PSG - Monaco : Mbappé, l'assurance tous risques de Mauricio « l'autruche » Pochettino

FOOTBALL La nouvelle perf XXL de Mbappé contre Monaco a de nouveau permis au PSG de l’emporter, et à son coach de se cacher derrière les résultats pour masquer les failles dans le jeu

Aymeric Le Gall
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Le débrief express de PSG-Monaco (2-0) — 20 Minutes
  • Le PSG s’est imposé contre Monaco (2-0), dimanche soir au Parc des Princes, grâce à un doublé de Kylian Mbappé.
  • Auteur de son 99e et 100e but avec Paris en L1, Kyky est plus que jamais l’homme providentiel du PSG cette saison.
  • Mais la performance XXL du Français masque à nouveau les failles - béantes – du jeu parisien et les manques de son entraîneur Mauricio Pochettino.

Au Parc des Princes,

Une standing ovation et un gros câlin, c’était le minimum syndical que Mauricio Pochettino pouvait offrir à Kylian Mbappé après son nouveau match de cochon, dimanche soir, contre Monaco au Parc des Princes. Comme mardi,  contre Bruges en Ligue des champions, le numéro 7 a encore dû se dépatouiller tout seul comme un grand pour offrir au PSG et à son coach une quatorzième victoire en dix-huit rencontres de championnat et leur éviter une nouvelle rafale de commentaires désobligeants. Encore que, ils ne vont pas y couper pour autant, mais restons d’abord sur le kid de Bondy. Auteur de son 99e et 100e pions en Ligue 1 sous le maillot parisien, Mbappé a reçu un hommage aussi mérité qu’appuyé de la part de l’entraîneur monégasque.

« C’était plus simple quand il jouait avec Monaco, a d’abord plaisanté Kovac en conf d’après-match. Aujourd’hui, Mbappé c’est un top 3 mondial. Je pense qu’il gagnera pas mal de ballons d’or à l’avenir car Messi et Ronaldo ne sont pas éternels. C’est le joueur qui fait la différence au PSG, on l’a encore vu à Lens la semaine dernière [avec une passe dé pour Wijnaldum dans les arrêts de jeu]. Il a tout, la vitesse, la technique, la puissance, c’est impossible de défendre sur lui en un contre un. Mais quand vous défendez à trois dessus, ça offre des espaces pour les autres… S’il continue comme ça et qu’il ne se blesse pas, il va aller… (il lève les yeux au ciel)… Le plafond ! ».

Kovac a raison, Mbappé est bien l’homme providentiel du PSG. Et de son entraîneur est-on tenté d’ajouter. Car sans ses fulgurances, qu’en serait-il de Pochettino aujourd’hui ? On pense notamment à des matchs importants comme Lyon (2-1)  ou Leipzig (3-2) au Parc des Princes, qui auraient vite pu jeter le trouble sur l’Argentin si Kyky n’était pas venu lui sauver la mise.

A Paris, le temps passe et les maux restent

Face à une vaillante équipe monégasque, mais qui ne ressemble plus du tout à la belle machine huilée qui était venue donner la leçon aux Parisiens la saison passée, le PSG a de nouveau affiché un visage sinon risible, du moins préoccupant. Dans le fond de jeu ? Du vide, du vide et encore du vide. Pris à la gorge d’entrée, les Rouge et Bleu n’ont d’ailleurs dû leur salut qu’à une frappe de Diop sur le poteau et un très bon Gigio Donnarumma dans les buts. Avant que Mbappé ne se charge donc de plier l’affaire en première période, sur péno d’abord, sur un enroulé du droit – qui fait désormais office de marque de fabrique – ensuite. Pour le reste, ce match contre Monaco n’était qu’un vulgaire copié-collé de ce que l’on voit depuis le début de la saison, à tel point qu’on ne sait plus vraiment quoi écrire après les rencontres du PSG.

C’est visiblement un problème que ne se pose pas Mauricio Pochettino. L’entraîneur argentin persiste en effet chaque semaine à nous rabâcher que son équipe progresse. Comme si, au fond, c’était lui et lui seul qu’il tentait de convaincre coûte que coûte. Nouvelle preuve de déni, dimanche, dans l’auditorium du Parc après la victoire : « Peut-être que le rendement de Bruges était meilleur mais la performance reste sérieuse, professionnelle et la victoire est méritée. On progresse doucement, pas à pas. On a une équipe spéciale, avec un effectif particulier, mais on progresse dans les domaines que l’on a ciblés. Avec les joueurs de talent qu’on a, avec le travail qu’on effectue, on fait tout pour être prêt pour les rendez-vous de février et mars. »

Pochettino, où l’art de refuser l’évidence

Et quand un journaliste espagnol lui demande habillement de quantifier ces fameuses petites choses, l’ancien manager des Spurs bégaye. « C’est parfois dur de mesurer ces améliorations car elles se font petit à petit. Mais il y a eu plein de choses positives, a-t-il assuré. On a récupéré plein de ballons hauts, on a été compact, on a réduit les espaces, il nous manque juste de maintenir ça sur un match entier, mais peu d’équipes sont capables de faire ça aujourd’hui en Europe. » A nouveau relancé par un confrère sur les manques récurrents affichés par son équipe, « Poché » a alors pris le temps de détailler les résultats des grosses équipes du continent ce week-end pour étayer son propos.

Silence, ça tourne : « Il n’y a pas d’équipe en Europe qui domine pendant 90 minutes. On l’a vu hier avec City qui a eu du mal, Liverpool qui a gagné sur péno, Chelsea qui s’impose sur le fil, idem pour Manchester à Norwich. Le Bayern qui gagne de justesse après avoir été mené contre Bochum à domicile. » S’il est vrai que certains cadors du continent s’en sortent parfois de justesse, 1. Ça n’arrive pas tous les week-ends et 2. Il faut tout de même avoir les chevilles solidement ancrées au sol pour oser comparer le style de jeu de City, de Liverpool ou du Bayern à celui de son PSG. On a d’ailleurs du mal à imaginer que, du côté de Doha, on se satisfasse aussi des pirouettes verbales du coach face à la faiblesse de cette équipe depuis le début de la saison, Mbappé ou non.