OL-PSG: «Pas un club qui se contente de la deuxième place»…  Lyon est-il vraiment aussi ambitieux qu’en 2015?

FOOTBALL Les Lyonnais comptent 16 points de retard sur le PSG, qu'ils vont défier dimanche (21 heures) au Parc OL. Il y a quatre ans, ils ont pourtant vraiment cru pouvoir redevenir champions de France

Jérémy Laugier

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Jordan Ferri et l'OL ont bien mieux résisté au PSG de Zlatan en 2014-2015 que ne l'a fait la bande à Anthony Lopes au match aller cette saison (5-0).
Jordan Ferri et l'OL ont bien mieux résisté au PSG de Zlatan en 2014-2015 que ne l'a fait la bande à Anthony Lopes au match aller cette saison (5-0). — THOMAS SAMSON/AFP - FRANCK FIFE/AFP
  • Souvenez-vous de janvier à mars 2015 : l’OL d’Alexandre Lacazette et Nabil Fekir virait en tête de la Ligue 1 à la surprise générale devant le PSG.
  • Si les Parisiens avaient fini par être champions, cette période reste la seule, depuis l’arrivée de QSI dans la capitale, durant laquelle l’OL ne semblait souffrir d’aucun complexe dans sa quête de titre.
  • Les anciens joueurs lyonnais Milan Bisevac et Arnold Mvuemba reviennent pour 20 Minutes sur cette belle saison 2014-2015 et sur l’incapacité de l’OL à résister depuis au PSG, à 16 points avant l’affrontement de dimanche (21 heures).

A quel point l’OL va-t-il être largué dans quatre mois par le PSG en Ligue 1 ? Après avoir conclu les trois dernières saisons à 15, 20 et 31 points de l’ogre parisien, les Lyonnais (3es) sont déjà lâchés à 16 longueurs (malgré deux matchs de plus). Autant dire que l’enjeu majeur de ce choc OL-PSG, qui n’en est plus vraiment un, sera de savoir dimanche (21 heures) si le futur champion de France concédera son premier revers de la saison à Décines, comme en février 2016 (2-1).

En 2014-2015, la bande à Alexandre Lacazette avait pourtant pris les commandes de la Ligue 1 de mi-janvier à mi-mars avant de céder et de finir à huit points du PSG de Zlatan Ibrahimovic. Une telle performance est-elle à ce point inimaginable aujourd’hui ? « Je ne dis pas que je trouve cet écart de 16 points normal mais les époques sont difficilement comparables, estime Arnold Mvuemba, milieu de terrain lyonnais de 2012 à 2016. Offensivement, le PSG fait vraiment peur aujourd’hui. »

« C’est une équipe de galactiques aujourd’hui »

Un constat partagé par Milan Bisevac, qui avait disputé 13 matchs de Ligue 1 avec l’OL en 2014-2015 : « Il faut toujours essayer d’embêter au maximum Paris. Mais quand vous voyez qu’ils n’ont pas encore perdu un seul match fin janvier, que voulez-vous faire ? C’est une équipe de galactiques aujourd’hui et c’est ultra-compliqué de leur résister. Un Neymar peut effacer toutes les tactiques que vous allez mettre en place. »

Mais comme l’an dernier, la star brésilienne manquera une bonne partie de la phase retour sur blessure, dont une nouvelle fois le rendez-vous du Parc OL. Dans le même temps, le club lyonnais a réalisé lors des derniers mercatos des investissements bien supérieurs à ceux de l’époque Hubert Fournier, entre Memphis Depay, Moussa Dembélé, Bertrand Traoré ou Mariano Diaz.

« Je me suis très souvent demandé si nous n’aurions pas pu finir champions »

« Certes, notre effectif était très jeune à l’époque mais on peut voir ce que tous ces talents sont devenus [Umtiti, Lacazette, Tolisso, Fekir…] », remarque Arnold Mvuemba. Pas moins de 16 joueurs formés au club avaient été utilisés en Ligue 1 cette saison-là. « C’était fantastique, je n’ai jamais vu un club de ce niveau autant puiser dans son centre de formation, s’emballe Milan Bisevac. Ça avait joué sur le fait qu’il y ait vraiment une superbe cohésion dans le vestiaire. »

Si bien que malgré une entame de saison galère (17e après quatre journées et éliminé de la Ligue Europa dès les barrages), l’ancien international serbe le reconnaît : « Je me suis très souvent demandé si nous n’aurions pas pu finir champions ». Mais à l’image d’un revers qui a coûté très cher à Gerland contre Nice (1-2) à la 30e journée, l’OL n’a pas pu aller au bout de l’exploit comme Montpellier en 2012 ou Monaco en 2017.

Lyon avait accroché le PSG à l’aller comme au retour (1-1)

« Bien sûr qu’on croyait au titre, insiste le défenseur également passé par le PSG en 2011-2012. Dans les moments clés, on a eu des blessés importants comme Lacazette, Umtiti, Gourcuff ou moi. Malheureusement, on n’avait pas un effectif aussi impressionnant que le PSG. Sans ces blessures, je me dis qu’on aurait pu être champions de France. »

Luttant quasiment jusqu’au bout avec un PSG comptant déjà cinq joueurs majeurs de son effectif actuel (1-1 à l’aller et au retour), l’OL semblait alors très loin de pouvoir subir une claque comme en octobre au Parc des Princes (5-0).

« Jean-Michel Aulas reste un gagneur »

Juste avant, Jean-Michel Aulas avait plus que jamais annoncé la couleur devant les médias, non sans mauvaise foi : « Le PSG a probablement les 25 meilleurs joueurs du championnat et va finir avec 30 points d’avance. C’est difficile de pouvoir imaginer les contrarier. » Ce discours fataliste et manquant cruellement d’ambition, pour un club ayant 280 millions d’euros de budget, est-il aussi tenu dans le vestiaire ?

« Je vous rassure, je suis persuadé qu’il y croit toujours, confie Arnold Mvuemba. Ça reste un gagneur. Et c’est pareil pour les joueurs. Peu importe qui est en face, vous voulez toujours l’emporter lorsque vous êtes dans un club de la dimension de Lyon. » Les sept titres de champion de France glanés à Gerland (de 2002 à 2008) semblent tout de même très loin. « Même aujourd’hui, je ne pense pas qu’il y ait un complexe d’infériorité à Lyon, nuance Milan Bisevac. L’OL n’est pas un club qui se contente de la deuxième place. » JMA s’empresserait pourtant de signer pour pareille issue fin mai.