Ligue 1 : « Nous menons un combat contre l’injustice », assure le président de l’Amiens SC

FOOTBALL Le club picard a déposé un référé suspension contre sa relégation en L2 décidée par la Ligue de football professionnel (LFP)

Mikaël Libert

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Bernard Joannin, président de l'Amiens SC, lors de la visio conférence de presse de mardi.
Bernard Joannin, président de l'Amiens SC, lors de la visio conférence de presse de mardi. — M.Libert / 20 Minutes

Equité bien ordonnée commence par soi-même. En raison de l’épidémie de coronavirus, la Ligue de football professionnel (LFP) avait été contrainte de stopper le championnat à dix journées de la fin. C’est donc le classement des équipes à ce moment qui avait été pris en compte pour déterminer qui jouerait où la saison prochaine. Avant dernier, l’Amiens SC et Toulouse se retrouvent ainsi relégués en L2. Une décision estimée « inéquitable » contre laquelle le club a saisi la justice.

« Le football, ce n’est pas qu’une question d’argent. Nous ne voulons pas de dédommagement, nous voulons que la Ligue revienne sur sa décision », a martelé, mardi matin, le président de l’Amiens SC, Bernard Joannin, précisant tout de même que le préjudice d’une relégation était estimé « entre 40 et 50 millions d’euros ». L’avocat du club, Me Christophe Bertrand, a ainsi annoncé avoir déposé lundi une procédure en référé suspension auprès du tribunal administratif de Paris. « Nos requêtes font 45 pages mais on peut résumer en posant la question suivante : peut-on déclarer qu’il existe des perdants dans une compétition qui ne s’est pas terminée », s’interroge-t-il.

« En droit, quand il n’y a pas de règle, on se fonde sur le principe de l’équité »

La maire d’Amiens, Brigitte Fouré (UDI) reconnaît qu’il n’y a pas de règle écrite puisque la situation est exceptionnelle. « En droit, quand il n’y a pas de règle, on se fonde sur le principe de l’équité. Et là, la décision de la ligue n’est pas équitable », affirme l’élue.

La décision de la LFP a été prise « dans la précipitation et sans réelle concertation », estime Bernard Joannin. Même 19e du classement, il restait dix rencontres à disputer et donc 30 points à prendre potentiellement. « Le groupe avait toutes les ressources pour aller chercher le maintien. Les écarts entre les équipes n’étaient pas considérables, les garçons étaient prêts à aller au combat », insiste Luka Elsner, l’entraîneur du club.

La suite, donc, est entre les mains de la justice. Selon l’avocat, une réponse « assez rapide » est attendue sur le référé suspension. En revanche, si l’affaire devait être renvoyée sur le fond, les choses pourraient être plus compliquées pour la reprise, même si le club obtient une décision favorable en référé. « Le temps de la justice n’est pas celui du football », déplore l’avocat.

Existe-t-il une solution équitable pour tout le monde ?

Les alternatives à cette « sanction », le président de l’Amiens SC n’en propose par vraiment tout en affirmant qu’il « en existe beaucoup ». Celle qui revient le plus souvent est l’hypothèse d’une saison à 22 équipes en L1 : les 20 pensionnaires de cette année et les deux promus. « Cela implique quatre descentes en fin de saison prochaine et je suis d’accord là-dessus. Le tout est de connaître les règles d’une compétition avant de se lancer », estime Bernard Joannin. Mais cette solution ne serait pas vue comme équitable pour tout le monde, notamment pour ceux qui ont été écartés de l’Europe à la 28e journée pour quelques points ( coucou Jean-Michel Aulas). Il y a aussi la question de la répartition des droits télé avec deux bouches à nourrir en plus.

Play-offs, annulation de la saison 2019-2020, terminer la saison cet été, championnat de L1 à 22… « Je suis pour le dialogue et le rassemblement. La solution doit être trouvée par le monde du football », élude le président de l’Amiens SC. Reste à savoir s’il existe une formule dont l’aspect sportif et financier pourrait satisfaire l’ensemble des intéressés.