PSG-Brest : Pressing, rythme et fin des corners à deux… Pochettino pose gentiment sa patte sur le jeu parisien

FOOTBALL L’entraîneur parisien essaye avec les moyens du bord de dessiner un PSG à son image

Aymeric Le Gall

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Le débrief express de PSG-Brest — 20 Minutes
  • Le PSG s’est imposé samedi soir contre Brest (3-0) au Parc des Princes grâce à Kean, Icardi et Sarabia.
  • Après son entrée en matière contre Sainté mercredi, Mauricio Pochettino faisait son grand retour au Parc dans la peau du nouvel entraîneur.
  • En moins d’une semaine, le coach argentin est parvenu çà et là à imprimer sa marque sur l’équipe.

Au Parc des Princes,

Il paraît que la première impression est la bonne. Après sa toute première conférence de presse en tant qu’entraîneur principal du PSG, Mauricio Pochettino nous avait pas un peu laissé sur notre faim. Non pas que le personnage soit particulièrement désagréable, au contraire, disons simplement qu’il a fallu sortir la pioche et creuser profond pour lui faire développer ses idées. Samedi soir, après le succès (3-0) contre Brest, son premier en tant que coach parisien, Mauricio Pochettino est encore resté très sobre au moment de revenir sur la victoire de son équipe.

Après avoir remercié les supporters pour la banderole de bienvenue installée dans le virage Auteuil, l’Argentin a salué « les efforts » de ses joueurs après « deux matchs très intenses » livrés en quatre jours et avec à peine quelques tours de terrains et trois toros dans les pattes. « C’est une grande satisfaction d’avoir gagné ce soir. J’ai vu du mieux par rapport au match contre Saint-Etienne, a-t-il analysé. Déjà il y a la victoire, mais j’ai vu certaines améliorations dans le jeu, notamment la disponibilité des joueurs ».

Un pressing haut, avec les risques que ça comporte

Ça tombe bien, nous aussi. Enfin, après une petite semaine à la tête du club pour l’ancien des Spurs, on parlera plutôt de pistes et de sensations que de réelles certitudes sur ce que sera le PSG version « Poché » cette saison. Il n’empêche. Même si l’entraîneur brestois Olivier Dall’Oglio nous a demandé « de patienter un peu » avant de parler du style de Pochettino, son PSG samedi soir a montré un visage suffisamment différent de ce qui se faisait sous Tuchel pour en glisser quelques mots.

Le pressing, déjà, marque de fabrique n°1 du disciple (émancipé) de Marcelo Bielsa. Déjà aperçue par bribes lors de la première demi-heure de jeu à Sainté, la pression parisienne à la perte de balle contre Brest a été conforme à l’idée de ce qu’on se fait d’une équipe de Pochettino. « Il nous demande de faire beaucoup de pressing, très haut », validait rapidement Sarabia après la rencontre au micro de Canal. Le problème c’est que c’est à double tranchant. Au quart d’heure de jeu, alors qu’en tribune on s’étonnait de voir dix parisiens jouer dans les 40 derniers mètres bretons, il a suffi d’une passe laser brestoise pour casser deux lignes et déshabiller tout Paris, sauvé de justesse par son garde-frontière costaricain devant Irvin Cardona.

Les corners à deux tu ne tireras point

Avec le ballon aussi, Paris montre de nouvelles velléités. Outre le positionnement de Marco Verratti un peu plus haut sur le terrain (même si c’était moins flagrant contre Brest qu’à Sainté), on a senti une équipe qui avait pour consigne de jouer court au sol, en triangle, et sans trop tricoter entre chaque passe. On verra si ça tiendra avec le retour du roi de la maille brésilien, mais ce PSG-là est déjà moins soporifique à voir jouer qu’il n’a pu l’être ces derniers mois. Interrogé sur le style de son nouvel entraîneur, Sarabia aborde un point intéressant : « Il veut qu’on ait beaucoup le ballon et qu’on renverse beaucoup le jeu pour déstabiliser l’adversaire ». C’est aussi un point qui nous a sautés aux yeux samedi : cette tendance qu’avaient les Parisiens à endormir leur adversaire sur un côté du terrain pour tout renverser en une ou deux passes et déstabiliser le bloc adverse.

Big Ultras is watching you.
Big Ultras is watching you. - Alain JOCARD / AFP

Autre nouveauté, les corners. Les suiveurs réguliers du PSG le savent, Paris avait tendance ces dernières années à taper ces coups de pied à deux, à rester tripoter le ballon dans le coin pour finalement ne jamais envoyer quoi que ce soit dans la boîte. C’est visiblement de l’histoire ancienne. Contre Brest, les Parisiens ont tiré directement tous leurs corners et, hasard ou coïncidence, à chaque fois il y a eu danger. Le premier but de Kean est d’ailleurs venu de cette phase de jeu après que Marquinhos a trouvé le poteau d’une belle tête décroisée sur le corner de Di Maria. Une semaine seulement après sa prise de fonction, l’ancien coach de l’Espanyol semble donc avoir réussi à apporter çà et là sa petite touche perso. Prochaine étape de la métamorphose, le trophée des Champions, mercredi, contre l’OM à Bollaert.