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Qui est le plus mal en point entre les Girondins de Bordeaux et l’ASSE ?

Girondins de Bordeaux - ASSE : Quel club historique de Ligue 1 est le plus mal en point pour ce sommet de la peur ?

FOOTBALLActuellement relégables, les Bordelais (19es) accueillent ce mercredi (19 heures) des Stéphanois (17es) à peine mieux lotis. « 20 Minutes » départage les deux camps avec l’aide de Didier Tholot, ancien attaquant de ces deux clubs majeurs de notre Ligue 1
Clément Carpentier et Jérémy Laugier

Clément Carpentier et Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Les Girondins de Bordeaux (19es) jouent très (très) gros ce mercredi (19 heures) en affrontant un concurrent direct pour le maintien en Ligue 1, l’AS Saint-Etienne (17e).
  • Enlisés au-delà de la 15e place depuis le début du championnat, ces deux gros clubs historiques de notre championnat sont clairement en danger.
  • A six journées de la fin, 20 Minutes les compare avec comme juge impartial Didier Tholot, ancien attaquant des Verts puis des Girondins dans les années 1990.

Le 18 septembre, on s’interrogeait déjà à 20 Minutes, avant le match aller dans le Chaudron : lequel de ces clubs phares allait être le plus en danger quant à son maintien en Ligue 1 ? Sept mois plus tard, on retrouve les Girondins de Bordeaux (19es) et l’AS Saint-Etienne (17e), comme on le pressentait, pour un match de la peur, ce mercredi (19 heures), à six journées de la fin du championnat.

Nous n’étions pas les seuls à avoir une boule de cristal inspirée concernant les (non) ambitions bordelaises et stéphanoises, puisque l’AFP a titré à l’identique ses dépêches avant l’aller et le retour : « Monuments historiques en péril ». Ancien attaquant des Verts (de 1991 à 1993) et des Girondins (de 1995 à 1997), Didier Tholot nous aide à déterminer, en quatre catégories, qui a le plus le profil pour éviter de couler en Ligue 2 le mois prochain.

Le coach : avantage Saint-Etienne

Les quatre points de différence entre les deux équipes se situent en grande partie ici. C’est-à-dire sur le changement d’entraîneur réalisé en cours de saison. Si le remplacement de Claude Puel par Pascal Dupraz est plutôt une réussite, celui de Vladimir Petkovic par David Guion l’est beaucoup moins. Depuis son arrivée, l’ancien héros du Téfécé en est à 1,21 point par match en moyenne, alors que son homologue bordelais n’affiche que 0,75 point, avec une seule petite victoire en huit matchs. Le choc psychologique n’a tout simplement pas eu lieu en Gironde.

Pascal Dupraz, ici le mois dernier lors d'un match de Ligue 1 contre Troyes.
Pascal Dupraz, ici le mois dernier lors d'un match de Ligue 1 contre Troyes. - Mourad ALLILI/SIPA

Bons derniers de Ligue 1 avec 12 points en 17 journées début décembre, les Verts ne sont aujourd’hui plus relégables, ni même barragistes. En plus d’avoir su relancer un Denis Bouanga au fond du trou pendant plus d’un an avec Claude Puel, Pascal Dupraz a remobilisé tout un groupe, qui n’a subi en 2022 qu’une seule déroute absolue en L1, à Lorient (de 0-2 à 6-2). Pendant ce temps-là, David Guion n’a pas réussi à sortir les Girondins de la zone rouge. Pire, ses joueurs sont même désormais un peu décrochés dans cette course au maintien, et dos au mur ce mercredi après la nouvelle fessée subie dimanche à Lyon (6-1).

L’avis de Didier Tholot : « Clairement, c’est avantage Dupraz jusqu’à maintenant. Il a pris beaucoup plus de points que Guion depuis son arrivée au club. Il y en a un qui est plus sur l’affect (Dupraz) et l’autre plus sur le jeu (Guion). Aujourd’hui, c’est avec le premier que ça marche le mieux. Il a aussi plus d’expérience dans les opérations maintien en Ligue 1, avec l’ETG et Toulouse. Mais David Guion reste un bon coach et il peut tout à fait inverser la tendance ».

Les joueurs : (Léger) avantage Saint-Etienne

Sur le terrain, ce match de la peur est plus serré que sur le banc, même si là aussi, la dynamique semble être stéphanoise. L’indispensable Wahbi Khazri vient d’effectuer son retour, et sa doublette avec Denis Bouanga (4 buts et 4 passes décisives sur les 8 derniers matchs) pourrait bien faire des étincelles en cette fin de saison. Même Mahdi Camara, en grandes difficultés jusque-là, a inscrit le premier doublé de sa carrière samedi contre Brest (2-1), 11 jours après avoir été sanctionné par la direction du club pour une bagarre avec un gardien de l’équipe réserve. Probant renfort du mercato hivernal, Paul Bernardoni a effectué dans ce même match clé, au bout du temps additionnel, LA parade qui a permis aux Verts de quitter leur place de barragiste. Avec une colonne vertébrale à ce niveau, l’ASSE présente des garanties que n’ont (actuellement) pas ses concurrents directs.

