Affaire Mbappé - PSG : « Le club ne respecte rien », le camp du joueur lance une contre-attaque juridique d’envergure
justice•L’avocate de Kylian Mbappé, Me Delphine Verheyden, a tenu une conférence de presse jeudi pour énoncer les nouvelles procédures engagées contre le PSG dans l’affaire opposant les deux partiesWilliam Pereira
L'essentiel
- L’avocate de Kylian Mbappé a tenu une conférence de presse pour expliquer les procédures engagées contre le PSG, réclamant 55 millions d’euros et incluant notamment une saisie conservatoire des comptes du club.
- Les avocats de Mbappé ont engagé diverses actions juridiques, s’étalant du droit du travail au pénal, dans le but de faire plier le PSG dans ce qu’ils considèrent comme un jeu d’usure.
- L’équipe juridique de Mbappé affirme agir de bonne foi et au « moins mauvais moment pour le club », tout en soulignant que ce conflit va au-delà de l’aspect financier, notamment en ce qui concerne l’atteinte à l’image du joueur et les cas de harcèlement sur les réseaux sociaux.
Ce jeudi, l’avocate de Kylian Mbappé, Me Delphine Verheyden, a convoqué la presse pour une masterclass très attendue sur le différend opposant le joueur et son ancien club, le PSG, à qui il réclame 55 millions d’euros de salaires et primes. Le ton du rappel des faits est pédagogique, mais les L1 de droit de la fac éphémère du Pullman-Tour Eiffel perdent pied dans l’océan de subtilités juridiques.
L’essentiel a néanmoins le mérite de rester clair : un an après les premiers désaccords et las de servir de balle de ping-pong à la Commission de Discipline de la LFP et de la Commission supérieure d’appel de la FFF, le camp Mbappé a passé la seconde et engagé de nouvelles procédures. Pour « passer à l’attaque » et quitte à accepter le temps long imposé par le PSG, notamment sur la question prud’homale, elle s’est entourée de trois autres avocats « On n’a pas eu d’autre choix que d’en arriver là, regrette Me Verheyden. Ça fait un an. Kylian avait à cœur de les laisser digérer la déception de leur départ. Mais tout ça est une question de principe et de justice. »
Procédures engagées contre le PSG
8 avril 2025, Kylian Mbappé a saisi la Ministre des Sports par référé ministériel devant le tribunal administratif pour qu’elle engage une action contre la décision de la Commission supérieure d’appel de la FFF du 30 janvier 2025.
Le 9 avril 2025, Mbappé a saisi la FFF pour qu’elle indique à l’UEFA l’existence d’un impayé du PSG qui priverait le PSG de sa licence UEFA pour la Ligue des champions lors de la saison 2025-26 (prévu par le règlement de l’instance en cas d’impayés).
Le 9 avril 2025, Mbappé et sa mère, Fayza Lamari ont déposé plainte contre X en injures publiques auprès du doyen des juges d’instruction.
Le 10 avril 2025, Mbappé a pratiqué une saisie conservatoire dans les comptes bancaires du PSG à hauteur de 55.416.668 euros.
La plus récente est également la plus marquante puisqu’elle signifie, concrètement que le club parisien ne peut plus disposer de la somme qu’il a refusé de verser malgré les injonctions répétées de la Commission juridique de la LFP. « Au fond dans cette affaire le club ne respecte rien, attaque Me Thomas Cley, attablé à gauche de l’avocate du joueur. Le club veut nous pousser à saisir le conseil des prud’hommes pour gagner du temps. Il a été décidé de prendre le club au mot et de demander l’exécution forcée de ces décisions de justice. »
La saisine du Conseil de prud’hommes n’interviendra qu’après l’audience d’orientation devant le Tribunal judiciaire de Paris, le 26 mai prochain, mais Me Frédérique Cassereau, experte en droit social, ironise d’avance sur la manière dont sera accueilli le dossier. « Nous sommes absolument convaincus que les prud’hommes voudront connaître les règles et les codes du PSG. Par exemple, la règle qui consiste à ne pas émettre un bulletin de salaire à un joueur sous contrat. La règle qui consiste à ne pas payer les charges sociales à un joueur qui est encore sous contrat. La règle qui consiste à ne pas émettre de solde tout compte lorsque le même joueur a fini son contrat. »
Mbappé attaque le PSG « au moins mauvais moment »
La stratégie globale, qui s’étend donc du droit du travail au droit Pénal, a pour vocation de faire plier le club dans son jeu d’usure. La démarche auprès de l’UEFA pour ne pas attribuer au PSG de licence en vue de la Ligue des champions 2025-26 en vertu du règlement mettra quant à elle à l’épreuve l’intégrité de l’instance dont Nasser Al-Khelaïfi est membre du comex, sans parler des liens privilégiés entretenus avec son patron, Aleksander Ceferin. « En effet, nous pourrons constater si l’UEFA prend ou non ses responsabilités », se convainc l’avocate de Kylian Mbappé.
Enfin, au-delà de la bataille juridique, l’équipe d’avocats qui défendent les intérêts du joueur entend prendre les devants sur la question morale. La question du timing - entre deux tours de Ligue des champions - a été anticipée par Me Thomas Clay, qui évoque une attaque de bonne foi « au moins mauvais moment pour le club », qui vient « d’être sacré en Ligue 1, s’est qualifié pour la finale de la Coupe de France et est en passe de valider la qualification en demi-finale de Ligue des champions ».
Sur la question de l’armée numérique du PSG, de l’atteinte à l’image du joueur et son entourage et des cas de harcèlement sur les réseaux sociaux, « il y a volonté d’en faire un combat porté par le joueur et sa famille », a-t-il ajouté. Comme pour rappeler que ce combat entre l’attaquant du Real Madrid et son ancien club pèse un peu plus lourd que 55 millions d’euros.
TOUTE L'ACTUALITE DE KYLIAN MBAPPELe club parisien n’a pas tardé à réagir à ce coup de semonce médiatique : « Après avoir une nouvelle fois entendu aujourd’hui un récit fantasque relevant d’un univers parallèle, le PSG continue de ne pas comprendre la raison pour laquelle Kylian Mbappé ne saisit pas le conseil des prud’hommes qui est le seul tribunal compétent pour trancher le litige qui l’oppose à son ancien club », a fait savoir un porte-parole du PSG auprès du Parisien. « Le club réaffirme son souhait de parvenir à une issue amiable, comme il y a toujours été favorable, malgré les marques répétées de mauvaise foi et le refus total du joueur de toute médiation. »


















