Coupe du monde féminine: Les Bleues roulent sur la Corée du Sud, l’aventure ne pouvait pas mieux commencer

FOOTBALL L'équipe de France s'est imposée 4-0 lors du match d'ouverture

Aymeric Le Gall, au Parc des Princes

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Les Bleues n'ont connu aucun souci face à la Corée du Sud
Les Bleues n'ont connu aucun souci face à la Corée du Sud — SIPA

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

On a bien fait de refuser de voir, dans le temps de chien et le froid glacial qui s’est abattu sur Paris vendredi soir, un quelconque mauvaise présage pour nos Bleues. Non, pour leur entrée en lice dans cette Coupe du monde 2019, les joueuses de l’équipe de France se sont fait plaisir face à une équipe de Corée du Sud d’un niveau préoccupant, pour ne pas dire carrément effrayant. Difficile donc de tirer de véritables enseignements sportifs, mais au moins les Françaises ont pu se mettre en jambes et engranger un maximum de confiance pour la suite de la compétition.  

>>  Bonne ambiance, sono bidon. On l’avoue, on avait hâte de découvrir l’ambiance dans un Parc des Princes à guichets fermés pour ce match d’ouverture de la Coupe du monde. Déjà parce que ça fait toujours quelque chose de (re)voir une équipe de France évoluer dans l’enceinte du PSG, qui était aussi et durant de très nombreuses années la maison historique des Bleus. Et ensuite parce ce stade pue le foot et que les joueuses n’auraient pas pu espérer  mieux pour débuter leur aventure. A l’arrivée on n’a pas été déçu, le public parisien a fait le boulot de bout en bout de la soirée. Seul regret, la sono que la Fifa avait décidé de pousser à fond au moment de la Marseillaise… On se serait presque cru au Baron, la célèbre boîte de nuit parisienne, les coupes de champ’ à 40 balles en moins.

>> Trois classes d’écart. En même temps, vu que les Sud Coréennes avaient visiblement décidé de venir au Parc en mode open-bar, il y a une certaine cohérence dans tout ça. En effet, il ne nous a pas fallu plus de deux minutes de jeu, et une première frappe dangereuse de Le Sommer, pour comprendre qu’il n’y aurait pas match vendredi soir. L’écart abyssale entre les deux équipes était tel qu’il y avait quelque chose de profondément gênant dans cette affaire. Bouffées dans tous les domaines (physique, technique, tactique), les coéquipières de Ji So-Yun, la star de Chelsea, ont pris un bouillon phénoménal dès le coup d’envoi. Mention spéciale au côté gauche sud-coréen (on aurait dit la France Insoumise au soir des élections européennes), totalement à la rue, et qui a permis à Marion Torrent de passer son temps à débouler sur l’aile sans jamais se faire coincer. C’est d’ailleurs de ce côté qu’est venu le premier but français, après un bon débordement d’Amandine Henry et un centre en retrait pour Le Sommer. La Lyonnaise ne s’est pas fait prier pour expédier un scud sous la barre de Kim (10e).

>> Renard, là-haut, tout là-haut. Alors que les occasions chaudes se multipliaient dans le jeu sur les buts adverses, les Françaises s’en sont finalement remises aux coups de pieds arrêtés pour plier le match avant la pause. En même temps, quand on compte dans ses rangs une Wendie Renard qui fait vingt-huit têtes de plus que ses adversaires, ça aide. Ainsi, alors qu’un second but splendide signée Mbock avait été annulé par la VAR quelques minutes plus tôt (pour un hors-jeu de deux pauvres centimètres…), la Lyonnaise a placé deux coups de boule victorieux sur corner. Facile, trop facile, mais on ne va pas commencer à faire les fines gueules. Pas encore.  

>> Et là, c’est le couac. Ah mais au fait, on ne vous a pas parlé du « Gauvin Gate » ? Au temps pour nous. Car oui, avant-même de voir les Bleues éparpiller les Sud-Coréennes sur le terrain, on a eu droit à un premier moment croustillant avec la sortie de Valérie Gauvin du onze de départ. La Montpelliéraine, censée être notre attaquante de pointe pour ce match contre la Corée du Sud, a été écartée à la dernière minute par la sélectionneuse Corinne Diacre à cause de plusieurs retards à l’entraînement. Remplacée par la Lyonnaise Delphine Cascarino, Gauvin va désormais devoir filer droit. Au moins maintenant, les choses sont claires pour tout le monde: avec Corinne Diacre, mieux vaut ne pas la lui faire à l’envers. La sélectionneuse a tout de même fini par lui offrir un peu de temps de jeu, preuve qu’il y a quand même un petit cœur qui bat sous sa carapace de femme de fer.

>> Henry ambiance le Parc.  La seconde période a été un peu moins folle en revanche, comme si les Bleues avaient décidé de caler leurs pas sur ceux des sud-coréennes. Mais peut-on vraiment leur en vouloir ? Vous avez déjà essayé, vous, de jouer contre des plots de chantier pendant 90 minutes ??? CQFD. Heureusement qu’Amandine Henry était là pour réveiller le Parc en fin de match, avec une galette du droit enroulée dans la lucarne de Kim (86e). Mais encore une fois, il n’y avait pas grand monde pour lui faire barrage… Vivement qu’il y ait un peu plus de répondant en face.