OL-Dijon : « Je peux rêver de grands clubs »… La saison de Lyon dépend-elle surtout de l’avenir de Memphis Depay ?

FOOTBALL Le capitaine lyonnais a parfaitement lancé les siens dans cette nouvelle saison de Ligue 1 en inscrivant trois buts, vendredi contre Dijon (4-1). L'attaquant néerlandais semble décidément indispensable à cette équipe

Jérémy Laugier

— 

Avec son triplé contre Dijon, Memphis Depay est devenu vendredi le meilleur buteur de l'histoire du Parc OL, devant Nabil Fekir.
Avec son triplé contre Dijon, Memphis Depay est devenu vendredi le meilleur buteur de l'histoire du Parc OL, devant Nabil Fekir. — Philippe DESMAZES / AFP
  • Dans le sillage de Memphis Depay, auteur d’un triplé (dont deux penalties), l’OL s’est montré convaincant pour battre Dijon vendredi (4-1).
  • Toujours aussi déterminé, l’attaquant néerlandais se remet peu à peu de sa rupture du ligament antérieur du genou gauche. Mais à un an de la fin de son contrat à Lyon, son avenir reste incertain.
  • Sa créativité et sa rage semblent tout de même essentielles afin de permettre à l’OL de retrouver la Ligue des champions dès la saison prochaine.

Au Parc OL,

Memphis Depay s’est lancé vendredi soir dans un éclat de rire lorsqu’une journaliste l’a qualifié de « superstar de la soirée » après son triplé contre Dijon (4-1). Pas certain en effet que l’ancien ailier de Manchester United, leader d’attaque de la sélection néerlandaise, puisse associer ce terme à une balade au mois d’août contre une faible équipe de Ligue 1, et ce devant 5.000 spectateurs. Notre consœur a pu être influencée par le look de l’intéressé, arrivé dans l’auditorium du Parc OL avec une chaîne plus flashy que jamais et portée… sur son maillot aux couleurs du club.

Memphis Depay, avec sa sobriété légendaire vendredi dans l'auditorium du Parc OL, après son triplé contre Dijon.
Memphis Depay, avec sa sobriété légendaire vendredi dans l'auditorium du Parc OL, après son triplé contre Dijon. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Memphis est toujours aussi insaisissable, mais aussi franc et lucide au moment de commenter son troisième triplé sous le maillot lyonnais depuis son arrivée en janvier 2017 : « Je pense que ça n’était pas mon meilleur match ici mais je suis très heureux d’avoir inscrit trois buts, c’est mon job ». Car on a d’abord eu droit, comme en finale de Coupe de la Ligue et en Ligue des champions, au Memphis discret et emprunté tentant de se remettre de sa grave blessure au genou.

« Pendant 35 minutes, on ne l’a pas vu », chambre Rudi Garcia

Puis il y a eu ce coup de chaud en fin de première période, avec un doublé, dont un enchaînement clinique, et le but contre son camp de Lautoa provoqué au prix d’un diabolique pas de danse avec Ngouyamsa, pour renverser Dijon avant la pause (de 0-1 à 3-1). « Un coach ne doit pas faire trop de louanges, donc pendant 35 minutes, on ne l’a pas vu, sourit Rudi Garcia. Mais durant dix minutes, il a fait la différence et les top players sont là pour ça, et ça nous a bien aidés. »

A un an de la fin de son contrat, Memphis Depay sera-t-il amené à aider l’OL au-delà du 5 octobre et de la fin du mercato ? « Je suis actuellement concentré sur Lyon, assure-t-il. Vous savez, je suis content de revenir. Je prends de grandes responsabilités ici. Le club m’a donné beaucoup de liberté et de respect et je fais de mon mieux en retour. » À demi-mot, le joueur de 26 ans ne cache pas que la récente nomination sur le banc du Barça de Ronald Koeman, son désormais ex-sélectionneur, pourrait changer la donne.

Je n’ai pas encore parlé avec Ronald Koeman. Il s’est impliqué dans ma rééducation en venant me voir à Rome et aux Pays Bas. Notre relation est bonne et maintenant il est le coach du Barça. Je suis à Lyon pour le moment, je peux rêver de grands clubs, on verra ce qu’il se passera. »

Ne pas jouer la Coupe d'Europe « ne peut pas être un avantage »

En attendant, Memphis Depay s’est offert une petite ligne supplémentaire dans l’histoire du club lyonnais en devenant vendredi le meilleur buteur de l’histoire du Parc OL, devant Nabil Fekir. Tout en ne cherchant pas à nier que « c’est frustrant de ne pas jouer la Ligue des champions », il tient à casser le poncif franco-français au sujet des belles saisons permises grâce à un calendrier allégé car sans Coupe d'Europe, comme cela avait été le cas en en 2014-2015 pour l’OL (2e à 8 points du PSG).

« Ça ne peut pas être un avantage car l’avantage est toujours de jouer des matchs au plus haut niveau. C’est comme ça que tu t’améliores en tant qu’équipe. Tu développes de la confiance en toi et de l’expérience. Tu peux grandir dans un tournoi comme on a pu le voir récemment pour nous. »

« On a montré qu’on pouvait rivaliser avec le PSG »

Le Maxwel Cornet de Dijon n’était effectivement pas celui de City, pour prendre l’exemple le plus éclatant. Un archi-décevant 7e de L1, en passe de perdre trois de ses meilleurs joueurs (Aouar, Dembélé et donc Depay), peut-il sérieusement enfin concurrencer le PSG en championnat ?

« Ça doit être notre ambition, c’est pour ça que je suis venu à Lyon, répond avec aplomb le Néerlandais. On a montré qu’on pouvait rivaliser avec eux comme sur la finale de la Coupe de la Ligue. Mais on doit surtout gagner les plus petits matchs en Ligue 1. » Capable de se transcender dès la première journée contre une modeste équipe comme Dijon, le capitaine vient de montrer la voie à suivre, une fois de plus.