Equipe de France: Peut-on vraiment tirer des enseignements après la promenade de santé des Bleues?

FOOTBALL L'équipe de France a parfaitement lancé son Mondial mais, en face, le niveau de la Corée du Sud était loin d'être à la hauteur

Aymeric Le Gall

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Amel Majri et les Bleues ont roulé sur la Corée du Sud.
Amel Majri et les Bleues ont roulé sur la Corée du Sud. — FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP
  • L'équipe de France féminine s'est largement imposée vendredi soir au Parc des Princes contre la Corée du Sud en ouverture de la Coupe du monde. 
  • Les Bleues ont fait passer un message à leurs concurrentes en s'imposant avec la manière. 
  • Mais le niveau de l'adversaire ne nous permet pas de tirer beaucoup d'enseignements pour la suite de la compétiton. 

Au Parc des Princes,

L’équipe de France a entamé sa Coupe du monde de la meilleure des manières, en tabassant sans le moindre scrupule une équipe de Corée du Sud conforme à ce qu’on pensait d’elle, à savoir un simple faire-valoir qui est loin, très loin du niveau des Bleues. Ce qui n’enlève rien à la performance des Françaises, entendons-nous bien. On leur a donné un adversaire, elles ont fait le job, point.

A défaut d’avoir surpris les observateurs et leurs concurrentes directes pour le titre le 7 juillet prochain, au moins les joueuses leur ont-elles « envoyé un message », dixit Griedge Mbock. « Oui, on voulait absolument montrer qu’on était là, qu’on était chez nous et qu’on était prêtes. On savait que les autres équipes allaient nous regarder à la télé ce soir, le but c’était de leur montrer qu’on est là pour gagner », a confié la Lyonnaise.

« On avait vraiment à cœur de poser le jeu, de prendre le contrôle du ballon et de marquer rapidement, c’est ce qu’on a fait. On a tapé fort d’entrée et on va monter en puissance au fur et à mesure de la compétition », a prévenu Valérie Gauvin dans les travées du Parc après la rencontre. Pour Corinne Diacre aussi, le premier objectif est rempli : « Ce soir, en plus de gagner ce match, je pense qu’on y a mis la manière. En tout cas on s’est rendu le match facile, on a vu une équipe de France très concentrée dès le début de la rencontre. »

Un adversaire, quel adversaire ?

Pourtant, s’il n’y a effectivement rien à reprocher aux Françaises, on sort tout de même de cette première soirée avec un sentiment étrange, celui de ne pas vraiment savoir quels enseignements tirer de cette parodie d’opposition. Car c’est bien de ça dont il s’est agi vendredi soir. Dès les premières minutes de ce France-Corée du Sud, tout le monde a compris que les Bleues allaient se balader. Le score final semble même plutôt flatteur pour les coéquipières de Ji So-Yun, la « Messi » Coréenne qui n’a pas vu le jour elle non plus.

On savait que la 14e nation mondiale au classement Fifa n’était pas le genre à poser le moindre problème à une sélection tricolore qui rêve d’imiter ses homologues masculins, mais tout de même. Pour paraphraser l’immense Dewy dans la série Malcom, on ne s’attendait à rien et on a quand même été déçu. Sur ce point, Corinne Diacre ne nous a pas donné tort, même si elle tente d’y mettre les formes : « Très sincèrement, je ne pensais pas qu’il y aurait autant d’écart. On avait vu cette équipe évoluer, c’est une belle équipe. A contrario de nous, elle a mis un peu de temps à entrer dans son match, je pense qu’elle a moins bien géré que nous le côté émotionnel de l’événement mais je pense qu’elle va faire souffrir la Norvège et le Nigeria. » Plus diplomate, tu meurs.

Prendre ce qu’il y a à prendre, en attendant mieux

Pour la sélectionneuse par contre, il y a malgré tout « plein d’enseignements » à tirer cette petite session de training en mondiovision. « Vous savez, c’est toujours difficile de démarrer une compétition en jouant le match d’ouverture à la maison et je pense qu’à l’arrivée a prouvé ce soir que l’équipe de France était déjà au rendez-vous. Après, de là à battre la Corée quatre buts à zéro…. Si on m’avait dit ça, j’aurais très certainement signé tout de suite. »

On ne va pas commencer à faire les fines bouches, c’est vrai que si on creuse un peu, il est possible de tirer quelque chose de cette facile victoire. Déjà, que les Bleues ne se sont pas laissées bouffer par le contexte, les émotions. Ensuite, que les stars de cette équipe (Renard, Thiney, Henry, Le Sommer, pour ne citer qu’elles) sont bien au rendez-vous et que les petits bobos qui nous préoccupaient il y a encore quelques jours ne sont plus que de l’histoire ancienne. Enfin, et on laisse la parole à Eugénie Le Sommer, que « l’équipe a engrangé un maximum de confiance, ce qui est très important pour la suite de la compétition. »

Les Bleues ont une marge de progression

Si on devait mettre un petit bémol, ce serait par rapport à la seconde période plus mitigée de l’équipe de France. « On ne peut pas jouer tout un match à très haute intensité. C’est vrai qu’en deuxième mi-temps on n’a fait un peu plus tourner le ballon », a concédé Gaëtane Thiney, suivi dans la foulée par son coach.

« C’est sûr que la deuxième période était un petit peu moins belle, moins envoûtante. Maintenant, quand vous menez 3-0 c’est toujours difficile de garder ce rythme. On a su en remettre un peu dans le dernier quart d’heure, ce qui coïncide avec l’entrée en jeu des remplaçantes donc pour moi c’est toujours positif comme enseignement. » Bon, il y avait finalement deux-trois choses à retirer de ce match, mais vivement que le niveau monte, et vite.