FFF : « Je n’ai jamais harcelé personne »… Noël Le Graët dément les accusations portées contre lui

FOOTBALL Accusé de harcèlement sexuel et de comportements inappropriés par de nombreuses femmes, le président de la FFF rejette tout en bloc et parle de « rumeurs »

20 Minutes avec AFP
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Noël Le Graët rejette en bloc les accusations portées à son encontre ces dernières semaines.
Noël Le Graët rejette en bloc les accusations portées à son encontre ces dernières semaines. — Christophe Ena

Acculé de toutes parts depuis plusieurs semaines, le président de la Fédération Française de football, Noël Le Graët, est enfin sorti du bois chez nos confrères du Parisien pour donner sa version des faits sur les nombreuses affaires qui l’entourent, lui et la 3F. Interrogé sur les accusations de harcèlement sexuel envers d’anciennes salariées de la FFF, il contre-attaque. « Ce ne sont pas des accusations mais des rumeurs qu’on fait circuler sur la base de témoignages anonymes. Je démens totalement et fermement. Je n’ai jamais harcelé personne. Je n’ai pas d’avantage envoyé de SMS », tonne-t-il.

Sur la foi de témoignages anonymes, plusieurs médias ont en effet épinglé le comportement du dirigeant breton ces dernières semaines : le magazine So Foot a évoqué en septembre l’envoi supposé par Le Graët de SMS à caractère sexuel à des employées, tandis que Radio France a rapporté en octobre plusieurs témoignages d’ex-salariées l’accusant de « harcèlement » et de comportements « inappropriés ».



Le Graët dénonce une cabale contre lui et la FFF

Quand on lui demande s’il se sent victime d’une cabale, le Costarmoricain répond qu’il a « la faiblesse de le penser ». « Je n’ai jamais eu le moindre geste déplacé de toute ma vie envers une femme ! Je ne peux pas regretter des choses que je n’ai pas faites. Après, je comprends bien qu’aujourd’hui, on ne peut plus complimenter une femme ou un homme pour son élégance, son sourire, les inviter à un déjeuner pour travailler… Parce que, sorti de leur contexte, exploités par des tiers, ce compliment, cette attention et cette manière de travailler peuvent devenir une arme que l’on peut retourner contre vous, pour vous nuire », poursuit-il.

La Fédération fait par ailleurs l’objet depuis quelques jours d’une mission d’audit et de contrôle diligentée par le ministère des Sports pour éclaircir notamment les pratiques managériales de la FFF en matière de violences sexistes et sexuelles. Ses conclusions sont espérées « en début d’année 2023 », selon une source proche de l’instance. « Il n’y a aucune affaire cachée d’agressions ou de harcèlements sexuels à la FFF », a assuré Le Graët, répétant n’avoir « rien dissimulé ». L’audit ministériel « sera l’occasion de montrer que la FFF ne fait pas rien, notamment en matière de contrôle d’honorabilité des encadrants dans les clubs », a ajouté le dirigeant.

Le Qatar, les Droits humains et l’avenir de Deschamps

Sur le sujet du respect des droits humains au Qatar, hôte du Mondial 2022, Noël Le Graët a par ailleurs reconnu avoir commis « une vraie maladresse » lorsqu’il avait réagi avec désinvolture aux images de l’émission de France Télévisions Complément d’enquête montrant les conditions de vie de travailleurs sous-traitants de l’hôtel des Bleus au Qatar.

« Ce n’est pas insoluble ça, ce sont des coups de peinture », avait lancé le patron du foot français devant les caméras de France 2. Mercredi, auprès du Parisien, il a rappelé qu’il ne « ferme pas les yeux » là-dessus, ajoutant qu’une délégation fédérale s’était rendue ces derniers jours dans l’émirat pour une mission de contrôle.

Quant à son avenir, l’ancien maire de Guingamp a été clair sur son souhait d’aller au bout de son mandat à la FFF, qui court jusqu’à fin 2024. « Quand on vous confie un mandat, il faut le respecter », a-t-il confirmé. Concernant l’avenir du sélectionneur Didier Deschamps au-delà de la Coupe du monde, Le Graët s’est montré fidèle à sa ligne directrice. « S’il remplit sa mission (qualification en demi-finale minimum) et souhaite poursuivre après le Mondial, il sera prioritaire », a-t-il répété.