Leipzig-PSG : Même en jouant sale, le PSG s’en sort encore et toujours (mais jusqu’à quand ?)

FOOTBALL Auteur d’une nouvelle prestation énigmatique, le PSG a malgré tout réussi à ramener un point de son déplacement à Leipzig, après avoir frôlé la catastrophe en début de match

Aymeric Le Gall
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Les Parisiens ont décroché le nul à Leipzig malgré une nouvelle prestation d'ensemble décevante.
Les Parisiens ont décroché le nul à Leipzig malgré une nouvelle prestation d'ensemble décevante. — Ronny HARTMANN / AFP
  • Sauvé par son gardien sur péno en début de partie, Paris est réussi à renverser miraculeusement la table avant de se faire rejoindre en fin de rencontre face à Leipzig.
  • Malgré des difficultés flagrantes dans le jeu, les Parisiens ont encore réussi à s’en sortir grâce à leurs individualités. Mais jusqu’à quand cela peut-il durer ?

Gagner moche mais gagner, et si c’était ça, au fond, le véritable style de jeu de ce PSG ? Bon, mercredi, contre Leipzig, les Parisiens ont fait une entorse au règlement en concédant l’égalisation sur péno après une faute de pachyderme de Kimpembe sur Nkunku en fin de match. Il n’empêche : comme souvent ces derniers temps, les Parisiens donnent l’impression de dégoûter leurs adversaires, souvent dominateurs mais (presque) toujours battus à l’arrivée.

En conférence de presse, Jesse Marsch avait un drôle de goût en bouche après le match nul arraché par ses joueurs : « Nous avons bien joué dès le début en marquant tôt. Mais, en loupant ce penalty, cela a changé la situation et le PSG est revenu. Ce n’est pas facile, nous avons été meilleurs que le PSG mais, malheureusement, nous n’avons récolté qu’un point. »

Des propos qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de Jocelyn Gourvennec, pas plus tard que vendredi dernier après la victoire renversante du PSG contre Lille. « C’est un match qu’on doit mener 2-0 et c’est là-dessus que cela s’est joué car on sait très bien qu’avec Paris, ce n’est jamais fini. Mais c’est vraiment très difficile de se dire qu’on repart avec zéro point. J’ai l’impression d’être à la même place que l’entraîneur de Leipzig, d’Angers ou de Lyon : on est venus pour jouer, on l’a bien fait et ce n’est pas payant… »

Et à la fin, c’est Paris qui revient

Attendu au tournant après des prestations d’ensemble frisant parfois le néant, Paris a pris un bouillon d’entrée de jeu, subissant à la fois le pressing et les projections incessantes des joueurs de Leipzig, jusqu’à cette perte de balle fatale de Di Maria pour l’ouverture du score de Nkunku (pour changer…). Pendant une demi-heure, le PSG s’est fait trimballer dans tous les domaines comme ce fut déjà le cas contre Lille six jours plus tôt.

Il n’a dû sa survie qu’à un arrêt de Donnarumma après un péno (mal) tiré par André Silva. « On a eu beaucoup de mal à entrer dans le match. On était nerveux. L’équipe de Leipzig avait beaucoup d’énergie, elle nous a posé des problèmes », a admis Pochettino en conf après le match. On leur a rendu les choses trop faciles, concédait pour sa part Georginio Wijnaldum au micro de RMC. On doit vraiment s’améliorer dans le contrôle du match. » On connaît la rengaine.

Mais comme toujours cette saison, le PSG n’a guère besoin de se sublimer pour faire refaire son retard. C’est même devenu sa marque de fabrique. Au milieu de l’apathie générale, un éclair de lucidité d’un Neymar retrouvé : Le Brésilien descend arracher le ballon dans les pieds allemands, remonte le terrain, s’appuie sur Di Maria et sert parfaitement Mbappé qui n’a plus qu’à centrer pour Wijnaldum plein axe.

Vingt minutes plus tard, c’est Marquinhos de la tête qui vient servir le Hollandais pour le but du 2-1. A l’arrivée, et sans trop savoir comment, Paris a à nouveau renversé la situation dans un match sacrément mal embarqué.

Le caractère pour masquer les carences

Mauricio Pochettino​ appelle ça « du caractère, de la résilience ». Ça et les résultats, c’est un peu ce qui reste à l’Argentin pour masquer le vide intersidéral dans le jeu de son équipe. En conférence de presse, l’entraîneur parisien a salué à nouveau « le sens du sacrifice de son équipe », à partir duquel « on peut construire des choses ». Mercredi soir, pourtant, l’impression d’ensemble laissée par son équipe était loin de rassurer les plus sceptiques.

Paradoxalement, le PSG aurait quand même pu terminer la rencontre avec un ou deux buts de plus si Mbappé n’avait pas croqué par trois fois son duel avec Gulacsi. Car on peut lui reprocher tout ce qu’on veut, avec des joueurs comme Neymar ou Mbappé, ce Paris-là reste une arme létale sur les phases de transitions et de contre-attaque. Comme à Barcelone ou au Bayern l’an passé, les hommes de Mauricio Pochettino ont bien compris qu’à défaut de jouer en équipe, leur salut passerait par là. Mais jusqu’à quand Paris pourra-t-il jouer les funambules ? Jusqu’ici tout va bien…