Girondins de Bordeaux : Gasset enfile son costume de chef de chantier pour le mercato
FOOTBALL•Alors que les Bordelais se déplacent à Strasbourg, leur entraîneur prépare déjà le terrain pour le mercatoClément Carpentier
L'essentiel
- Les Girondins affrontent Strasbourg à la Meinau ce dimanche (15h) lors de la 16e journée de Ligue 1.
- De retour à Bordeaux depuis cinq mois, Jean-Louis Gasset prépare déjà activement le mercato hivernal pour rééquilibrer son effectif.
- Le club comme son entraîneur souhaite avant tout dégraisser pour réduire la masse salariale dans un contexte économique très compliqué. Il ne se fait aucune illusion sur l’arrivée de possibles recrues.
Jean-Louis Gasset est bien entraîneur de football et non pas maçon. Pourtant, aujourd’hui, il ne rêve que d’une chose : refaire tout l’effectif des Girondins de Bordeaux de fond en comble. Pas au marteau mais bien à la masse pour commencer. Six mois après son retour au château du Haillan, l’entraîneur des Marine et Blanc a une sérieuse envie de changement. Et il a de plus en plus de mal à le cacher au fil des semaines face au manque de constance de ses joueurs.
Alors, après la nouvelle rechute de ses joueurs face à l’AS Saint-Etienne mercredi, il a commencé à préparer le terrain à deux semaines de l’ouverture du mercato hivernal, le 2 janvier 2021 : « Pour le moment, je fais encore l’état des lieux mais à la mi-saison, il faudra s’asseoir et discuter avec les responsables [du club] pour faire le bilan et pallier les manques de cette équipe ». Et il y en a ! Le message est clair, Jean-Louis Gasset espère des mouvements en janvier, même dans cette saison de transition. Que ce soit dans le sens des départs ou des arrivées, malgré l’absence totale de moyens pour son directeur sportif Alain Roche, qu’il a rencontré à ce sujet vendredi matin.
Un plan social pour l’effectif
Au moins avec lui mais aussi avec son PDG, Frédéric Longuépée et son actionnaire, King Street, ils se retrouvent tous sur une chose : il faut dégraisser cet effectif. « J’ai un groupe de 24 joueurs (ayant au moins joué une minute cette saison) que je n’ai pas construit moi-même, rappelle-t-il, il y a des gens dans ce groupe qui sont tristes, malheureux ou aigris parce qu’ils n’ont pas assez de temps de jeu. C’est pesant et je n’ai pas envie de continuer à vivre avec eux. » La réciproque est sûrement vraie. Ça tombe bien sept d’entre eux sont en fin de contrat en juin 2021 (Sabaly, Pablo, Baysse, De Préville, Jovanovic, Poundjé et le troisième gardien Mandanda). A l’ouverture du marché, ils seront libres de s’engager où ils le veulent et de rejoindre immédiatement leur nouveau club contre une indemnité de transfert ou d’attendre juin pour partir gratuitement.
A ce jour, Jean-Louis Gasset ne s’est pas vraiment positionné publiquement sur ces fins de contrat, à part peut-être Paul Baysse : « C’est compliqué pour lui de le faire maintenant vis-à-vis du reste du groupe, l’un peut le prendre mal par rapport à l’autre et puis vous allez peut-être avoir besoin de certains jusqu’en juin donc vous ne pouvez pas le perdre maintenant en annonçant déjà une décision », explique l’un de ses proches. Selon les informations de 20 Minutes, les Girondins ont fait une proposition de prolongation de trois ans à Pablo il y a un mois. Si le défenseur brésilien n’est pas fermé à l’idée de poursuivre l’aventure dans « son club de cœur », les deux parties n’ont « pas encore trouvé d’accord », ajoute un proche du dossier.
Paul Baysse pourrait aussi recevoir une proposition mais avec une forte baisse de salaire (100.000 euros actuellement). Concernant Nicolas De Préville, « ce serait une folie » de le prolonger dixit un membre du club. Reste que la situation n’est pas sans conséquence pour certains joueurs, à l’image justement de l’ancien Lillois qui n’est plus que l’ombre de lui-même cette saison.
