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« Je suis trop honnête », Lloris à propos des tirs au but face à l’Argentine

Equipe de France : « Des choses que je ne sais pas faire », Lloris revient sur les tirs au but face à l’Argentine

FOOTBALLLe gardien tricolore a annoncé sa retraite internationale quelques semaines après une finale de Coupe du monde perdue douloureusement aux penaltys
Julien Laloye

J.L.

Ce qui s’appelle raccrocher avec classe. Alors qu’il aurait pu tranquillement continuer jusqu’à l’Euro 2024 au vu de son niveau démentiel au Qatar, Hugo Lloris a choisi de mettre un terme à sa carrière internationale après 145 sélections et sept phases finales de grande compétition avec les Bleus, « fier d’avoir tout donné » comme il l’explique dans une longue interview accordée à l’Equipe : « Je n’ai pas envie d’attendre le moment où je commencerai à en faire un peu moins. Je préfère sortir en étant toujours en haut, après avoir aidé l’équipe de France à arriver en finale de Coupe du monde. Je ne peux pas avoir de regrets après avoir joué 145 matchs, sept grandes compétitions, et avoir gagné une Coupe du monde : je me sens privilégié ».



« Faire l’idiot dans le but, je ne sais pas faire »

Le meilleur gardien de l’histoire des Bleus, en tout cas le plus décisif en phase finale sur la durée, en a profité pour revenir sur un traumatisme douloureux : son impuissance dans l’exercice des tirs au but, encore constatée face à l’Argentine en finale. « D’une manière générale, je n’ai pas été beaucoup en réussite dans ma carrière dans cet exercice. En fait, il y a des choses que je ne sais pas faire. Faire l’idiot dans le but, déstabiliser ostensiblement l’adversaire en jouant avec la limite, je ne sais pas le faire. Je suis trop rationnel, trop honnête pour aller sur ce terrain-là. Je ne sais pas gagner comme ça, même si je n’avais vraiment pas envie de perdre comme ça, non plus »

Comme après la Suisse à l’Euro 2021, Lloris, qui ne veut pas accabler Emiliano Martinez pour autant - « il a été assez jugé comme ça » - tient aussi à assurer qu’il connaissait les habitudes des tireurs argentins sur le bout des doigts et livre aussi une piste intéressante pour le futur : « Tu as beau avoir tout analysé chez les tireurs argentins, il y a d’autres données, aussi. Quand les Argentins se présentent, il n’y a que des gars qui tirent les penalties en club. Chez nous non, à part Kylian. Quand tu vois Dybala qui rentre, Lautaro Martinez, tu sais pourquoi. Dybala, il ne frappe jamais au milieu, et cette fois il la met au milieu, et elle passe à ça de mon pied… »

« Karim était un atout majeur »

Le portier de Tottenham répond enfin aux mauvaises langues qui prétendent qu’il n’a pas vu d’un mauvais œil le départ de Benzema au début de l’aventure, sur un ton assez appuyé : « Il y a beaucoup de choses qui ont été dites, et qui sont soit mensongères, soit ridicules : l’ambiance était très bonne avant son départ, et très bonne après, et elle s’est très normalement amplifiée grâce à notre parcours et à l’euphorie. Mais on aurait tous préféré que le Ballon d'Or, quand on voit ce qu’il a apporté depuis son retour, puisse être avec nous. C’est quand même un atout majeur ! Dire qu’on aurait poussé pour qu’il parte, c’est complètement faux ».