Pour les Girondins, c’est un coup oui, un coup non. Malgré la perte d’Alberth Elis (blessé au genou), David Guion a peut-être trouvé une bonne formule de remplacement avec Javairo Dilrosun derrière deux attaquants. Seul hic, Hwang sera suspendu ce mercredi, et Mbaye Niang et Sekou Mara semblent en mesure de prendre le relais du Hondurien et du Sud-Coréen. En revanche, derrière, c’est toujours très compliqué, entre un Laurent Koscielny écarté en janvier, un Benoît Costil sur la touche, et des recrues hivernales pas au niveau (Josuha Guilavogui et Marcelo). Autre difficulté pour Bordeaux, l’absence criante de leaders.

Mbaye Niang, qui a eu du mal à exister, dimanche au Parc OL, aura un rôle clé à jouer ce mercredi. JEFF PACHOUD
Mbaye Niang, qui a eu du mal à exister, dimanche au Parc OL, aura un rôle clé à jouer ce mercredi. JEFF PACHOUD - AFP

L’avis de Didier Tholot : « Déjà, les deux équipes ont le même problème, elles prennent énormément de buts (62 pour Sainté, 77 pour les Girondins). Je trouve le potentiel offensif de Bordeaux plus important que celui de Saint-Etienne et ça peut faire la différence. Mais là où les Girondins n’ont aucune constance, les Verts semblent avoir un peu plus de stabilité. Il y a moins de changements dans les compos. Après, le maintien, ça se joue rarement sur le talent, et surtout dans les têtes. »

Le calendrier : avantage Bordeaux

Même si c’est toujours très subjectif de comparer deux calendriers, on est aussi là pour se mouiller un peu. Et comme ça, à première vue, les Girondins semblent avoir l’avantage. Ils ne joueront que Nice comme gros morceau. Ils reçoivent donc l’ASSE mais aussi Lorient, et leurs trois autres adversaires n’auront sûrement plus grand-chose à jouer dans les prochaines semaines en L1, entre Nantes, Angers et Brest. Pour les Verts, on sera plus proche du relief du Massif central que des petites bosses girondines. Après ce déplacement au Matmut Atlantique, les joueurs de Pascal Dupraz vont enchaîner la réception de Monaco, et des déplacements à Rennes et Nice, que des équipes du Top 6. Avant deux derniers matchs « plus abordables » contre Reims et à Nantes.

L’avis de Didier Tholot : « Le calendrier est clairement à l’avantage de Bordeaux. Pas forcément sur les six matchs, mais parce que les Girondins vont recevoir Saint-Etienne et Lorient, deux concurrents directs. Ils doivent faire la différence sur ces matchs s’ils veulent se sauver. Pour l’ASSE, c’est plus compliqué avec notamment le triptyque Monaco, Rennes et Nice. »

Les supporteurs : avantage Saint-Etienne

Les supporteurs bordelais et stéphanois ont beau être les meilleurs amis du monde (d’ailleurs, les fans des Verts ont obtenu l’autorisation de faire le déplacement de la part de la préfecture de Gironde), ils ne se feront pas de cadeaux ce mercredi. Sur les bords de la Garonne, les Ultramarines continuent de pousser leurs joueurs (ou plutôt leur club) malgré les résultats sportifs catastrophiques et les affaires extra-sportives. Gérard Lopez, le propriétaire et président des Girondins, fait tout pour maintenir des relations apaisées. Près de 30.000 spectateurs sont attendus ce mercredi pour ce que beaucoup d’entre eux considèrent comme le match de la dernière chance.

Dans le Forez, personne ne lâche non plus, loin de là. Les Verts l’ont notamment constaté contre Metz (1-0), le 6 mars, avec une surprenante affluence de 35.607 spectateurs pour « un match bascule ». Même s’ils étaient nettement moins nombreux la semaine passée face à Brest (27.227), le défenseur de l’ASSE Eliaquim Mangala résume pour 20 Minutes l’apport du 12e homme : « Ça nous a donné plein d’énergies positives de récupérer nos supporteurs, et c’est très compliqué pour nos adversaires de venir dans le Chaudron. Quand on est soudés comme ça avec le public, on sent qu’il ne peut rien nous arriver ». Seul bémol, les Green Angels s’apprêtent à fêter leurs 30 ans contre Monaco samedi, et la cote pour un Chaudron à huis clos (au moins pour son kop sud), lors de la 37e journée devant Reims, est à 1,07 au vu de leur passion pour la pyrotechnie. Or, chaque détail pourrait compter dans ce sprint final.

L’avis de Didier Tholot : « Même si mon cœur est aujourd’hui à Bordeaux, je donne l’avantage aux Verts. Aux Girondins, il y a une cassure entre l’équipe et les supporteurs. Alors qu’à Saint-Etienne, il y a plus de soutien et c’est toujours très compliqué de jouer à Geoffroy-Guichard. Il faut juste faire attention à ce que cette ferveur ne se retourne pas contre eux. Mais l’ASSE a un autre petit avantage, c’est que les gens là-bas ont déjà vécu cette lutte pour le maintien. » Alors au final, qui c’est les plus forts, évidemment c’est les Verts ?