« J’ose espérer que ce n’est pas les situations contractuelles de certains qui leur mettent la tête à l’envers parce que peu importent les situations de chacun, on est sous contrat jusqu’à fin juin. Quoiqu’il se passe, on doit jouer pour le club. Et je pense qu’un joueur qui est en fin de contrat, il doit donner le maximum pour essayer de prolonger ou se montrer pour essayer de partir » - lance Paul Baysse. »
En tout cas avec des salaires mensuels (bruts) allant de 80.000 (Poundjé) à 160.000 (De Préville) euros, les Girondins économiseraient près de huit millions d’euros s’ils quittaient tous le club d’ici juin. L’économie sur la masse salariale monterait à une dizaine de millions avec le départ de Mandanda et d’autres jeunes, eux aussi en fin de contrat.
Maja plutôt que Basic
Mais, il faudra aussi vendre pour Bordeaux avec des finances qui sont dans le rouge vif. Certains laissent même entendre que le paiement des salaires de janvier est en suspens en raison notamment du conflit autour des droits TV. En haut de la liste des joueurs sur le marché des transferts, on trouve le défenseur Edson Mexer. Le Mozambicain, qui n’a pas encore joué une minute cette saison (comme Jovanovic) en raison d’une blessure et des choix de Gasset, est ouvert à un départ. Mais, il s’agira sûrement d’un prêt dans un premier temps cet hiver.
Pour récupérer du cash, les Girondins n’hésiteront pas non plus à pousser dehors leurs deux joueurs les plus « bankables » : Josh Maja et Toma Basic. « L’été dernier, le club a refusé des offres mais là, il dira oui à la première qui arrive sur le bureau, la situation est trop urgente », explique un dirigeant. Contrairement au dernier mercato, l’attaquant anglais a sûrement aujourd’hui plus de chances de partir que le milieu croate. Pour trois raisons : il n’est pas performant sur le terrain, Toma Basic ne souhaite pas quitter le club en plein milieu de la saison et Gasset a, en quantité, du monde au poste d’attaquant. Josh Maja a toujours une belle cote de l’autre côté de la Manche et des clubs comme Sheffield United ou Birmingham, qui s’intéressent de très près à lui, pourraient faire des offres autour de six/sept millions d’euros cet hiver selon nos informations. Enfin, il se dit que les Marine et Blanc aimeraient se séparer de Rémi Oudin ou en tout cas le prêter cet hiver pour lui donner du temps de jeu.
Jean Lucas, une opportunité à saisir ?
L’objectif final est de resserrer le groupe à 17/18 éléments lors de ce mercato et d’ici juin, surtout s’il n’y a pas de Coupe d’Europe la saison prochaine. Tous ces départs ne seront pas remplacés car comme l’a expliqué Jean-Louis Gasset, la priorité sera donnée aux jeunes (Traoré, Bakwa, Mara, Bessilé ou Sissokho). Mais aussi parce que le club s’est engagé auprès de la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) à vendre au mois trois joueurs avant toute dépense importante sur le marché des transferts selon Sud Ouest. Les Girondins n’ont donc aucune marge de manœuvre.
Pourtant, l’entraîneur bordelais ne serait pas contre obtenir en janvier un « très bon joueur » en attaque pour gagner en qualité et un autre au milieu de terrain pour soulager Otavio. Au poste d’avant-centre, Bordeaux s’est renseigné il y a quelques semaines, comme beaucoup d’autres clubs, sur la situation de M’Baye Niang pour un prêt selon les informations de 20 Minutes. Mais le salaire de l’attaquant rennais (plus de 200.000 euros) est un énorme frein car les Bretons devraient continuer à prendre en charge en grande partie celui-ci et surtout depuis le joueur ne semble plus vouloir partir. Au milieu, les Girondins vont-ils relancer la piste Jean Lucas ? L’OL a autorisé le joueur à trouver un club en prêt pour la deuxième partie de saison. Le Brésilien souhaite rester en France et Bordeaux pourrait bien lui ouvrir ses portes.


















