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FFF : L’audition lunaire de Noël Le Graët devant la commission d’enquête sur les Fédérations
football•L’ancien président de la Fédération Française de Football était interrogé ce mardi après-midi à l’Assemblée Nationale sur les dysfonctionnements au sein des instances sportivesN.C.
On espère pour les membres de la commission d’enquête sur les défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises n’étaient pas venus pour apprendre des choses, ce mardi après-midi, lors de l’audition de Noël Le Graët. Interrogé sur de nombreuses affaires de harcèlement, de violences sexuelles ou de simples signalements remontés à la FFF mais laissés sans suite, l’ancien patron du football français n’était visiblement au courant de rien, ou si peu.
L’exaspération, voire l’agacement, a régulièrement gagné la présidente de la commission Béatrice Bellamy et la rapporteure Sabrina Sebaihi, qui n’ont cessé de mettre Le Graët devant ses contradictions. Comment lui, que Philippe Diallo et Eric Borghini (passés devant elles la semaine passée) ont dépeint comme celui qui décidait de tout, ne peut-il rien savoir des affaires Angélique Rougeasse, David Galletti ou Jacky Fortepaule ? Comment peut-il être aussi vague sur la manière dont a été traitée la question de l’homophobie dans les stades et les clubs amateurs, le PSE de 2021 ou le numéro vert dédié aux victimes de violences qui n’a pas fonctionné entre mars et octobre 2022 ?
« J’avais du personnel très qualifié pour traiter ces questions, a (très) souvent répondu l’ex-dirigeant. Moi, j’ai passé énormément de temps à redresser la situation financière de la Fédération. Chacun doit utiliser ses points forts, moi je n’ai pas de formation de juriste. » Le Graët a simplement regretté ses propos sur l’homophobie – « une maladresse invraisemblable » – mais pour le reste, il a tout oublié, les dates, les noms, promettant de renvoyer des réponses par écrit « un peu plus tard ».
« Est-ce que demander à une dame de se mettre en jupe pour voyager est approprié ? »
La présidente de la commission a également fait référence à plusieurs reprises à l’audit accablant de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) rendu en février dernier, qui pointait dans le détail les « dérives de comportement » de NLG. Ce dernier a nié toute faute. « Qu’est-ce qu’un comportement inapproprié à l’égard des femmes selon vous ? », a ainsi interrogé à un moment Béatrice Bellamy. « Je ne sais pas, je n’en ai jamais fait », a-t-il répondu. Un peu plus tard : « Est-ce que demander à une dame de se mettre en jupe pour voyager est approprié ? ». Réponse : « Je ne réponds pas à cette question. Parce que je vous vois venir. » La procédure concernant sa plainte en diffamation visant la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera est toujours en cours.
La grosse heure et demie de « discussion » s’est terminée sur le cas Bachir Nehar, intendant de l’équipe de France mais aussi salarié d’une société qui gère la carrière de joueurs. Une double casquette problématique, évidemment. L’affaire avait été révélée en décembre 2021, et Le Graët, qui a eu toutes les peines du monde à se rappeler qui était cet homme qu’il a sûrement croisé des centaines de fois lors des matchs des Bleus, n’a pas su dire ce qu’a fait la FFF à son sujet.
« Je ne crois pas qu’il n’y ait pas eu de sanctions, a-t-il bredouillé. Il n’a pas le droit, la Fédération aurait pris des sanctions. Ça me paraît impossible en tout cas qu’il soit toujours intendant. » Si l’on en croit le site de la FFF, Bachir Nehar est toutefois toujours en poste. On n’est pas près de régler les dysfonctionnements dans le sport français.


















