Iran : La fédération demande au Parlement d'autoriser la présence des femmes dans les stades

FOOTBALL Le Parlement iranien étant largement dominé par les ultraconservateurs et les dignitaires religieux, cette demande a malheureusement peu de chances d’aboutir

A.L.G. avec AFP
— 
La dernière fois que des femmes ont pu entrer dans un stade de foot en Iran, c'était le 10 octobre 2019, une éternité.
La dernière fois que des femmes ont pu entrer dans un stade de foot en Iran, c'était le 10 octobre 2019, une éternité. — ATTA KENARE / AFP

La fédération iranienne de football a demandé au Parlement d’adopter une loi autorisant la présence de spectatrices dans les stades, ce qui est interdit jusqu’à présent, a affirmé son secrétaire général Hassan Kamrani Far. « Un projet de loi a été adressé par la Fédération iranienne de football à l’Assemblée nationale islamique. Une fois approuvée, la présence des femmes sera autorisée », a-t-il indiqué lors d’une réunion jeudi soir et dont les propos sont rapportés par l’agence Tasnim.

Problème, le Parlement est largement dominé par les ultraconservateurs et les dignitaires religieux qui se sont jusqu’alors opposés à une telle présence. Depuis la Révolution islamique de 1979, les Iraniennes se sont vues refuser l’accès aux stades, officiellement pour les protéger de la grossièreté masculine.

Octobre 2019, une première sans lendemains

La FIFA fait pression depuis des années pour que l’Iran ouvre ses stades aux femmes, mais Téhéran n’avait jusqu’à 2019 autorisé qu’en de rares occasions un nombre limité d’entre elles (au maximum un millier de supportrices en novembre 2018) à assister à quelques rencontres.

En octobre 2019, elles avaient pu exceptionnellement assister au match, dans le stade Azadi de Téhéran, de l’équipe masculine iranienne face au Cambodge en rencontre éliminatoire pour le Mondial 2022. Début octobre, les femmes ont espéré retrouver le chemin des gradins à Téhéran pour le match de qualification contre la Corée du Sud, mais celui-ci s’est finalement joué à huis clos sans explication de la fédération.