Bordeaux-ASSE: « L'heure, c'est l'heure », il ne faut pas être en retard au stade ou devant sa télé cette saison avec les Girondins

FOOTBALL Les Bordelais ont inscrit près de la moitié de leurs buts dans le premier quart d’heure

Clément Carpentier

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Nicolas De Préville et Jimmy Briand sont des spécialistes des buts en début de match.
Nicolas De Préville et Jimmy Briand sont des spécialistes des buts en début de match. — Mehdi Fedouach / AFP
  • Les Girondins débutent leurs matchs sur les chapeaux de roues cette saison.
  • Derrière ce constat, il y a la patte Paulo Sousa. Un entraîneur ne laisse rien au hasard dans l’avant-match (organisation, échauffement, état d’esprit…).
  • C’est aussi le meilleur moment pour surprendre un adversaire pas toujours prêt. Le Portugais l’a bien compris.

C’est l’argument massue des supporters bordelais face au pote qui traînerait à la buvette ou à l’ado qui tarderait à zapper : « Je ne peux vraiment pas louper une minute des Girondins même pas le début. Il faut être à l’heure ! » Et pour cause, leur équipe de cœur marque près de la moitié de ses buts dans les premières minutes des matchs. A Toulouse lors de la dernière rencontre, Nicolas De Préville a même ouvert le score au bout de… 56 secondes de jeu ! Un record dans la « ligue des talents » version 2019/2020.

Cette saison, pas le temps de traîner dans les travées si vous êtes au stade ou de vous asseoir dans le canapé devant le poste que vous levez les bras. Bordeaux, 4e attaque du championnat, a inscrit 8 de ses 15 buts dans les 20 premières minutes de jeu dont 6 avant la 10e minute de jeu :

  • Angers : De Préville (4e)
  • Dijon : Hwang (11e)
  • Metz : Briand (7e), De Préville (9e)
  • Brest : Briand (6e)
  • Amiens : Adli (8e)
  • Toulouse : De Préville (1re), Pablo (19e)

La patte de Paulo Sousa

Comme les coups de pied arrêtés, les débuts de matchs tambours battants sont une vraie spécialité bordelaise depuis la reprise. Et on peut clairement y voir la patte Paulo Sousa ! Le Portugais, qui ne lâche pas une minute ses joueurs depuis son banc de touche – « je veux qu’il soit à 100 % tout le temps » – demande par exemple à ses trois attaquants de sprinter (oui, à fond) vers leurs adversaires dès le coup d’envoi. Bon, un jour, il y en aura bien un qui se claquera…

Mais pour l’instant, ça paie ! Alors c’est quoi la recette magique de l’entraîneur des Girondins ?

« Il n’y a pas une explication précise, c’est un tout. Une bonne organisation le jour du match, une bonne compréhension des joueurs sur ce qu’on doit faire, la confiance bien sûr et peut-être un peu plus d’agressivité de notre part »

Paulo Sousa, l'entraîneur des Girondins.
Paulo Sousa, l'entraîneur des Girondins. - NICOLAS TUCAT / AFP

Avec Paulo Sousa rien n’est laissé au hasard. A l’image de son préparateur physique, Rafael Maldonado, qui anime deux séances d’échauffement avant les rencontres. Une classique sur le terrain mais aussi une autre un peu plus tôt en salle. Histoire d’être chauds bouillants.

Se ruer sur un adversaire encore tendre

Et justement, en face, ce n’est pas toujours le cas. « Vous avez beau prévenir les joueurs que ça peut démarrer fort de l’autre côté… Eh bien, souvent voire très souvent, ils ne sont pas prêts car il y a toujours un temps de mise en route, d’adaptation face à l’adversaire et un manque de concentration. C’est peut-être humain mais parfois, ça peut coûter très cher ! », explique à 20 Minutes un coach expérimenté de Ligue 1. C’est donc l’un des meilleurs moments pour faire plier l’autre comme quelques minutes après un but où les joueurs peuvent se relâcher…

Intransigeant sur l’état d’esprit de ses joueurs, Paulo Sousa rabâche également à longueur de temps que son équipe doit imposer son jeu. Et cela dès la première minute comme le confirme Laurent Koscielny : « On essaie tout de suite de mettre notre pressing en place, d’être le plus haut possible sur le terrain… Et quand vous marquez un voire deux buts rapidement, c’est beaucoup plus facile ensuite de gérer. » Et encore plus avec une défense très solide autour de l’international français.

Si la recette fonctionne parfaitement aujourd’hui, l’effet de surprise risque forcément de s’estomper au fil des matchs… Reste que pour dimanche face à Saint-Etienne, un petit conseil : soyez bien assis à votre place au Matmut Atlantique ou dans votre canapé à 14h55 et non 15h… On ne sait jamais !