OM : Nouveau nom, match au Maracana et grève SNCF décisive... Trois dates méconnues de l'histoire de Marseille

FOOTBALL L’OM célèbre ce mercredi les 120 ans de son changement de nom. Pour l’occasion, « 20 Minutes » vous dévoile quelques dates méconnues de l’histoire de l’OM

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Taye Taiwo, une des premières équipes de l'OM au début du XXe siècle et le onze olympien qui a joué au Maracana.
Taye Taiwo, une des premières équipes de l'OM au début du XXe siècle et le onze olympien qui a joué au Maracana. — P. Huguen / AFP, V. Dufaure de Montmirail et G. Castagno (montage : 20 Minutes)
  • Un succès en tir à la corde, un Argentin sur un lit de camp et un volcan islandais : « 20 Minutes » vous fait (re) découvrir des personnages méconnus, et pourtant importants, de l’histoire de l’OM.
  • L’Olympique de Marseille célèbre ce mercredi les 120 ans de son changement de nom.

Votre vieux tonton a passé les vacances à radoter. « Cette action de Radonjic me rappelle un OM-Marignane en début de saison 1966… Je t’assure, minot, le football, c’était autre chose à l’époque. » 20 Minutes vous offre l’occasion de prendre une revanche : voilà trois dates peu connues de l’histoire de l'OM, racontées par trois historiens du seul club français champion d'Europe.

8 janvier 1900 : un « grand enthousiasme » et un changement de nom

raconté par Valeilles Dufaure de Montmirail, arrière-petit-fils du fondateur de l’OM.

« Le changement de nom est officiel le 8 janvier 1900 : la décision est prise en assemblée générale. Le bureau du club en avait discuté en décembre 1899. Je n’ai pas les procès-verbaux de ces séances du lundi soir, dans le local de la rue Saint-Suffren, mais je pense qu’on peut comprendre intuitivement ce choix.

Selon Valeilles de Montmirail, cette photo est la première prise sous le nom «Olympique de Marseille», en 1900.
Selon Valeilles de Montmirail, cette photo est la première prise sous le nom «Olympique de Marseille», en 1900. - Collection privée - Valeilles Dufaure de Montmirail

En 1899, le club se couvre de gloire en athlétisme, en escrime, en lutte à la corde, en criquet, en natation… Mais il ne gagne aucun titre en football. On peut donc penser que l’ancien nom, "Football Club de Marseille", est devenu trop réducteur.

Mon arrière-grand-père René ne pouvait pas penser que 120 ans plus tard, le nom de l’Olympique de Marseille serait connu dans le monde entier. Mais, à l’époque, pour les grands matchs, il pouvait y avoir jusqu’à 3.000 supporters à Marseille, ce qui était colossal. Il y avait déjà un grand enthousiasme pour l’OM. »

21 juillet 1975 : un « match musclé » (et un bide) au Maracana

raconté par Gilles Castagno, auteur d’une encyclopédie sur l’OM.

« Après la saison 74-75, l'OM vend le fantasque Paulo César à Fluminense. En plus du transfert, le président marseillais Fernand Méric obtient que Fluminense reverse à l’OM la recette de deux matchs amicaux. L’OM fait donc le déplacement à Rio pendant l’été, avec quelques supporters triés sur le volet. L’équipe est censée retrouver là-bas Héctor Yazalde, qu’ils viennent de recruter pour remplacer Paulo César. Il passe ses vacances en Argentine.

Mais l’OM a oublié de lui réserver une chambre à l’hôtel ! Il dort sur un lit de camp. Le lendemain, il est titulaire face à Fluminense, pour le premier – et le seul – match de l’OM au Maracana. C’est une déception pour les Marseillais : ils attendaient 70.000 spectateurs… et le match se joue devant 9.000 personnes. Fluminense est en crise, le directeur sportif et l’entraîneur ont été remerciés. Dans un match très musclé, l’OM perd 2-0. Rivelino blesse Victor Zvunka au genou.

Marseille avait prévu un deuxième match, dans l’Etat de Bahia, mais il est annulé car des trombes d’eau tombent dans la région. Cette défaite au Maracana aura donc été pendant longtemps le seul match de l’OM sur le continent américain, jusqu’à un tournoi amical aux Etats-Unis, l’été dernier. »

17 avril 2010 : grève SNCF, volcan Eyjafjallajökull et « tournant pour le titre »

raconté par Alain Pécheral, journaliste et auteur de nombreux livres sur l’OM.

« Cela faisait deux semaines que la SNCF était en grève. Et là-dessus, un volcan islandais, l’Eyjafjallajökull, qui fumait depuis déjà quelques jours, se met à dégager des particules nocives. De nombreux aéroports sont fermés dans le Nord de la France… L’OM, après un déplacement à Sochaux, doit jouer à Boulogne-sur-Mer – son cinquième match en 14 jours.

L’équipe va en avion jusqu’à Auxerre et termine en car, un vrai périple. L’OM bat Boulogne (1-2) à la dernière minute, sur un penalty, qui a d’ailleurs été contesté. Mais les Marseillais prennent cinq points d’avance sur le second de Ligue 1. C’est un tournant : ce match montre le supplément d’âme de l’équipe… Et la chance de Didier Deschamps ! »