OL-OM : Pourquoi Rudi Garcia pourrait-il être menacé pour de bon après le nouveau couac lyonnais ?

FOOTBALL Tenus en échec par dix Marseillais dimanche (1-1), les Lyonnais s’enfoncent au classement (14e). Sous contrat jusqu’en juin prochain, leur entraîneur semble à court de solutions pour relancer son groupe

Jérémy Laugier

— 

Rudi Garcia, ici le 15 septembre lors de la défaite (2-1) concédée à Montpellier. Pascal GUYOT
Rudi Garcia, ici le 15 septembre lors de la défaite (2-1) concédée à Montpellier. Pascal GUYOT — AFP
  • L’OL vient de subir un cinquième match de rang sans victoire en Ligue 1 dimanche, contre un OM pourtant réduit à dix après 20 minutes de jeu (1-1).
  • Cette nouvelle contre-performance est aussi celle de Rudi Garcia, incapable de lancer pour de bon la saison du dernier demi-finaliste de la Ligue des champions.
  • Sous contrat jusqu’à juin 2021, l’ancien coach marseillais va-t-il finir par être menacé par sa direction, alors que débute une période de trêve internationale ?

Au Parc OL,

En postant sur son compte Twitter un sobre « match nul 1-1 » dimanche soir pour boucler une (nouvelle) triste soirée, l’OL ne s’attendait sans doute pas à collecter pas moins de 1.400 réponses. Presque toutes ne réclament qu’une chose après cette contre-performance contre un OM très vite réduit à dix : le licenciement de Rudi Garcia. Difficile de ne pas dresser un bilan d’échec le concernant, après un cinquième match de rang sans succès synonyme de 14e place en Ligue 1. Il ne s’agit clairement pas de la réaction attendue après une saison conclue sans qualification européenne à l’arrêt prématuré du championnat en mars (7e).

La même « dynamique » que Sylvinho

Il y a quasiment un an jour pour jour, Sylvinho était démis de ses fonctions avec ce bilan : neuf points après neuf journées et une 14e place avec sept longueurs de retard sur l’objectif podium. Depuis la reprise, on est clairement face au même rythme pour son successeur (14e avec sept points en six journées, soit même un point de moins que Sylvinho après autant de matchs, et six longueurs de retard sur Lens, 3e). Et ce au moment d’entamer un timing de trêve internationale qui avait été fatal à l’inexpérimenté coach brésilien la saison passée…

Interrogé dimanche sur ce parallèle avec Sylvinho et sur son avenir incertain, l’ancien entraîneur marseillais (sous contrat jusqu’en juin 2021), a calmement répondu : « Je ne sais pas quoi vous dire, je ne regarde pas ce qu’il s’est passé il y a un, deux ou trois ans. Je regarde ce qu’il se passe maintenant et c’est sûr qu’on n’a pas assez de points. Il va falloir prendre les choses dans le bon sens en gagnant déjà un match, avant de faire une série pour revenir là où on veut être au classement ».

Pas de mouvement de jeu, pas de « folie » et peu de points

Sur les sept buts inscrits par l’OL depuis le début de la saison, on compte quatre penaltys, dont celui d’Houssem Aouar dimanche, et un but contre son camp du Dijonnais Wesley Lautoa. Ca ne peut évidemment pas être anecdotique tant cette équipe donne l’impression de ne pas travailler de mouvements de jeu, de combinaisons et de circuits préférentiels, à l’image de ces séquences avec quatre voire cinq joueurs englués dans l’axe face à l’OM. L’OL arrose avec 125 tirs et 153 centres depuis la reprise de la Ligue 1, soit respectivement 30 et 57 de plus que le PSG (2e dans ces deux catégories statistiques).

Problème de taille donc, les partenaires d’Anthony Lopes n’ont scoré que deux fois sur ces 125 tirs et seulement 22 de leurs centres ont été repris par un Lyonnais selon Opta… Un déchet monstrueux s’expliquant à la fois par l’absence de véritable ailier dans l’effectif, et par le manque de tranchant des latéraux, malgré la belle éclosion de Melvin Bard (19 ans), joueur lyonnais le plus convaincant dimanche avec Houssem Aouar. La complémentarité devant entre Karl Toko Ekambi et Tino Kadewere, tout comme c’était le cas avec Moussa Dembélé, ne saute pas aux yeux.

Et comment ne pas reprocher à Rudi Garcia d’avoir fait le forcing pour recruter l’hiver dernier Karl Toko Ekambi (prêt puis achat de 15,5 M€, bonus inclus) tout en laissant filer un attaquant technique et formé au club, Amine Gouiri (déjà 2 buts et 2 passes décisives avec Nice), sans lui donner de véritable chance ? Pour Rudi Garcia, le bilan actuel de son OL dans le jeu est tout autre.

Le contenu est bon mais on ne gagne pas. En ce moment, on n’est pas vernis avec les poteaux, avec le VAR et avec les résultats. Mais on doit aussi être beaucoup plus adroits et tueurs devant le but. Il faut arrêter de taper les poteaux. Et puis quand il y a but, il faut que ça nous soit accordé aussi [après les buts refusés à Kadewere et Aouar dimanche]. Je ne suis pas inquiet si on ne perd pas confiance et qu’on est capables de reproduire ce contenu. On a fait un bon match, même si on peut encore s’améliorer. »

Ouf, à peu de chose près, l’actuel 14e de Ligue 1 n’avait même plus de marge de progression dans le contenu de ses matchs. Maxence Caqueret a décrit sa vision des lacunes lyonnaises dimanche : « C’est sûr qu’il y a un peu un manque de confiance comme on prend très peu de points. On doit mettre un peu plus de folie et d’envie ». Guère évident en même temps pour un joueur de 20 ans (enfin) titulaire de remettre en cause devant les médias le travail tactique mis en place par son entraîneur. Il n’empêche, c’est une chose de préparer son équipe à souffrir et contre-attaquer en 5-3-2 pendant trois semaines face à des monstres européens, c’en est une autre de savoir déjouer la multitude de blocs bas made in Ligue 1.

Son départ n’est pas du tout d’actualité vu son influence sur le mercato

Le crédit obtenu par Rudi Garcia grâce à cette demi-finale de Ligue des champions estivale à Lisbonne semble considérable. En effet, malgré l’énième couac concédé face à une équipe marseillaise limitée et qui plus est en infériorité numérique, Juninho n’a fait référence dimanche sur Téléfoot au coach lyonnais que pour évoquer son rôle dans un dossier du mercato. A savoir le prêt du latéral de la Juventus Mattia De Sciglio, qui devrait être officialisé d’ici minuit ce lundi.

« C’était une demande de Rudi vendredi, ça n’était pas prévu, confie le directeur sportif lyonnais. On fait les efforts pour lui donner ce joueur ». Connaissez-vous beaucoup d’entraîneurs limogés alors qu’ils s’apprêtent à obtenir le joueur qu’ils réclament ? Le portable du community manager de l’OL n’a pas fini de chauffer.