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Affaire Rubiales-Hermoso : Le gouvernement espagnol exige une enquête « urgente et transparente » sur le baiser forcé
FOOTBALL•Le président de la Fédération espagnole de football Luis Rubiales est vivement critiqué de toutes parts en Espagne depuis dimanche, avec ce baiser forcé sur la bouche de la joueuse Jenni Hermoso, lors de la cérémonie de la Coupe du monde féminineJ.Lau. avec AFP
L’affaire Rubiales-Hermoso vient peut-être de vivre un tournant ce mercredi. Le gouvernement espagnol exige en effet une enquête « transparente et urgente » à la fédération nationale de football (RFEF), qui est éclaboussée par le baiser forcé de son président, Luis Rubiales, sur la joueuse de la Roja Jenni Hermoso, juste après la finale de la Coupe du monde féminine remportée contre l’Angleterre (1-0). La pression monte donc encore d’un cran sur le dirigeant de 46 ans, qui essuie une pluie de critiques internationales après avoir embrassé de force et sur la bouche l’attaquante de 33 ans devant les caméras, dans la foulée du premier sacre mondial de l’Espagne, dimanche à Sydney.
Secrétaire d’Etat espagnol aux sports et président du Conseil supérieur des sports (CSD), Victor Francos a déclaré que le Conseil prendrait des mesures si la RFEF ne le faisait pas, et qu’il pourrait porter l’affaire devant le Tribunal administratif des sports en Espagne. « J’imagine que les personnes compétentes vont s’entretenir avec les deux parties concernées et faire un rapport », a-t-il indiqué ce mercredi à la radio Cadena Ser.
Assemblée générale extraordinaire de la fédé espagnole vendredi
« J’ai personnellement fait savoir à la fédération que ce rapport doit être transparent et urgent. Car s’il ne l’est pas, nous serons évidemment obligés de prendre les mesures complémentaires correspondantes », ajoute Victor Francos. La RFEF a elle-même annoncé mardi soir qu’en raison du « caractère d’urgence », elle tiendrait vendredi une assemblée générale extraordinaire consacrée à ce baiser forcé.
L’affaire est remontée jusqu’au Premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a qualifié mardi le geste du président de la RFEF d'« inacceptable », et ses excuses d'« insuffisantes et inappropriées », tout en se gardant d’appeler à la démission, contrairement à d’autres ministres. Plusieurs personnalités du football ont également condamné ce baiser forcé, comme l’attaquante américaine Megan Rapinoe.
« Un profond niveau de misogynie et de sexisme »
Dans une interview accordée mardi au mensuel américain The Atlantic, la joueuse la plus médiatisée au monde s’est montrée cinglante : « Dans quel monde à l’envers vivons-nous ? Sur la plus grande scène, où l’on devrait célébrer, Jenni doit être agressée physiquement par ce type ». Megan Rapinoe a ainsi dénoncé « un profond niveau de misogynie et de sexisme ».
La numéro trois du gouvernement, la communiste Yolanda Diaz, a indiqué ce mercredi que son parti, Sumar, allait également saisir le CSD. « Ça ne m’a pas plu, hein ! », avait réagi la numéro 10 espagnole dans le vestiaire, lors d’un direct diffusé sur Instagram. Elle avait plus tard expliqué, dans des déclarations transmises à la presse par la RFEF, qu’il s’agissait « d’un geste mutuel totalement spontané en raison de l’immense joie que procure la victoire en Coupe du monde ». De son côté, Luis Rubiales avait initialement balayé ces critiques, avant de s’excuser dans une vidéo. Sans convaincre grand monde jusque-là donc.


















