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L’AS Saint-Etienne condamnée à verser 850.000 euros à Stéphane Ruffier

Stéphane Ruffier gagne son procès contre l’AS Saint-Etienne, les Verts condamnés à lui verser 850.000 euros

FOOTBALLLe Conseil des prud’hommes de Saint-Etienne a jugé non-fondée la rupture du contrat de travail pour « faute grave » de l’ancien gardien international
Antoine Huot de Saint Albin

A.H. avec AFP

Des soucis sur le terrain, des soucis hors du terrain. L’AS Saint-Etienne connaît une saison compliquée, même si elle ambitionne toujours de monter en Ligue 1. Mais, ce lundi, aucun problème de finition ou de passivité défensive. C’est sur le terrain judiciaire que les Verts ont connu une nouvelle défaite. Le Conseil des prud’hommes de Saint-Etienne a jugé non-fondée la rupture du contrat de travail pour « faute grave » de Stéphane Ruffier et condamné l’ASSE à lui verser plus de 850.000 euros de dédommagements, a appris ce lundi l’AFP auprès de cette juridiction.

Cette indemnité comprend 609.000 euros que l’ASSE est condamnée à verser à son ancien gardien pour cette « rupture anticipée du CDD ». Cette somme monte à un peu plus de 850.000 euros avec les dommages et intérêts pour préjudice lié à la « sanction disciplinaire disproportionnée » qui lui avait été notifiée, ainsi que les indemnités liées aux « mises à pied annulées » du deuxième semestre 2020 et aux congés payés.

Le gardien international (3 sélections) avait été licencié fin 2020, six mois avant le terme de son contrat, à la suite de rappels à l’ordre et de sanctions disciplinaires pour des insubordinations supposées. Stéphane Ruffier était alors le gardien des Verts, qui évoluaient en Ligue 1, depuis près d’une décennie (383 matchs disputés). « C’est une très bonne décision qui reconnaît les sanctions disciplinaires disproportionnées et le licenciement pour faute grave infondé », a réagi auprès de l’AFP l’avocate du joueur.

« Une entreprise de démolition »

Au cours de l’audience, Me Dorothée Bisaccia-Bernstein avait dénoncé la volonté de l’employeur d' « isoler » Ruffier jusqu’à la rupture de son contrat de travail. Elle avait demandé plus 7 millions d’euros d’indemnités au total. L’avocate avait évoqué une « longue période de harcèlement moral auquel se sont livrés l’entraîneur Claude Puel et le directeur général Xavier Thuilot, qui avaient la mission de dégraisser la masse salariale et de virer les joueurs qui coûtaient le plus cher ». Pour elle, Stéphane Ruffier a subi « une entreprise de démolition », « une campagne de sape » et il « a fini par arrêter le foot après s’être fait défoncer la tronche ».

« Le club a pris acte de la décision rendue par le Conseil des prud’hommes et attend d’en recevoir la notification pour envisager la suite », a commenté le conseil de l’ASSE auprès de l’AFP. Me Olivier Martin, l’avocat du club, avait répliqué à l’audience en accusant le portier, désigné à plusieurs reprises « meilleur gardien de Ligue 1 », d’avoir abusé de son statut de chouchou des supporteurs de l’ASSE. Il avait évoqué un « comportement réfractaire en parfaite opposition aux directives de l’entraîneur à partir de février 2020 », affirmant qu’il arrivait « volontairement en retard à l’entraînement pour montrer qui (…) est le patron ».