RC Strasbourg : « Un mélange de Thomasson et Cohade », qui est le prometteur Adrien Lebeau ?
FOOTBALL•Le jeune milieu offensif pourrait jouer samedi face à Metz, un club qui lui a fermé la porte du monde proThibaut Gagnepain
L'essentiel
- Quel jeune joueur du RC Strasbourg a eu droit à deux apparitions lors des deux derniers matchs ? Adrien Lebeau !
- Le néo-pro est arrivé en 2015 en Alsace après avoir été recalé du centre de formation du FC Metz.
- Qui est-il ? A quel poste est-il le meilleur ? Jusqu’où va son contrat ? On fait les présentations.
C’était le dernier à quitter l’entraînement du RC Strasbourg ce jeudi. Avec le chariot de matériel à pousser jusqu’au vestiaire. Néo-pro, Adrien Lebeau a encore ce rôle au sein du groupe alsacien. Mais il ne faut pas s’y tromper. Du haut de son petit 1.75 m, le jeune joueur, 20 ans, commence à faire son trou au RC Strasbourg. Il a disputé les deux derniers matchs du Racing et a même marqué en Coupe de France le week-end dernier, sur penalty. Qui est ce milieu de terrain que son ancien entraîneur François Keller définit comme « un mélange entre Thomasson et Cohade » ? Découverte d’un vrai passionné de foot avant ses possibles retrouvailles avec le FC Metz, samedi à Saint-Symphorien.
Le terrain de foot comme deuxième maison
Son histoire avec le ballon rond a débuté à Trémery, à une quinzaine de kilomètres au nord de Metz. Avec un père ancien footballeur de bon niveau régional (ailier droit à Talange), une mère également passionnée, il pouvait difficilement ne pas tomber dedans. « Surtout qu’on habite à deux pas du stade », rigole le papa, Christophe. « Adrien voulait toujours y aller et ce n’était jamais assez. » Si bien que le club l’a pris avant-même qu’il puisse signer sa première licence. « Il avait moins de six ans », se rappelle Pierre-Nicolas Nesta, son premier entraîneur. « Dès qu’il me voyait passer devant chez lui avant les séances, il arrivait. On jouait bien une demi-heure tous les deux avant que ses copains n’arrivent. » Le formateur a le souvenir d’un enfant déjà très habile techniquement. « Il était très, très fort et aurait pu dribbler tout le monde pour aller marquer, mais ce n’était pas son genre. Il aimait être dans la passe. On voyait qu’il était au-dessus mais on ne pouvait pas savoir qu’il allait finir pro. » Sa carrière s’est accélérée… au FC Metz
Repéré puis… recalé par le FC Metz
« Adrien ne voulait pas y aller, c’est ma femme qui a dû insister », s’amuse encore Christophe Lebeau. Sans elle, son fils n’aurait peut-être jamais rejoint le club à la Croix de Lorraine, à 6 ans. Il est finalement resté dix ans au FC Metz, jusqu’en 2015. Après avoir vécu une histoire d’amour contrariée. « Déjà en U15, on ne me faisait plus confiance alors que depuis tout petit, je jouais tout le temps », rembobine l’intéressé. « En 2015, pendant un entretien, on m’a dit que je ne pourrais pas être amené à être titulaire en U17 nationaux. » Le milieu de terrain l’avoue, il n’a « pas compris ». Avant de vite rebondir. « J’avais fait des essais et j’étais pris à Strasbourg et Evian Thonon Gaillard. Mon cœur a parlé : j’ai choisi le Racing et je ne le regrette pas. Aujourd’hui, je me sens Alsacien. On me dit souvent que c’est le FC Metz mon club formateur mais c’est faux, c’est Strasbourg. »
Un passionné qui apprend vite
Depuis son arrivée sur les bords du Rhin, le Mosellan de naissance a franchi toutes les étapes. U17, U19 nationaux puis Nationale 3 avec la réserve du Racing, sous les ordres de François Keller. « Je l’ai eu deux, presque trois ans », estime le responsable de centre de formation strasbourgeois. « C’est quelqu’un de poli mais pas timide. Sa petite taille a dû le forcer à développer des qualités de combattants. Il aime porter la balle et va au duel. » A quel poste en particulier ? « Avec ses grosses qualités techniques, je le vois surtout milieu relayeur bas ou milieu offensif. C’est un mélange de Thomasson et Cohade ! », poursuit François Keller en parlant d’un élément qui « comprend vite ce qu’on lui demande ». La raison en est simple, Adrien Lebeau est un vrai passionné de son sport. « Oui c’est vrai, je regarde pas mal de matchs, même en Ligue 2, confirme-t-il. Et je vais aussi voir des rencontres de R2 quand je rentre chez moi, j’ai pas mal de potes qui jouent encore à Trémery. »
« J’ai envie de m’imposer ici »
Depuis mai dernier, Adrien Lebeau est un joueur professionnel. « J’ai signé un contrat d’un an avec une option de deux saisons supplémentaires pour le club », précise-t-il, conscient que son avenir n’est pas encore assuré. « Je ne me prends pas la tête avec ça, on verra ce que le coach et le club décideront. » Le 25 août dernier, le natif de Metz avait eu droit à ses premières minutes en Ligue 1, contre Rennes. Il aurait pu enchaîner sans une déchirure qui l’a éloignée des terrains pendant deux mois. « Cette blessure m’a forgé mentalement », assure le néo-pro aujourd’hui, qui est depuis revenu dans la rotation. Apparu à Nantes en Coupe de la Ligue avant la trêve, il reste sur deux apparitions lors des deux derniers matchs. Et donc un but en Coupe de France le week-end passé. « Kenny (Lala) et Benjamin (Corgnet) m’ont laissé tirer le penalty, c’était un très beau geste qui me met encore plus en confiance », apprécie-t-il en espérant maintenant vite renouveler l’expérience. « Je ne veux pas être là en tant que simple jeune. J’ai envie de m’imposer ici, ça me tient à cœur. Je dois bien ça au club. »


















