OL-Barcelone: «Beaucoup nous reprochent d’être des Footix»… Comment les «penyas» vivent leur passion pour le Barça

FOOTBALL Environ 20.000 personnes sont membres de « penyas » dédiées au FC Barcelone en dehors d’Espagne. Une trentaine se sont réunies à la veille du match OL-Barça de ce mardi (21 heures)

Jérémy Laugier

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Le 31 juillet dernier, près de 55.000 spectateurs ont assisté à un match de présaison entre le Barça et l'AS Roma à Dallas, avec une grande majorité de fans du club catalan.
Le 31 juillet dernier, près de 55.000 spectateurs ont assisté à un match de présaison entre le Barça et l'AS Roma à Dallas, avec une grande majorité de fans du club catalan. — Jorge Frías/Penya Barça Dallas
  • La particularité du parcage barcelonais, ce mardi (21 heures) au Parc OL, sera d’être composé d’une majorité de supporters non espagnols.
  • 20 Minutes vous présente cette culture des penyas fondées dans le monde entier.
  • En France, les 200 membres de la penya FC Blaugrana Lyon se voient souvent reprocher d’être des Footix.

« Internet rend le monde petit. » Président des penyas du FC Barcelone dans le monde entier, Toni Freire Orellana a trouvé la formule pour expliquer comment 20.000 personnes pouvaient ne jurer que par le Barça, en n’ayant aucune origine catalane. Ces dernières années, des associations de supporters se sont ainsi créées sur tous les continents, d’Amazonie, en Irak en passant par le Nigéria et les Etats-Unis. « Un couple marocain d’une penya s’est marié avec des maillots du club sans n’avoir jamais vu un seul match au stade ni même mis un pied à Barcelone. C’est ça la passion », sourit Toni Freire Orellana, venu dîner lundi dans un restaurant de Villeurbanne avec une trentaine de supporters.

Une trentaine de membres de «penyas» du Barça, venus de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, du Maroc et de Tunisie, se sont retrouvés lundi soir dans un restaurant de Villeurbanne.
Une trentaine de membres de «penyas» du Barça, venus de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, du Maroc et de Tunisie, se sont retrouvés lundi soir dans un restaurant de Villeurbanne. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Avant le 8e de finale aller de Ligue des champions, ce mardi (21 heures) entre l'OL et le Barça, Français, Belges, Allemands, Italiens, Marocains et Tunisiens ont pu partager durant une soirée leur amour du fameux « més que un club ». Au Parc OL, ils seront environ 650 dans un parcage visiteur qui devrait contenir un millier de supporters blaugranas. Une configuration étonnante qui pose une question : comment un club comptant plus de 130.000 socios vivant en Catalogne peut-il être davantage suivi sur la scène européenne par des étrangers ?

Dans le viseur des brigades anti-Footix

Si Toni Freire Orellana pointe « la situation économique difficile en Espagne », Nicolas Fayet, président de la penya lyonnaise, a une autre explication. « La plupart des socios historiques attendent un quart voire une demi-finale de Ligue des champions pour voyager en Europe », estime le fondateur de FC Blaugrana Lyon, qui compte plus de 200 membres, dont une centaine seront au match ce mardi. Ceux-ci sont « toujours très bien accuellis » par les supporters catalans lors de leurs voyages réguliers au Camp Nou. Leur passion pour le Barça est parfois plus difficile à vivre en France.

« Beaucoup nous reprochent d’être des Footix, admet Nicolas Fayet, qui assiste à quatre matchs par an en moyenne à Barcelone. Mais quand on cherche une femme, se limite-t-on seulement à la ville dans laquelle nous sommes nés ? Le coup de foudre que j’ai eu pour l’histoire du Barça est comparable à celui qu’on peut avoir dans sa vie sentimentale. » On l’avoue, on n’avait pas anticipé pareil plaidoyer pour s’opposer aux très actives brigades anti-Footix dans l’Hexagone.

« Entre la Lazio et l’AS Roma, j’ai choisi le Barça »

« Maintenant, ça ne veut plus rien dire, la ville où on vit, poursuit Enzo Rinaldi (19 ans, Chambéry). Je suis tombé amoureux de Barcelone dès que j’ai découvert la ville à 7 ans. J’y vais systématiquement deux fois par mois. De l’extérieur, ça ne se comprend pas mais c’est comme ça. » Chacun a sa propre histoire le reliant au Barça. Daniel (56 ans) a été conquis à partir de septembre 1973, en raison du transfert de Johan Cruyff. Venu de Rome spécialement pour assister au match ce mardi, Massimilano ne supportait pas de devoir trancher entre la Lazio et l’AS Roma : « Ma famille est divisée entre ces deux clubs rivaux et c’est une énorme source de disputes. J’ai donc choisi la troisième voie, le FC Barcelone avec Gary Lineker [tiens, son passage de 1986 à 1989 nous avait échappé] ».

La «penya» de Bagdad (Irak) fête ici un large succès du Barça (5-1) lors du Clasico d'octobre dernier.
La «penya» de Bagdad (Irak) fête ici un large succès du Barça (5-1) lors du Clasico d'octobre dernier. - Blaugrana Bagdad

Toni Freire Orellana, qui se prépare un Clasico la semaine prochaine dans une autre penya vivant au Liban, livre son ressenti sur cet engouement au-delà des frontières pour le FC Barcelone : « Etre dans une penya, ce n’est pas seulement se rendre à un match mais faire partie d’une organisation sociale. La façon historique avec laquelle le Barça joue séduit évidemment beaucoup de monde. Finalement, c’est comme pour la musique : tu peux être français et ne pas aimer la chanson française. Par contre, tu peux adorer la musique américaine sans même en comprendre les paroles. » Les accros au Barça sont décidément très à l’aise avec les métaphores.