Dortmund-PSG : En dessous de tout dans son 3-4-3 inédit, Paris cède face au talent de Haaland

FOOTBALL Les Parisiens ont perdu (2-1) en 8e de finale aller de la Ligue des champions sur le terrain du Borussia Dortmund

Aymeric Le Gall

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Haaland a inscrit un doublé contre le PSG en 8e de finale aller de la Ligue des champions, le 18 février à Dortmund.
Haaland a inscrit un doublé contre le PSG en 8e de finale aller de la Ligue des champions, le 18 février à Dortmund. — Ina Fassbender / AFP

De notre envoyé spécial à Dortmund,

Méconnaissable dans un 3-4-3 aussi inédit que pathétique, le PSG est tombé mardi soir à Dortmund en huitième de finale aller de la Ligue de champions. Les hommes de Thomas Tuchel devront se reprendre dans trois semaines s’ils veulent espérer voir (enfin) les quarts de finale de la compétition.

Tuchel se la joue Lolo White

Ça valait bien la peine de se triturer le ciboulot pendant des jours pour savoir qui de Bernat ou de Kurzawa et d’Icardi ou de Sarabia allaient intégrer le 4-4-2 mis en place par Thomas Tuchel depuis décembre. Mardi soir, le coach du PSG a pris tout le monde à contre-pied en pondant un 3-4-3 sorti de nulle part avec le trio Marqui-Thiago Silva-Kimpembe dans l’axe, Kurzawa et Meunier sur les ailes et Mbappé en pointe. Même Laurent Blanc et sa compo « pochette-surprise » à City en 2016 n’a dû y voir que du feu. Etait-ce une volonté de s’adapter à son adversaire ou à la forme physique incertaine de certains de ses joueurs ? Un peu des deux sûrement. Ce qui est sûr, c’est que ça n’a pas empêché les Borussen d’enchaîner les contres supersoniques et d’embêter un Keylor Navas promu sauveteur de service sur le bel enroulé de Sancho (27e).

Un peu de vide et beaucoup de rien

On a eu beau réfléchir, de mémoire, pas souvenir de voir une équipe du PSG se faire manger à ce point dans tous les domaines. En première période, il n’y avait pas un Parisien pour rattraper l’autre – si ce n’est Navas, donc – et le score nul à la pause tenait plus du miracle qu’autre chose. La défense parisienne a laissé plus d’espace dans son dos que Thomas Pesquet dans l’ISS et le milieu de récupérateurs Gueye-Verratti était aux abonnés absents. Que dire aussi du trio offensif Di Maria-Neymar-Mbappé ? Fini les trois fantastiques et place au triangle des Bermudes, où le talent, l’audace et les idées disparaissent des radars comme par (dés) enchantement. Seul devant, Mbappé a prouvé qu’il n’était pas un vrai attaquant de pointe au sens le plus pur du terme, tandis que Di Maria s’est liquéfié à peine le coup d’envoi donné.

Salut, moi c’est Haaland, Erling Haaland

La Bundesliga le connaissait bien depuis son arrivée à Dortmund cet hiver, voilà maintenant l’Europe à genoux devant ce môme de 19 ans. Après un premier but de fouine à deux mètres des cages (69e) et une égalisation parisienne signée Neymar (75e), Erling Haaland a embrasé le Signal Iduna Park en décochant un missile sol-air du gauche depuis l’extérieur de la surface, direction la lucarne du gardien costaricien. En claquant son dixième et onzième but en sept matchs sous le maillot de Dortmund, le golgoth à la tête de poupon fait une entrée fracassante dans ces phases finales de la Ligue des champions. Tout l’inverse du PSG.