ASSE-RC Lens : Punis par Fofana mais « admirés » par Dupraz, les Verts se remettront-ils de cette « cruelle » défaite ?
FOOTBALL•Longtemps en tête grâce à Ryad Boudebouz, la lanterne rouge stéphanoise a cédé dans les derniers instants, samedi face aux Sang et Or (1-2)Jérémy Laugier
L'essentiel
- La série en cours de revers consécutifs en Ligue 1 monte à six côté stéphanois.
- Malgré 13 absents, l’ASSE a pourtant livré samedi un vrai bon match contre le RC Lens, pas malheureux de l’emporter au bout du temps additionnel (1-2), après avoir longtemps été mené.
- « Elle fait mal, celle-là », reconnaît Timothée Kolodziejczak, capitaine samedi en raison du départ de Wahbi Khazri à la CAN. Car les Verts méritaient mieux, et car la place de barragiste pourrait se trouver à sept longueurs ce dimanche soir.
Au stade Geoffroy-Guichard,
« Il y a deux configurations : ou tu mets le 2-0 et tu les tues, ou tu subis et il se passe ce qu’il s’est passé. » Ryad Boudebouz sait que la 72e minute du match ASSE-RC Lens (1-2) samedi est peut-être l’action qui résume le mieux la saison noire vécue par les Verts (20es) jusque-là. Buteur en première période (1-0, 38e) et dans tous les bons coups, le milieu algérien, exceptionnellement positionné en faux 9, a délivré une sublime balle de break à Lucas Gourna-Douath.
Mais la reprise du jeune Stéphanois a filé au-dessus du but de Jean-Louis Leca, avant une fin de match renversante initiée par un coup de tête de Florian Sotoca sur un corner de Jonathan Clauss (1-1, 77e). « Sur ce corner, on aurait pu être un peu plus concentrés, regrette Ryad Boudebouz. Si on veut gratter des points face à des équipes qui luttent pour l’Europe, il faut progresser à ce niveau-là. »
« On s’est mis dans la merde sur la première partie de saison »
Personne ou presque n’imaginait tout de même cette ASSE privée de 13 joueurs, entre CAN, Covid-19 et blessures, tenir à ce point tête à des Sang et Or de retour vers les places européennes (les revoilà provisoirement 4es). « On s’est beaucoup parlé durant ces deux semaines sans match officiel, confie Mahdi Camara, transfiguré dans le cœur du jeu, où il a longtemps limité le rayonnement de Seko Fofana. On s’est mis dans la merde sur la première partie de saison et il faut qu’on en sorte tous ensemble. »
Ce groupe stéphanois a même montré un panache inattendu en tentant jusqu’au bout d’arracher la victoire, dans un money time débridé et passionnant au possible. À nouveau Lucas Gourna-Douath (88e) puis Ryad Boudebouz (90e+3) ont tour à tour eu une belle opportunité de relancer leur club. Mais n’aurait-il pas mieux valu fermer la boutique pour mettre fin à cette série de cinq revers de rang en Ligue 1 (six désormais donc), plutôt que d’assumer des déséquilibres menant au « coup de génie » de Seko Fofana (dixit Mahdi Camara), au bout du temps additionnel (1-2, 90e+5) ?
« Il faut avoir un peu plus de réflexion, de maturité »
C’est là que plusieurs courants de pensées s’opposent. D’un côté, on trouve Ryad Boudebouz et Mahdi Camara. « Moi j’aime jouer. Il y a 1-1, j'ai envie de prendre les trois points et je veux continuer de pousser. C’était le risque et on n’a pas encore été récompensés ce soir », indique l’ancien Montpelliérain. Pour le capitaine de l’ère Claude Puel, « c’est comme ça, on veut des points, et on voulait aller chercher la victoire dans les derniers instants ».
A l’opposé, on a affaire à un Timothée Kolodziejczak très marqué : « J’aurais volontiers pris ce point parce qu’on a beaucoup souffert en deuxième période. Quand on est moins bien, il faut avoir un peu plus de réflexion, de maturité. Mais c’est compliqué, on a une équipe jeune, qui voulait aller chercher un résultat et qui se fait punir ». Mais au fait, que dit de tout ça Pascal Dupraz, à qui on a attribué une réputation de bétonneur patenté ?
« On perd le fil du match parce qu’on n’a plus d’essence »
L’ancien coach toulousain n’a publiquement rien reproché à ses joueurs : « On perd le fil du match parce qu’on n’a plus d’essence et aussi parce qu’il nous manque beaucoup de monde. Les joueurs sont certes abattus après ce match mais je les ai admirés ce soir ». Une quasi-déclaration d’amour qui constitue un des rares motifs d’espoir pour le maintien dans l'élite du groupe stéphanois (2 succès en 20 matchs de Ligue 1, et peut-être 7 points de retard sur le barragiste ce dimanche soir). Ryad Boudebouz résume l’apport de Pascal Dupraz, au-delà de l’aspect comptable.
« Il a redonné la confiance à beaucoup de joueurs. On a vu ce soir qu’on était plus solides. On travaille chaque jour notre cohésion tactique. On s’est mis le cul par terre et j’espère que ça va payer parce qu’aucun joueur ne triche. C’est avec des performances comme celle-ci qu’on va gagner des matchs. On fait tous beaucoup d’efforts et on mérite qu’une série positive démarre face à Lyon. » »
« On va passer un week-end de merde »
Car comme si la pression d’une place de lanterne rouge sur le point d’être larguée par ses concurrents directs ne suffisait pas, l’ASSE va se coltiner un derby au Parc OL vendredi prochain (21 heures). Cette « cruelle » défaite (dixit Mahdi Camara) sera-t-elle digérée d’ici-là ? « Elle fait mal, celle-là, reconnaît Timothée Kolodziejczak. Nous sommes passés par tous les états et ça reflète un peu notre saison. On va passer un week-end de merde, mais lundi, il faudra repartir la tête à l’endroit pour préparer ce derby. J’espère que ça va tourner en notre faveur. » Il serait temps, déjà qu’une stat' glaçante rappelle qu’aucun club ne comptant que 12 points en L1 après 20 journées ne s’est sauvé à la fin de la saison. Le recordman de titres dans l’élite peut-il devenir l'exception ?
« Bien sûr qu’on est obligé d’y croire encore, martèle Mahdi Camara. On sait que le peuple vert y croit et on va tout faire pour sauver ce club magnifique. » Même côté lensois, on a l’impression que certains étaient presque gênés d’avoir enfoncé encore un peu plus ce monument du football français. « On a vu qu’ils se sont battus jusqu’au bout, et aujourd’hui, ils méritaient de gagner », a ainsi avoué Seko Fofana, aussi fair-play que clutch samedi. Il ne sera pas question de mérite vendredi au Parc OL, seulement de points à arracher pour éviter un échec retentissant en fin de saison, d’un côté comme de l’autre.


















