Bordeaux – Nantes : Le nul est-il pour Vladimir Petkovic (et son changement trop lent) ?

FOOTBALL Les Bordelais ont encaissé l’égalisation nantaise alors qu’ils se trouvaient à dix sur le terrain

Clément Carpentier
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Vladimir Petkovic, le coach des Girondins de Bordeaux.
Vladimir Petkovic, le coach des Girondins de Bordeaux. — PASCAL GUYOT / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux ont concédé un nouveau match nul à domicile face à Nantes (1-1) lors de la 10e journée de Ligue 1.
  • Les joueurs de Vladimir Petkovic ont vu les Nantais égaliser alors qu’ils étaient à dix car aucun joueur n’était disponible pour remplacer Hwang, blessé.
  • Si le coach suisse est forcément fautif de cette erreur, il n’a pas aidé par ses joueurs sur le coup. Ils ont craqué sur la première attaque nantaise en supériorité numérique.

On est prêt à mettre notre main à couper que cela ne lui a pas échappé. Venu célébrer comme il se doit les 140 ans du club dans un stade plein à craquer (40.000 spectateurs), Aimé Jacquet a dû tout de suite remarquer que ces Girondins avaient encaissé l’égalisation du FC Nantes (1-1) alors qu’ils jouaient à dix depuis quelques minutes. C’est le genre de détails, au très niveau, qu’un ancien entraîneur champion du monde ne manque pas. Et qui a fait perdre ce dimanche deux points de plus à une équipe bordelaise qui n’avait pas besoin de ça après un début de saison déjà compliqué.

Résultat des courses, toujours aucune victoire à domicile cette saison en cinq matchs, un bilan comptable de plus en plus famélique (huit points en dix rencontres) et surtout, encore une place de perdue au classement (17e). Alors ce nouveau match nul est-il la faute de Vladimir Petkovic, l’entraîneur des Marine et Blanc ?

  • Rappel des faits

On joue la 71e minute de jeu, Ui-jo Hwang qui vient d’ouvrir le score d’une magnifique frappe du droit se blesse de façon anodine à la cheville (entorse). A 71’30'', il s’écroule et se tord de douleur au sol. Très vite, il est difficile d’imaginer le Coréen reprend, le staff médical confirme le changement au bout de quarante secondes (72’19''). Mais, personne n’est prêt à rentrer tout de suite. Il se passe encore près d’une minute (précisément, 50 secondes) avant que Hwang quitte le terrain (73’10''). Pourtant, là encore aucun remplaçant n’est prêt à faire son entrée en jeu ! Le match se poursuit donc à dix pour les Girondins. Première possession en supériorité numérique des Canaris, égalisation de Chirivella à 74’06''. Au final, il se sera écoulé deux minutes et trente-six secondes avant de voir Mbaye Niang faire son entrée en jeu… pour l’engagement.

Oui car personne n’était prêt sur le banc

A une certaine époque, celle de Paulo Sousa pour ne pas la nommer, cela aurait fait disjoncter le Portugais. On se rappelle notamment de sa colère à propos de Samuel Kalu, pas prêt à faire son entrée sur le terrain lors d’un match. Vladimir Petkovic n’est pas le premier venu. L’ancien sélectionneur de la Nati sait qu’il est en partie responsable de cette erreur. Il a abordé de lui-même le sujet après la rencontre :

« On a pris un but lorsque l’on était à dix et dans les moments difficiles, quand on ne gagne pas souvent, tous les petits détails sont un poids et travaillent contre nous. »

Sauf que ce n’est pas la première fois depuis le début de la saison que le staff piétine sur un remplacement de ce genre où il faut aller très vite. Ce dimanche, les Girondins ont fini par le payer.

Vladimir Petkovic peut aussi s’en vouloir sur son coaching. La sortie d’Adli pour Fransergio a déséquilibré son milieu de terrain et le but nantais vient de cette zone du milieu, à gauche, mal défendu. Sans oublier que les entrées de Kalu, Elis et Niang n’ont absolument rien apporté. D’ailleurs, le Suisse les a un peu pointés du doigt avant de se rattraper : « Je ne suis pas déçu de la rentrée des remplaçants mais on a vu qu’il manque quelque chose, ça peut arriver, on a encore besoin de temps. »

Non car les joueurs auraient pu faire beaucoup mieux pour l'aider

Mais ce fait de jeu ne peut pas être imputable qu’à Petko ! Déjà sur le déroulé, s’il n’a pas réussi à faire rentrer un joueur au moment de la blessure du Coréen, il l’a fait dès le premier arrêt de jeu. Malheureusement pour les Marine et Blanc, c’était déjà trop tard. Ensuite, ce n’est pas de sa faute si Otavio manque d’agressivité au milieu de terrain, que Mangas laisse centrer Corchia et qu’aucun de ses défenseurs ne coupe la trajectoire de celui-ci sur l’action du but. « Aujourd’hui, ce sont des petites erreurs qui coûtent ce but, reconnaît le défenseur Enock Kwateng, si on est plus malin [sur cette action], on doit essayer de gagner du temps, de rester au sol par exemple et peut-être que cette action-là n’existe pas. » Un scénario forcément rageant pour les Girondins.

Enfin, Vladimir Petkovic a beau changer de système ou de joueurs pour l’instant, son groupe ne répond pas forcément à ses attentes, notamment au niveau technique. Et ce n’est pas le Suisse qui manque des contrôles ou des passes faciles sur le terrain. Alors comme dirait son confrère de l’Union Bordeaux-Bègles, Christophe Urios, « on contrôle ce qu’on peut contrôler ». Et sur ce très mauvais changement, il n’est pas le seul responsable.