Ligue 1 : Avant le derby du Grand-Est, le RC Strasbourg et le FC Metz sont-ils si différents ?

FOOTBALL Avant le derby du Grand-Est dimanche, petit comparatif entre deux clubs qui se ressemblent pas mal

Thibaut Gagnepain

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Opa Nguette à la lutte (physique et verbale) avec Kenny Lala.
Opa Nguette à la lutte (physique et verbale) avec Kenny Lala. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP / Montage Paint
  • Le RC Strasbourg (18e) accueille le FC Metz ce dimanche à la Meinau, à l’occasion de la 14e journée de Ligue 1.
  • Ce match aura une saveur particulière : c’est le derby du Grand-Est.
  • Les deux clubs sont-ils si différents ? Pas tant que ça à en croire notamment l’ancien attaquant David Zitelli, passé par les équipes.

« Ne nous comparez pas au FC Metz ! » D’habitude si mesuré, Le président du RC Strasbourg, Marc Keller, avait sursauté l’année dernière. Pas question d’assimiler le prochain agrandissement du stade de la Meinau à celui, en cours, de Saint-Symphorien. Distants d’un peu plus de 160 kilomètres, les deux clubs perpétuent un certain antagonisme.

« C’est le derby du Grand-Est, mais la rivalité est bien moins forte qu’avec Nancy », nuance le président du groupe de fans lorrains Génération Grenat, Xavier Schmitt, en faisant remonter les premières tensions « aux années 80, quand le kop strasbourgeois était jumelé avec les Nancéiens et nous avec Mulhouse. » Depuis, les conflits existent entre supporters mais ne mènent pas à des excès physiques. « Surtout verbaux mais je n’ai pas le souvenir de graves débordements », appuie Philippe Wolff, le président de la Fédération des supporters du RCS.

« Avant la guerre, notre adversaire direct était plus Sochaux. Mais le FC Metz s’est imposé car il est resté en Ligue 1, on s’est beaucoup affronté et il y a eu pas mal de transferts entre nous (Mamadou Niang notamment). C’est une rivalité entre deux équipes historiques de l’élite. »

« On se ressemble beaucoup »

Et deux clubs si différents que ça ? « Pour moi, non », répond l’ancien attaquant David Zitelli, qui a fréquenté les deux maisons au milieu des années 90. « Ils sont à taille humaine avec un public chaleureux, certes plus nombreux à Strasbourg car la ville est plus grande ». « Les deux sont dirigés par des gens du cru, Marc Keller en Alsace et Bernard Serin en Moselle, qui s’appuient sur des sponsors locaux, complète Xavier Schmitt. Et les deux possèdent une très forte identité. En ce sens, on se ressemble beaucoup. »

Comme au niveau des budgets, qui tournent autour de 50 millions d’euros cette saison. Alors que le Racing a longtemps été plus riche que son voisin, ce qui l’a parfois mené à des excès en tous genres. « Nous, dès que ça allait très bien, on s’enflammait vite et inversement, reprend Philippe Wolff. Il y a quelques années, Thierry Laurey n’aurait pas gardé son poste d’entraîneur vu les résultats. On est devenu plus patient depuis la relégation en CFA 2 (en 2011). Historiquement, on était l’élève turbulent et le FC Metz l’élève plus sage. Ça se voit aussi au niveau des palmarès où on est monté plus haut. »

L’armoire à trophées est bien plus garnie côté alsacien, avec six coupes nationales (contre 3) et surtout un titre de champion de France (1979). Là où les Grenats ont raté le sacre en 1998 pour une histoire de différence de buts… « Quand on pense à eux, on se souvient tout de suite de ça », taquine le président de la Fédération des supporters du RCS en avouant « un vrai respect » pour le voisin lorrain. Qui se rattrape sur un autre tableau : les infrastructures.

« On a maintenant un centre d’entraînement magnifique », confirme Xavier Schmitt. Depuis le printemps dernier, les joueurs de Frédéric Antonetti s’exercent dans cette ex-base aérienne complètement transformée avec notamment un terrain… sous un ancien hangar d’avions.

Plus à l’Est, le Racing vient à peine d’achever ses terrains d’entraînements à côté d’une Meinau vieillissante et dont le lifting ne devrait pas débuter avant mai 2022. La rénovation de Saint-Symphorien devrait alors être terminée. « Quand le stade sera totalement fermé, on aura quelque chose qui aura de la gueule », poursuit le président de Génération Grenat. « Nos chants passeront enfin le milieu de terrain ! »

A Strasbourg, l’ambiance est déjà saluée comme l’une des plus belles de Ligue 1. « Elle est extraordinaire », résume David Zitelli, qui aura son cœur partagé dimanche. « J’ai de très bons souvenirs dans les deux clubs. Que le meilleur gagne ! »

Kawashima : « Je me sentais bien à Metz et je me sens bien ici »

Ils seront peut-être trois ce dimanche sur la pelouse de la Meinau à avoir porté les maillots des deux équipes. Côté Messin, Alexandre Oukidja retrouvera un stade où il a réalisé quelques exploits et affrontera son ancien partenaire Habib Diallo, arrivé cet été en Alsace. Autre ancien grenat, Eiji Kawashima devrait de nouveau débuter avec le Racing. Le gardien japonais garde de bons souvenirs de son passage en Lorraine (2016-2018). « Je me sentais bien à Metz et je me sens bien ici aussi », explique-t-il en parlant de deux clubs « familiaux » mais « avec des différences ». « Metz était une ville plus calme mais je préfère la vie ici », ajoute le vétéran de 37 ans qui a laissé de très bons souvenirs en Moselle grâce à son professionnalisme.