France-Moldavie: Froid de canard, match en bois et joie mesurée, récit d'une soirée de qualif' bien tristounette

FOOTBALL Les Bleus se sont qualifiés pour l’Euro 2020 mais la fête n’était pas vraiment au rendez-vous jeudi soir au Stade de France

Aymeric Le Gall

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Les Bleus n'ont pas mis de paillettes dans nos vies jeudi contre la Moldavie.
Les Bleus n'ont pas mis de paillettes dans nos vies jeudi contre la Moldavie. — FRANCK FIFE / AFP
  • Déjà qualifiée au coup d'envoi, l'équipe de France a arraché la première place du groupe H en battant la Moldavie (2-1), jeudi soir au Stade de France. 
  • Malgré la qualif' pour l'Euro 2020, la mauvaise performance des Bleus n'a pas offert au Stade de France une soirée bien mémorable. 

Au Stade de France,

En débarquant à Saint-Denis à une heure du coup d’envoi du match France-Moldavie, on savait qu’il n’y avait aucune chance qu’on revive la folle soirée de 2013, la dramaturgie de ce France-Ukraine historique, les coups de casque de Mamad' Sakho et l’explosion jouissante d’un stade qui se découvrait soudain furieux.

Bon ok, le contexte était totalement différent jeudi soir et les poils hérissés sur les bras l’étaient à cause du froid et non de l’excitation. Déjà, les Turcs avaient kické tout suspense quelques heures plus tôt contre l’Islande en qualifiant officiellement les Bleus avant le coup d’envoi. Et ensuite ce froid, glacial, qui ne se prêtait pas forcément à des envolées passionnelles en tribunes.

D’ailleurs, même si le Stade de France avait encore attiré pas mal de monde, on l’a tout de même trouvé un peu clairsemé par endroits, ce qui a en partie gâché le tifo à l’entrée des joueurs. Et puis enfin, ce match les enfants… D’un ennui mortel de bout en bout malgré quelques mini-sursauts de ci, de là, en seconde période.

-20° au baromètre de l’excitation

Pourtant, il y avait quand même de quoi faire vibrer ce public dyonisien. Une Moldavie en pleine crise de résultats, une différence de buts de -21, un sélectionneur qui vient à peine de poser ses valises, la table était dressée pour plier l’affaire en deux-deux et enfiler les buts comme Julie Graziani enchaîne les horreurs sur LCI. Oui mais non. Pire, les Bleus ont réussi à se faire peur en encaissant l’ouverture du score après le festival aquatique d’un Clément Lenglet en mode otarie.

Heureusement que les hommes de Deschamps ont eu un sursaut d’orgueil leur permettant de sortir de là avec les trois points et la première place du groupe H, sinon qu’est-ce que ça aurait été. La fin de la soirée s’est terminée comme elle avait commencé, sans papillon dans le ventre. Pour la forme, les Bleus sont allés saluer leur public. Pour la pub, ils ont envoyé quelques ballons floqués de leur sponsor dans les gradins. Et-pis-c’est-tout. En quelques secondes, le stade était vide et les RER étaient plein. Au micro de M6, Giroud restait dans le ton : « Je suis content d’avoir marqué un nouveau but. Mais le sourire, c’est un bien grand mot… » Voilà, voilà.

Griezmann sauve (un peu) les apparences

En coulisse, même torpeur. Les joueurs sont passés en zone mixte à la vitesse d’un Mbappé sous euphorisants tandis que quelques mètres plus loin, le sélectionneur essayait d’expliquer l’absence d’envie de son équipe. Pour la forme, on a tout de même demandé à Raphaël Varane s’il y avait eu une petite ambiance de fête dans les vestiaires : « Ah non, non. L’objectif c’était juste d’aller chercher la première place du groupe. »

Le seul moment un peu sympa de cet après-match ? Un Griezmann qui balance une grosse claque sur les fesses de Pavard pendant que le Munichois répond à la presse. Et une vanne sur son pote Umtiti, une nouvelle fois absent de cette liste : « Ce que je pense d’Umtiti ? Il le sait… [petit silence pour faire monter la sauce] Il est mauvais (rires) ! ». Il était alors temps de jeter le rideau sur cette drôle de soirée. C’est peut-être ça, finalement, le quotidien d’une équipe championne du monde. Banaliser une qualification pour mieux mettre le boxon le 12 juillet sur les Champs. Quand il fera chaud. Vivement l’été.