le sélectionneur des Bleus estime que les conditions de préparation des matchs internationaux ont changéA.H.
Les joueurs de foot ne sont pas du tout concernés par la volonté de François Bayrou de supprimer deux jours fériés dans l’année. Travailler plus, toujours plus, les footballeurs sont aussi concernés : le nombre de matchs ne cesse d’augmenter année après année. Pénalisant pour les sélections, qui voient les internationaux arriver sur les rotules aux rassemblements.
Didier Deschamps s’est donc mué en lanceur d’alerte pour essayer de sensibiliser ses joueurs au rythme intense auquel ils sont soumis : « Je fais en sorte d’alerter les joueurs. Quand ils font des saisons où ils jouent tout, même les rencontres où ils pourraient un peu souffler, ils accumulent. Et si tu fais un an comme ça, la deuxième année, tu paies », indique le sélectionneur dans un entretien à L’Equipe.
« Plus les saisons passent, moins on a de temps »
Alors, comment faire pour qu’ils jouent moins ? Il faut qu’ils « partagent leur ressenti avec leur coach. Si tu n’as pas récupéré, que tu joues tous les trois jours, que tu as mal dormi, dis-le à ton coach, reprend le champion du monde 1998 et 2018. Il peut te faire souffler, ou pas. Mais essaie au moins d’échanger. Ça peut t’éviter de te blesser et de rater les grosses échéances ».
Et qui dit saisons à rallonge avec les clubs dit forcément préparations écourtées pour les grandes compétitions internationales, avec des joueurs à deux doigts de jouer une finale de Ligue des champions avant d’enchaîner avec un match de Coupe du monde cinq jours plus tard. « Plus les saisons passent, moins on a de temps, reprend Deschamps. Aujourd’hui, quand on a quinze jours pour préparer une grande compétition, on dit merci. […] En 2014, nous avions fait deux stages et pu régénérer certains joueurs, même s’ils arrivaient déjà fatigués. »
Avec une Coupe du monde dans trois pays (Etats-Unis, Canada et Mexique), en plein été, les organismes risquent de souffrir encore davantage, après une saison déjà éreintante. « Aux États-Unis, il faudra composer avec les déplacements. Il y a eu des problèmes lors de la Coupe du monde des clubs, avec les températures difficilement supportables, les orages qui ont contraint à arrêter des matchs… » Allez, une petite grève et on n’en parle plus.


















