PSG : « C’est de la jalousie »... Une claque à Zizou, une torgnole à Platini, Leonardo était en feu après la qualif

FOOTBALL Le directeur sportif n’a pas apprécié les dernières déclarations de Zidane et Platini au sujet de Kylian Mbappé

Aymeric Le Gall

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Leonardo avait des comptes à régler après la victoire contre Bruges.
Leonardo avait des comptes à régler après la victoire contre Bruges. — FRANCK FIFE / AFP

Au Parc des Princes,

Leonardo est un homme qui sourit. Pas un peu, non, tout le temps, en toutes circonstances. Ce qui, il faut bien le dire, le rend assez difficile à décrypter pour les journalistes qui le suivent au quotidien depuis son retour en poste cet été au Paris Saint-Germain. Malheur à celui qui se retrouve face à lui à une table de poker. Mais exceptionnellement mercredi soir, moins d’une heure après la petite victoire parisienne face à Bruges, on a cru déceler dans ce smile Colgate mi-séducteur, mi-espiègle, comme les prémices d’une tornade à venir. On avait vu juste.

En effet, quand il s’est approché des journalistes dans la zone mixte bondée du Parc des Princes, entouré d’une nuée de micros et de caméras, Leo a fait le show. C’est qu’il en avait des choses à dire, le Brésilien. C’est bien simple, alors que le voilà (déjà) soulagé par la qualif de son équipe pour les huitièmes de finale de Ligue des champions, Leonardo s’est senti le devoir de faire fermer quelques bouches trop bavardes à son goût. Celle de Zidane, d’abord.

Pas touche à Mbappé

A la veille de la réception de Galatasaray, le coach français d’habitude si prudent quand il s’agit d’évoquer le cas Mbappé (c’est-à-dire environ 52 fois par conférence de presse en Espagne), a décidé pour une fois de lâcher le frein. A sa manière, discret mais efficace : « C’est lui qui décidera de son avenir. Pour le moment, c’est un joueur du PSG. Nous verrons dans le futur ce qui se passera. Mais je sais quand même, et c’est lui qui l’a dit, que son rêve a toujours été d’un jour jouer au Real Madrid ».

La bombe est posée, Leonardo dégaine. Lui aussi à sa manière. Une main de fer dans un gant de velours, et le sourire, toujours le sourire.

« Ça m’agace un petit peu. Je pense que ce n’est pas le moment de parler d’un joueur de notre équipe, comme ça, pendant la saison. Et ce n’est pas la première fois. C’est le moment d’arrêter, a-t-il prévenu J’ai beaucoup de respect pour Zidane mais ce n’est pas le moment de toucher un joueur qui est parmi les meilleurs du monde, qui est fantastique, incroyable. On est très content de l’avoir dans l’effectif. Il a 2 ans et demi de contrat avec nous donc on ne doit pas parler de ça. C’est le moment de faire une pause. »

Vivement Real-PSG le 26 novembre

Que le Real prépare en coulisses son futur assaut sur l’international français, soit, ce n’est un secret pour personne, mais qu’il l’étale dans la presse, ça passe déjà plus difficilement aux yeux du Brésilien. « On ne peut pas dire que les gens ne parlent pas de ça, que ce soit les agents, les clubs, même les joueurs ou les entraîneurs, c’est normal ça. Mais aujourd’hui c’est devenu quelque chose de public, a tiqué le DS parisien avant de libérer le caïd de cour de récré qui sommeille en lui. Alors nous aussi, on va commencer à parler et là, ça va devenir un peu le bazar. »

Il n’y a même pas eu besoin de remettre une pièce dans la machine, la fusée à punchlines était lancée. Quitte peut-être à surjouer un chouïa, comme quand il a affirmé « honnêtement » qu’il n’avait « pas vu cette interview où il [Mbappé] disait que c’était un rêve [de jouer au Real]. Ni lu, ni entendu, et je n’ai jamais parlé de ça avec lui. » A d’autres ! « Peut-être qu’il l’a dit un jour et c’est devenu une telenovela mexicaine. Je ne pense pas que ça soit le débat du jour. Je pense qu’il y a là un peu de jalousie dans tout ça », a conclu Leonardo. Drop the mic.

Et une cuillerée pour Platoche

Mais Zidane et le Real ne sont pas les seuls à avoir pris tarif. Michel Platini, lui, a eu droit à sa bonne grosse doudoune pour lui tenir chaud cet hiver. Il faut dire aussi qu’en parlant de Mbappé comme d’un vulgaire tout droit qui, « avec l’âge et l’usure de son corps, comprendra que la vitesse n’est pas tout » et qui « jouera un peu plus au ballon et fera jouer les autres », le revenant du foot français devait s’attendre à un retour de manivelle.

« Le président du PSG est qatari, le directeur sportif est brésilien, l’entraîneur est allemand. Il y a un Français dans l’équipe. Pourquoi ça s’appelle le Paris Saint-Germain ? Parce qu’il y a 40.000 personnes, une grande population qui aime son club, d’accord. Mais bon, ça pourrait s’appeler Coca-Cola ou autre chose », a poursuivi Platini, en roue libre sur l’autoroute de la demi-mesure.

Platoche aurait voulu déclarer la guerre à Paris qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Réponse du Brésilien : « Je ne veux même pas parler de racisme parce qu’on laisse ça de côté, mais on peut parler de jalousie. Même ses mots par rapport à Mbappé, ça ressemble à de la jalousie. Mais on connaît le proverbe français : il vaut mieux faire envie que pitié. » Après avoir défouraillé à tout-va pendant près d’un quart d’heure, Leonardo a tout de même fini par descendre de scène. Avec le sourire, évidemment.