Droits TV : La Ligue 1, le championnat qui valait vraiment un milliard d’euros ?
FOOTBALL•Mardi, la Ligue 1 lance son appel d’offres pour les droits TV et vise le milliard d’euros… Et ne veut pas revivre le même scénario qu’avec Mediapro20 Minutes avec AFP
Trois ans après le fiasco Mediapro, diffuseur défaillant et éphémère de la Ligue 1, et après l’arrivée d’Amazon, la LFP remet mardi ses droits TV en jeu. Remise sur pied avec les deux acteurs actuels, le nouveau Amazon et l’historique Canal+, l’instance joue gros avec ce nouveau cycle, qui s’ouvrira avec la saison 2024-25. Nouveauté, la LFP a désormais la possibilité de vendre ses droits pour cinq ans, contre quatre auparavant.
Et contrairement au dernier appel d’offres en 2018, composé de sept lots, l’instance devrait largement simplifier son offre, selon RMC et L’Equipe : un lot « premium » composé des trois rencontres phares de chaque journée, et un second avec les six autres. Sans compter le lot d’incertitudes. Qui se positionnera ? Amazon, Canal+, BeIN, Apple, DAZN…
Et si l’appel d’offres tournait au vinaigre ?
« Les droits n’ont pas de valeur en soi, le facteur essentiel reste la concurrence entre les opérateurs, explique le spécialiste des droits TV du sport Pierre Maës, auteur de La ruine du foot français (FYP, 2022). Or, en regardant l’environnement mondial, ces acteurs qui font des offres comme des cow-boys se font de plus en plus rares, ils sont moins nombreux et plus raisonnables. »
Quid des ambitions élevées de Vincent Labrune, président de la LFP, qui « vise aux alentours du milliard d’euros » annuel (L’Equipe en juin) ? « C’est un peu plus une méthode Coué qu’une approche rigoureuse du contexte, ce milliard est assez illusoire », balaie Pierre Maës. Un montant qui rappelle forcément 2018, quand un acteur surprise était sorti du chapeau. Mediapro avait raflé les lots principaux pour 800 millions et le total s’élevait à 1,153 milliard d’euros annuel. Une chimère : Mediapro, défaillant, quittera en 2020 la scène française.
Mais l’échec de l’appel d’offres demeure un scénario « très probable », selon Pierre Maës. L’expert évoque l’exemple de l’Italie, où la procédure a été infructueuse, « faute d’offre suffisante » pour la Serie A, qui se retrouve à négocier de gré à gré avec les candidats intéressés. Réponse en octobre.


















