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West Ham-OL : Finalement, ce match nul ramené de Londres est-il un bon résultat pour les Lyonnais ?
FOOTBALL•Anthony Lopes et Peter Bosz ne pouvaient s’empêcher de nourrir des regrets, jeudi soir, après le nul (1-1) obtenu en quart de finale aller de Ligue Europa à LondresJérémy Laugier
L'essentiel
- Les Lyonnais sont rentrés de Londres avec des regrets en soute, au vu du nul (1-1) obtenu jeudi contre des Hammers rapidement réduits à 10.
- L’OL jouera désormais sa place dans le dernier carré de la Ligue Europa, jeudi 14 avril (21 heures) à Décines.
- Il faudra d’ici là que Peter Bosz trouve la solution pour intégrer davantage de vitesse et de créativité afin de prendre à défaut le solide bloc défensif de West Ham, constitué autour de Kurt Zouma.
De notre envoyé spécial à Londres,
« Ce n’est que la semaine prochaine qu’on saura si c’était un bon résultat ou non. » Dans un large sourire, Peter Bosz a délivré jeudi soir en conférence de presse un constat implacable. Pour autant, le scénario et les faits de jeu du match nul (1-1) entre West Ham et l’OL, en quart de finale aller de Ligue Europa, peuvent donner une tendance sur l’équipe qui voit la pinte à moitié pleine après cette première bataille. Dans ce sens, il est impossible de ne pas mentionner d’emblée ce qui avait tout du tournant du match, à savoir l’expulsion dès la fin de la première période d’Arron Cresswell, coupable d’avoir accroché Moussa Dembélé (0-0, 45e+3).
« Quand tu joues une mi-temps à 11 contre 10, il faut gagner, soupire Peter Bosz. Cette situation n’arrive pas souvent, et contre une bonne équipe comme West Ham, il faut savoir en profiter. Surtout quand tu as dominé la première période comme on l’a fait. » A écouter l’entraîneur néerlandais, il ne fait guère de doute que ce nul (1-1) a un goût vraiment amer, en raison de cette supériorité numérique trop peu exploitée.
« On a joué avec nos forces et nous voilà encore vivants »
Les chiffres penchent bien entendu nettement côté lyonnais, avec 71 % de possession de balle, 23 tirs à 5 et même 2,5 expected goals à 0,5 d’après Opta. On s’attendait à une opposition de styles et on l’a eue de manière encore plus caricaturale en raison du carton rouge distribué aux Hammers. « Ce n’est pas une bonne performance de notre part mais j’ai aimé notre résilience en deuxième période à 10 contre 11, indique David Moyes. A la mi-temps, j’aurais accepté de finir avec ce résultat de 1-1. »
On peut se demander si ce n’était pas le cas avant la rencontre également, vu comment même à égalité numérique, son groupe n’a pas montré l’envie de sortir d’un plan de jeu minimaliste. « Nous sommes restés tous ensemble, on a joué avec nos forces et nous voilà encore vivants, apprécie sur RMC Sport le gardien tricolore des Hammers Alphonse Areola. En fait, prendre ce carton rouge nous a rendus plus forts après la mi-temps. »
« On aurait pu essayer d’aller inscrire un deuxième but »
On arriverait presque à le croire tant joueurs et London Stadium sont entrés en fusion ensemble après l’ouverture du score inattendue de Jarrod Bowen (1-0, 52e). Et mine de rien, deux minutes avant l’égalisation de Tanguy Ndombele, à la suite d’un travail colossal de Tetê sur le côté droit (1-1, 66e), Michail Antonio a eu une énorme balle de 2-0, sur un délicieux centre de Jarrod Bowen.
« A certains moments, on a été exposés sur des contres, mais nous avons des regrets vu la physionomie du match, confie Anthony Lopes. On avait l’espoir de revenir avec un résultat encore plus positif en vue du match retour [jeudi 14 avril au Parc OL], et on aurait pu essayer d’aller inscrire un deuxième but. » Car le véritable point noir pour les Lyonnais se situe là : ils n’ont quasiment jamais su acculer cette équipe limitée, par du pressing, de l’intensité, de la vitesse ou de la créativité.
« Quand on tombe face à une équipe qui va à la guerre sur tous les ballons… »
Lucas Paqueta et Romain Faivre n’ont pas semblé dans le ton et le véritable tournant de la rencontre a peut-être eu lieu à la 64e minute de jeu, avec les rentrées de Karl Toko Ekambi et Tetê. « Ce sont des vrais ailiers, contrairement à Houssem Aouar et Romain Faivre, acquiesce Peter Bosz. Dans un match à 11 contre 10, c’est vraiment important de jouer sur les côtés et de beaucoup centrer, ce qu’on n’a pas assez fait. On a vu avec le match Manchester City-Atlético de Madrid (1-0) à quel point ce n’est pas facile de jouer contre une équipe si compacte derrière, et ce même quand elle est réduite à 10. » Les percussions des deux entrants ont enfin offert de la variété au jeu lyonnais, qui a trop souvent ronronné jeudi pour déjà faire un plus grand pas vers le dernier carré de la Ligue Europa. Pas vraiment un qualificatif qu’on pourrait accoler aux Hammers.
« On sait que c’est toujours un combat physique quand on vient en Angleterre, résume Anthony Lopes. Quand on tombe face à une équipe regroupée dans l’axe, qui referme les lignes, et qui va à la guerre sur tous les ballons, c’est très compliqué. Je peux comprendre que nos attaquants butent sur des joueurs aussi costauds, qui exploitent les contres du mieux possible. » Nul doute que Declan Rice et ses partenaires s’imaginent piéger encore davantage en contres l’OL, dans six jours dans son antre de Décines. Et cette fois peut-être à 11 contre 11 pendant (au moins) 90 minutes, who knows ?


















