RC Strasbourg : Dialogue, intensité, « plaisir »... Julien Stéphan a posé sa patte dans le club alsacien

FOOTBALL La méthode de l'ancien coach du Stade Rennais séduit en Alsace... même si les résultats sont moyens

Thibaut Gagnepain
— 
Julien Stéphan discute beaucoup avec ses joueurs,. Avec des messages simples en match !
Julien Stéphan discute beaucoup avec ses joueurs,. Avec des messages simples en match ! — J.E.E/SIPA / Paint
  • Le RC Strasbourg affronte le FC Metz ce vendredi soir en ouverture de la 6e journée de Ligue 1.
  • Arrivé cet été en remplacement de Thierry Laurey, Julien Stéphan a peu à peu mis en place sa méthode.
  • Comment fonctionne-t-elle ? Décryptage avec des joueurs et l’un de ses adjoints, Mathieu Le Scornet.

Il est là, au milieu de terrain et de ses joueurs. A envoyer des ballons, donner des consignes, discuter parfois. Sans hausser le ton. Deux mois et demi après avoir découvert le RC Strasbourg, Julien Stéphan semble s’y être parfaitement acclimaté. Avec son style, qui tranche avec celui de son prédécesseur.

Là où Thierry Laurey se voulait directif avec son groupe, lui prône le participatif. C’est l’une des caractéristiques fortes de sa méthode. « Il communique beaucoup et aime échanger pour voir si on adhère à ce qu’il propose. Même si c’est lui qui a le dernier mot bien sûr ! », confirme le capitaine Dimitri Liénard, ravi de ces attentions qui concernent d’abord les cadres de l’équipe. Mais pas que. « Le coach fait attention à tout le monde. »

Une volonté du staff tout entier. « Il faut emmener les joueurs dans le projet. Etre capable d’être à l’écoute, de répondre à leurs besoins, tout en restant un minimum directif. Le coaching moderne, c’est associer les forces et non les diviser », prolonge l’un des deux entraîneurs adjoints, Mathieu Le Scornet.

« On a foi en ce qu’on fait »

Le système de jeu actuel, en 5-3-2 (ou 3-5-2 hein !) a ainsi été élaboré en concertation. Et semble convaincre ceux qui sont sur le terrain. « On prend plaisir sur le terrain, on adhère tous, on est content », résume Liénard. « On a foi en ce qu’on fait », appuie son partenaire Jean-Eudes Aholou avant de reconnaître que les résultats suivent moyennement (4 points en 5 journées). « Mais on est sur la bonne voie, on espère que ça va payer maintenant. »

Dans cette tactique, déjà utilisée avec réussite par Thierry Laurey, les attentes du nouveau coach sont très différentes. Elles peuvent se résumer en un mot : intensité. « Car elle est gage de performance. On peut soit l’imposer à nos concurrents, soit au moins rivaliser avec eux. L’idée, c’est de développer un foot attractif avec un engagement total de la part des acteurs », reprend le fidèle bras droit de Julien Stéphan, rencontré au Stade Rennais.

« Il veut qu’on ait davantage la possession, le contrôle du jeu, et qu’on aille chercher un peu plus haut l’adversaire », détaille encore Liénard en évoquant ces entraînements quotidiens d’où il sort « lessivé ». « C’est hyper dynamique, ça envoie. On est tout le temps avec le ballon mais les séances sont très dures. Le coach veut mettre de la vie, ne veut pas qu’on se fasse chier. »

« ll nous prend aux tripes et sait nous toucher »

Cet éveil permanent se poursuit jusqu’aux causeries d’avant-match. Où Julien Stéphan est présenté comme un orateur particulièrement inspiré. Comme il avait été lors de sa célèbre prise de parole à la mi-temps de la finale de la Coupe de France contre le PSG en 2019. « Il y a beaucoup de légendes autour de ça », nuance modestement l’intéressé. « J’essaie de donner une ligne directrice, un plan de jeu mais ce sont les joueurs qui font les efforts et le résultat. »

Dimitri Liénard insiste. « ll nous prend aux tripes et sait nous toucher. Ses causeries sont incroyables. Elles ont vraiment un sens. Elles te transcendent. Il est vraiment fort sur sa façon de parler et manager. » Le capitaine strasbourgeois, décidément séduit par son nouveau coach, le décrit encore comme « une force tranquille ». Pour l’instant. « C’est vrai, on ne l’a pas encore vu en mode colère. On découvre souvent le caractère des gens quand on est dans le dur. » Une défaite contre le FC Metz ce vendredi soir à la Meinau et ça pourrait venir…