ASSE-Reims : « On a pris un coup derrière la tête »… Les Verts peuvent-ils se relever après une semaine terrible ?

FOOTBALL Les Stéphanois ont concédé, ce dimanche face à Reims (1-1), une cruelle égalisation dans le temps additionnel. La lutte pour le maintien s’annonce toujours aussi complexe, à une semaine du derby

Jérémy Laugier

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La rage de Loïs Diony et Denis Bouanga, juste après le but de l'ancien Nîmois ce dimanche, a laissé place à une grande frustration 20 minutes plus tard côté stéphanois. PHILIPPE DESMAZES
La rage de Loïs Diony et Denis Bouanga, juste après le but de l'ancien Nîmois ce dimanche, a laissé place à une grande frustration 20 minutes plus tard côté stéphanois. PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • Les Stéphanois ont vécu une semaine plus que particulière, qui a débouché sur un dénouement « rageant », ce dimanche contre Reims (1-1).
  • Tout proche de retrouver le goût de la victoire en Ligue 1, l’ASSE a concédé un penalty de Boulaye Dia au bout du temps additionnel (90e+4).
  • S’ils comptent encore deux points d’avance sur le barragiste Nîmes, « il faudra batailler jusqu’au bout » pour le maintien, comme le rappelle Claude Puel, à une semaine du derby au Parc OL.

Au stade Geoffroy-Guichard (Saint-Etienne),

« On a eu une semaine assez mouvementée ». Claude Puel est expert en euphémisme. Trois buts encaissés en 25 minutes à Brest (3-2), le limogeage quasi-officiel du directeur de la cellule recrutement David Wantier, la blessure à l’entraînement de Loïc Perrin, une explication avec des membres des deux principaux groupes de supporters des Verts après un entraînement, et en apothéose les déclarations tapageuses de l’agent de Stéphane Ruffier, qui s’est mis hors groupe plutôt que d’accepter de devenir la doublure de Jessy Moulin.

Autant d’épisodes qui en disent long sur le contexte brûlant de cet ASSE-Reims (1-1), ce dimanche, juste avant un derby au Parc OL (le 1er mars) et une demi-finale de Coupe de France contre Rennes (le 5 mars). Si Claude Puel tient à s’appuyer sur « la cohérence, les bonnes intentions, l’état d’esprit et la cohésion » de son groupe, on a surtout eu droit à un tout petit match, dans lequel chaque équipe a quasiment marqué sur sa seule grosse opportunité (six tirs cadrés combinés).

« On a quand même beaucoup reculé après avoir marqué »

La jolie tête gagnante de Denis Bouanga (1-0, 73e) aurait pu permettre à l’ASSE de se donner enfin de l’air en Ligue 1, après une abominable série de huit défaites sur les neuf journées précédentes. « Bien sûr, je pensais qu’on avait les trois points aujourd’hui, reconnaît Loïs Diony. Mais on a quand même beaucoup reculé après avoir marqué. Même si les Rémois n’étaient pas très dangereux, ça a peut-être été une petite erreur. Ils ont réussi très peu de passes en profondeur aujourd’hui, mais ils ont parfaitement réussi la dernière pour obtenir un penalty. »

Provoqué et transformé par Boulaye Dia au bout du temps additionnel (1-1, 90e +4), après un léger contact dans la surface avec Yann M’Vila, ce coup du sort est-il la conséquence, comme le suggère Loïs Diony, d’un comportement trop défensif en fin de partie ? En faisant tour à tour entrer deux latéraux (Miguel Trauco et Gabriel Silva), ainsi qu’un milieu défensif (Assane Dioussé), à la place de trois éléments plus offensifs (Ryad Boudebouz, Loïs Diony et Yohan Cabaye), Claude Puel est-il le responsable numéro un de ce scénario « rageant » ?

« Il suffisait de garder un peu le ballon… »

« Il n’y a pas eu de problèmes particuliers par rapport à ces changements, se défend l’intéressé. On restait bien en place, il n’y avait pas une occasion en face mais de longs ballons dans la surface et du jeu direct. On avait la chance d’avoir ce dernier ballon et il suffisait de le garder un peu pour que le match soit fini. »

Homme clé de l’attaque stéphanoise avec ses neuf buts inscrits, Denis Bouanga avait en effet mieux à faire, que ce centre hasardeux, tel un David Ginola du Forez, qu’ont su très vite exploiter les Rémois dans le temps additionnel. « Avec un peu plus d’expérience et de malice, on aurait tenu ce ballon à la fin ou peut-être fait une faute au moment où Reims dégage vite, résume Thimothée Kolodziejczak. Ce nul a un goût de défaite, c’est frustrant mais on ne lâche pas. »

« Quelque chose commence à se réparer avec les supporters »

Au vu de la spirale négative de l’ASSE (15e), du conflit Puel-Ruffier et de la perspective d’un derby à hauts risques au Parc OL, ce terrible dénouement (avec deux points de perdus à la clé), n’est-il pas symbolique d’une fin de saison galère pouvant s’achever en Ligue 2 (le barragiste Nîmes est à deux points) ? « On est dans une période où la réussite n’est pas avec nous mais ça va bien tourner, tente de positiver Loïs Diony. Ça avait déjà tourné en notre faveur avec  tous les petits 1-0 quand le coach est arrivé. Aujourd’hui, c’est un peu l’inverse mais on va tout faire pour que ça change. »

Jessy Moulin voit ce dimanche un point positif qui pourrait s’avérer essentiel dans la lutte pour le maintien : « C’est sûr qu’on a pris un coup derrière la tête mais l’équipe a été bien accueillie par le public. On a pu discuter avec les supporters et quelque chose commence à se réparer avec eux. Ils sont conscients qu’on se bat pour le club. » Le soutien de ce 12e homme si spécial, qui s’est effectivement contenté de siffler la sortie de Ryad Boudebouz contre Reims, pourrait faire la différence dans les prochaines semaines. « Il faut être prêts et armés pour batailler jusqu’au bout », conclut Claude Puel.