Nice-Bordeaux : Avec Ui-jo Hwang, c’est coréen première langue aux Girondins cette saison

FOOTBALL Inconnu à son arrivée en France, le nouvel attaquant des Marine et Blanc est en train de se faire un nom en Europe. Ce vendredi soir (20h45), il est attendu sur la côte d’Azur

Clément Carpentier

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Ui-Jo Hwang, l'attaquant coréen des Girondins de Bordeaux.
Ui-Jo Hwang, l'attaquant coréen des Girondins de Bordeaux. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Les Girondins se déplacent à Nice ce vendredi (20h45) à l’occasion de la 13e journée de Ligue 1.
  • Méconnu en France, l’attaquant coréen Ui-jo Hwang réalise un excellent début de saison avec Bordeaux (trois buts et deux passes décisives).
  • Au-delà de ses performances sportives, le club compte s’appuyer sur la très forte popularité du joueur dans son pays natal pour développer l’image des Girondins.

« Qui c’est ? », « Tu connais ? », « Jamais entendu parler », voilà un petit florilège des réactions le 14 juillet dernier lors de l’annonce du recrutement de Ui-jo Hwang par les Girondins de Bordeaux. Ce jour-là, beaucoup se demandent d’où sort cet attaquant coréen de 27 ans qui doit s’engager pour quatre ans à l’image de Benoît Costil : « Je ne le connaissais pas ! »

Alors comme tout le monde dans ce genre de situation, le gardien international file sur Internet « regarder quelques vidéos » de son futur coéquipier. Et là, rapidement, il se rend compte que le garçon est loin d’être un inconnu surtout à l’autre bout de la planète. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de Ui-jo Hwang : star en Corée du Sud et inconnu en France. Il faut dire que, contrairement à ses compatriotes Heung-min Son (Tottenham) et  Hyun-Jun Suk (Reims), il n’était encore jamais venu en Europe jusqu’à cet été.

Première expérience en Europe à 27 ans

L’attaquant des Girondins n’avait connu que son pays natal et le Japon (Gamba Osaka). C’est là-bas qu’il tape dans l’œil d’Eduardo Macia, le directeur du Football du club : « On a commencé à l’observer en janvier 2018. On a suivi sa progression et ses performances. Je suis retourné le voir plusieurs fois la saison dernière. Paulo Sousa connaissait le joueur et il était d’accord pour le faire venir. » Le joueur, lui, est enfin prêt à quitter l’Asie.

Ui-jo Hwang avec le flocage coréen sur le maillot des Girondins.
Ui-jo Hwang avec le flocage coréen sur le maillot des Girondins. - Clément Carpentier / 20 Minutes

Il finit par choisir Bordeaux malgré notamment la concurrence du Bayer Leverkusen (Allemagne) et le club dépense « seulement » deux millions d’euros pour se l’offrir. Une sacrée affaire quand on sait qu’avant le match de ce vendredi à Nice (20h45), le Coréen est le joueur le plus décisif de son équipe avec trois buts et deux passes décisives. Il vit donc une adaptation express pour un joueur qui « a pourtant vécu un vrai choc culturel » comme le rappelle son entraîneur et qui ne parle que quelques mots d’anglais.

Une frappe de balle canon

Décrit comme quelqu’un de « très intelligent » par Nicolas De Préville, Ui-jo Hwang a parfaitement trouvé sa place dans le système de jeu de Paulo Sousa en l’espace de trois mois :

« Il peut jouer à différents postes. Dans son club précédent et avec son équipe nationale, il joue en pointe. Mais moi, je le préfère en soutien de l’attaquant car il faut lui donner de l’espace. Il est très mobile et très fort dans le jeu entre les lignes. »

Si le Portugais a fait le choix de le positionner ainsi, à un poste où il peut se lancer et rentrer sur son pied droit, c’est aussi pour exploiter son excellente frappe de balle. Il est tout simplement le meilleur buteur depuis l’extérieur de la surface dans les cinq grands championnats européens avec trois réalisations (Dijon, Toulouse et Nantes) : « Il a une frappe très lourde et la balle flotte beaucoup. Sa trajectoire est souvent aléatoire et c’est la pire chose pour un gardien », explique en bon spécialiste Benoît Costil.

Le Coréen est également un remarquable athlète de haut niveau, pas avare d’efforts, une sorte de mini-Cavani sur le plan défensif : « Il a de grosses capacités physiques et je le sens plus frais en ce moment. Il commence à être déterminant à chaque match », souligne Paulo Sousa qui surveille de très près son joueur qui n’a pas eu de vacances depuis deux ans. C’est dire la santé du garçon !

Sa popularité, un atout tout aussi important pour le club

Un garçon qui est bien plus qu’un simple joueur de football pour les Girondins. En effet, les dirigeants bordelais veulent s’appuyer sur son immense popularité en Corée du Sud pour développer le club. Installé en Gironde avec lui, son frère gère toute sa communication et son image. Et il a du boulot puisqu’il n’y a pas un match ou une semaine sans qu’une ou un journaliste soit là pour Ui-jo Hwang. Et on ne parle même pas des blogueurs qui font des milliers de vues grâce à leurs vidéos sur ou avec le Coréen : « Il est au même niveau voire au-dessus de Son, le joueur de Tottenham », glisse l’un d’eux à 20 Minutes.

De son côté, le club avait organisé un événement à Séoul le week-end dernier (autant dire que sa performance est tombée à pic) avec notamment une retransmission du match à 23h là-bas : « C’était la folie », s’emballe un dirigeant présent sur place. Pendant ce temps au Matmut Atlantique, les joueurs portaient un maillot avec leur nom en coréen et le club a mis à la vente cette semaine 100 maillots avec ce flocage « collector ». Un maillot que pourrait bien s’offrir Benoît Costil qui semble bien mieux connaître son nouveau coéquipier quatre mois plus tard : « Même s’il ne me fait pas encore rêver (rires), je suis content de l’avoir dans mon équipe plutôt que contre moi (sourires). » Et il n’est pas le seul.