PSG-Strasbourg: Une boulette incroyable... Mais qu'est-il arrivé à Choupo-Moting dimanche soir?

FOOTBALL L'attaquant du PSG a enlevé un but tout fait à son coéquipier Christopher Nkunku

Aymeric Le Gall

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Choupo Moting enlève un but à son partenaire Nkunku lors de PSG-Srasbourg.
Choupo Moting enlève un but à son partenaire Nkunku lors de PSG-Srasbourg. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Alors que le PSG était sur le point d'inscrire son deuxième but contre Strasbourg, Choupo-Moting a réalisé un geste à peine croyable et empêché son équipe de reprendre l'avantage. 
  • Après la rencontre, il n'était presque question que de ce geste dans les travées du Parc des Princes. 

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

Allez hop, direct au Panthéon de la lose. Quelques minutes seulement après l’égalisation strasbourgeoise, dimanche soir au Parc des Princes, le public parisien avait déjà les bras levés en voyant le petit ballon piqué de Christopher Nkunku passer au-dessus de Matz Sels et filer vers le but. Mais c’était compter sans l'inimitable Choupo-Moting.

L’attaquant du PSG, auteur de l’ouverture du score en début de match, a surgi d’on ne sait où et s’est emmêlé les jambons pour finalement arrêter le ballon sur la ligne de but et priver le PSG du 2-1 pour. Un pur chef d'oeuvre de scoumone. A l’heure qu’il est, la vidéo a fait quarante fois le tour du monde et voilà le Camerounais définitivement élevé au rang de Pierre Richard du ballon rond. « C'est pas son jour. C'est jamais son jour », disait Depardieu dans La Chèvre. Y'a un peu de ça avec l'ami Choupo. 

Jusqu’ici tout va bien…

Sa soirée avait pourtant bien commencé avec ce but inscrit dès le premier quart d’heure, à la réception du centre de Dagba. Les supporters du PSG se voyaient déjà fêter le titre de champion de France grâce à leur coqueluche, devenue l’idole du Parc des Princes un soir de match de Coupe de France contre Dijon. Mais on ne va pas jouer les benêts et faire comme si on n’avait pas compris : cette pseudo « Choupo-Moting mania » tenait déjà, bien avant dimanche soir, plus de la (gentille) moquerie qu’autre chose. Un je-ne-sais-quoi à mi-chemin entre la pitié, l'amour et le second degré, que nous avions déjà évoqué dans un précédent papier.

Recruté en catastrophe dans les toutes dernières heures du mercato pour faire le nombre, l’ancien jouer de Stoke City n’a jamais rien eu d’un foudre de guerre. Et c’est ça que les supporters du PSG aiment chez lui: Choupo, il n’est pas ouf mais il fait ce qu’il peut avec ses moyens et, surtout, il « donne tout », comme il nous l'a répété ce soir après le match.

Pas super à l’aise techniquement, pas toujours juste dans ses déplacements, peu efficace devant le but, Choupo-Moting est typiquement le genre de joueur dont les coachs disent de lui qu’il « pèse sur les défenses ». Pourtant on ne peut pas lui reprocher grand-chose. Ce n’est pas lui qui fait le recrutement du PSG et il pouvait difficilement dire non à Paris quand Thomas Tuchel est venu lui proposer le job. Mais on s’égare.

Choupo, la classe malgré tout

Pour le reste en revanche, le garçon est vraiment attachant. Et professionnel. La preuve encore dimanche soir après la rencontre: alors qu’à sa place la plupart des joueurs se seraient carapatés vite fait du Parc sans passer par la zone mixte, Choupo-Moting, lui, a fait le job, « la tête haute ».

« Même moi, encore maintenant, je ne comprends pas tout à fait ce qu’il s’est passé. Je suis désolé car le ballon rentrait…, a-t-il soupiré. Au début j’ai pensé qu’il [Nkunku] allait me donner la balle pour que je la mette direct, puis finalement il a tiré, je crois que le gardien l’a un peu touchée. Et moi j’ai pensé que le défenseur allait peut-être prendre le ballon mais au dernier moment j’ai vu qu’il ne le touchait pas. J’ai hésité à le toucher car je pensais que j’étais hors-jeu mais malheureusement j’ai eu un réflexe et j’ai fait ça… »

« La loi de Murphy »

Pour expliquer l’inexplicable, Thomas Tuchel s’en est remis à la loi dite de « l’emmerdement maximum », qui voit l’issue la plus défavorable d'une situation donnée comme étant toujours la plus probable : « Je pense qu’il lui manque beaucoup de confiance. Il arrête ce ballon sur la ligne, c’était le 2-1 pour nous. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça (sourire). C’est la loi de Murphy. »

Les deux autres parisiens chargés du service après-vente face à la presse, Leandro Paredes et Thilo Kehrer, n’ont pas voulu s’attarder sur son geste. Et personne au PSG n’a été jusqu’à le chambrer. « On est une équipe, une famille et ils savent tous que je n’ai pas fait exprès », poursuit le fautif. A Strasbourg, on voit ça de plusieurs manières.

>> Liénard, chambreur : « Il y a mon ami Choupo-Moting qui s’est pris pour un défenseur central sur cette action. C’est bien, c’est sympa pour nous. »

>> Ajorque, solidaire : « Sur le coup on pensait que c’était but. On n’a pas compris ce qu’il s’était passé, c’est tant mieux pour nous puisqu’on a pu mettre le deuxième derrière. C’est un loupé mais ça arrive à tout le monde, ce soir c’est lui, demain ça sera peut-être moi. Et puis il a quand même marqué ce soir. »

>> Laurey, compatissant: « Je respecte trop les joueurs pour ne pas me moquer des garçons qui ratent des choses inimaginables. Cela peut arriver en football. On ne peut pas comprendre quand on n'y a pas joué. »

Sifflé par une partie du Parc des Princes à sa sortie, l’attaquant est resté fidèle à lui-même. « Les sifflets ? Je n’ai pas trop fait attention à ça. C’est normal que les gens soient déçus ou ne soient pas contents. Mais ceux qui connaissent le foot savent que ce genre de choses peut arriver, je garde la tête haute. Ça fait mal mais il ne faut pas oublier : je crois que j’ai marqué un but ce soir. Malheureusement, dans le monde d’aujourd’hui, on préfère plutôt parler des choses négatives. C’est comme ça, il faut accepter. » Et voilà, on culpabilise maintenant.