France-Brésil : Stress, coup de flip et explosion de joie… Contre la Seleção, les Bleues sont passées par toutes les émotions

FOOTBALL Les Bleues ont vécu une soirée chargée en émotions

Aymeric Le Gall

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La France est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde.
La France est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde. — FRANCK FIFE / AFP
  • L’équipe de France a dû en passer par la prolongation pour venir à bout d’une bonne sélection brésilienne.
  • Alors qu’elles pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant le score, les Françaises ont vu le Brésil revenir à la marque avant la fin du temps réglementaire.
  • Au bout d’une prolongation riche en rebondissements, les Tricolores ont laissé exploser leur joie au stade Océane du Havre.

De notre envoyé spécial au Havre,

Le match de l’équipe de France​ face au Brésil, dimanche soir au Havre, est encore loin d’avoir levé tous les doutes qui planent autour des Bleues, notamment dans l’optique d’un quart de finale qui pourrait placer sur la route la machine américaine, mais les voilà tout de même qualifiées, et le principal est acquis. Et si le public du stade Océane ne s’est pas forcément régalé, au moins en aura-t-il eu pour son argent en termes d’émotions.

On pensait que le plus dur était fait après l’ouverture du score de Valérie Gauvin en début de seconde période, après un sprint du feu de dieu de la Parisienne Kadidiatou Diani, mais les Brésiliennes ont donné beaucoup de frayeurs à nos joueuses après l’égalisation de Thaisa. Avant cela, déjà, il avait fallu un exploit de Sarah Bouhaddi, la gardienne tricolore, pour éviter que la tête lobée de Cristiane ne termine sa course sur la barre.

Puis il y a eu ce deuxième but annulé pour hors-jeu. Oui, dimanche soir, ils sont nombreux à s’être dit qu’on n’avait jamais été aussi proches de la sortie. Autant dire que depuis les tribunes, quand on a compris qu’on ne couperait pas à la prolongation, on faisait clairement moins les malins.

La crainte d’aller aux tirs au but

Les joueuses aussi, d’ailleurs, ont commencé à cogiter. « On sait très bien que l’équipe qui allait prendre le deuxième but la première, ça serait très compliqué mentalement à gérer pour elle. Quand on va en prolongations, forcément le mental en prend un coup », admettait la gardienne de l’OL en zone mixte après la rencontre. « Je peux vous dire que c’était très stressant d’assister à ça depuis le banc. On a tous, le public, les journalistes, nous, dû ressentir la même chose sur la fin », confirmait Delphine Cascarino quelques minutes plus tard.

Cette « même chose », c’est la peur. La peur du vide, la peur d‘une élimination dès les 8es qui aurait sonné comme une catastrophe pour un groupe qui clame partout depuis des mois que l’objectif, c’est la finale à Lyon, le 7 juillet prochain. « On ne va pas se mentir, quand on arrive en prolongations, le jeu se referme vite. Si on prend un but, on sait que c’est très difficile de revenir », expliquait pour sa part Marion Torrent.

Henry délivre la France

Même si les Brésiliennes semblaient complètement HS, rincées, pendant la prolongation, n’ayant qu’une idée en tête, défendre coûte que coûte et gagner le droit de rêver de la séance de tirs au but, elles ont longtemps résisté aux assauts des Françaises. Jusqu’à ce coup-franc salvateur d’Amel Majri et ce but d’Amandine Henry, donc, au bout de la nuit havraise, à la 109e minute de jeu. Et là, c’est l’explosion. « On a vécu ça comme une délivrance. J’ai sauté sur Amandine quand elle a marqué car on ne voulait vraiment pas que ça s’arrête ce soir », souriait Wendie Renard, fatiguée mais heureuse, après le match.

« Délivrance », c’est aussi le mot employé par Cascarino. « On poussait, on poussait, on savait que ça allait rentrer. » Entrée en cours de jeu après trois matchs passés dans la peau d’une titulaire, Gaëtane Thiney n’a pas hésité ensuite à parler d’« un moment extraordinaire à vivre, parce que le scénario, parce que beaucoup d’émotions, beaucoup de soutien, de partage avec le public, une chaleur étouffante, une pression d’enfer. Enfin, les matchs qu’on aime, quoi, et qui font que notre histoire devient encore plus belle. Sur le but d’Amandine Henry, j’avais envie de pleurer, j’étais heureuse. J’ai regardé le chrono, j’ai regardé mon père parce que je savais exactement où il était et je me suis dit "bon c’est bon, c’est fini, c’est réglé pour le Brésil" (rires) »

Tenir, tenir, et tenir encore

« Sur le but, enchaîne Majri, la passeuse décisive, c’est beaucoup d’émotion parce que tout au long de la soirée, on a vécu une série d’ascenseurs émotionnels, entre le but refusé, l’ouverture du score, l’égalisation et enfin le deuxième but, pfff… » « Quand on marque comme ça au bout du bout, la joie est excessive (sic), immense. C’était extraordinaire », témoignait de son côté Sarah Bouhaddi, avant de nous décrire ce qu’il s’est passé dans sa tête dans les dernières minutes, alors que le Brésil jetait ses dernières forces dans la bataille : « Ce n’est pas de la peur mais c’est vrai que quand tu vois que les Brésiliennes restent en attaque, quand on connaît leur qualité individuelle, tu te dis qu’elles vont peut-être te sortir un coup de génie et faire quelque chose d’extraordinaire. » Ce n’est pas arrivé.

Mais que ce fut dur. « Maintenant, on va bien récupérer, bien manger, refaire le plein car on a laissé pas mal de plumes et d’énergie sur le terrain. Je n’ai plus de jambes, là ! », se marrait Wendie Renard avant d’avouer qu’elle allait très, très bien dormir après avoir tant donné. Un sommeil réparateur et nécessaire quand on sait ce qui attend les Bleues vendredi au Parc des Princes pour les quarts de finale. Sauf catastrophe, ce devrait donc être face aux Etats-Unis, qui affrontent l’Espagne lundi à Reims. Avec, on l’espère, la même avalanche d’émotions et de joie.